Tout part d'un dilemme pour Sylvie Lepeltier, avant de mener sa barque : "Je faisais de l'athlétisme, mon frère faisait du kayak. Puis à un moment donné, il fallait que je choisisse entre l'athlétisme et le kayak. J'ai choisi le kayak. Ce que j'adorais, c'est le côté plein air. On campait, on partait des semaines complètes", se replonge-t-elle dans ses premiers souvenirs.
Une carrière de haut niveau renversante
Elle commence à pratiquer le canoë-kayak à l'âge de 12 ans, avant d'entamer une carrière professionnelle, et prolifique en récompenses, de 1979 à 1993. Son terrain de jeu favori ? Les rivières, où elle se sent la plus à l'aise. Championne de France cadette en 1977 et 1978, Sylvie Lepeltier impressionne dans l'eau et franchit encore un cap. Encore junior, 1979 restera une année gravée dans sa mémoire : la kayakiste gardoise a participé pour la première fois aux championnats du monde.
La kayakiste avait une préférence dans sa discipline : "Je n'étais pas du tout sprinteuse. Je faisais plutôt du demi-fond. J'étais meilleure en descente. C'était très ludique. On joue avec les portes, avec la rivière. Il faut anticiper. J'adore la nature, j'étais dans mon élément".
Nous allions chercher des rivières artificielles
Révélation rime avec compétition pour cette bagnolaise. "Sur la Cèze, on peut pratiquer en tourisme, en dilettante. Nous sommes branchés vraiment haut niveau avec mon mari. Nous allions chercher des rivières artificielles et aller dans des torrents, dans les Alpes et les Pyrénées. Je suis née à Bagnols-sur-Cèze, mais j'ai toujours navigué ailleurs."
À la fin de sa carrière, celle-ci a décidé de donner de son temps pour développer son sport : "On s'est investis dans le club avec mon mari (au ASBM canoë-kayak, NDLR), on s'est occupés des jeunes. J'ai eu des enfants, je me suis détachée petit à petit du club." La passion du kayak est transmise de sœur en sœur, car Christine Pailhon s'occupe à l'heure actuelle du pôle handisport, où les licenciés de para-canoë-kayak ont brillé.
Sa longévité dans ce sport, elle l'explique par la présence précieuse d'un bon entourage : "J'avais du monde pour me protéger. Être bien accompagnée, cela compte. Si je n'avais pas eu ce soutien au club à Bagnols-sur-Cèze, cela aurait été plus compliqué. Dans ce milieu, il ne faut pas être seule", confie-t-elle, reconnaissante. Sa force mentale et sa persévérance l'ont emmené aussi encore plus loin : "Chaque année, il fallait gagner sa place en équipe de France. La mentalité était spéciale. Il faut toujours montrer ses preuves."
"Le sport de haut niveau m'a apporté beaucoup de sérénité"
Après avoir raccroché la pagaie, Sylvie Lepeltier reste dynamique et pratique toujours avec assiduité : "Je continue de faire du sport pour être bien dans ma peau", confirme-t-elle, désireuse de garder sa fraîcheur physique et mentale. Son après-carrière, la kayakiste l'a passée au CEA Marcoule. "Ils ont pu utiliser mon image par rapport au nucléaire. À la fin, j'étais au comité d'entreprises du CEA."
Entre deux vols aller-retour Bagnols-sur-Cèze-Guadeloupe, Sylvie Lepeltier prend plaisir à voyager en famille, pour changer d'horizon, découvrir et se ressourcer. En fin de conversation, la gardoise le reconnaît : "Le sport de haut niveau m'a apporté beaucoup de sérénité."