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DÉPARTEMENTALES Dans le Gard, la gauche n’a pas dit son dernier mot

Jean Denat, président PS du conseil général, hier soir, dans son bureau. Photo : Baptiste Manzinali / Objectif Gard.
Jean Denat, président PS du conseil général, hier soir, dans son bureau. Photo : Baptiste Manzinali / Objectif Gard.

A l'issue du premier tour hier soir, douze binômes estampillés Majorité départementale ou PCF sont en capacité de se maintenir dans le Gard. Coincé entre l'impopularité chronique du gouvernement socialiste et la progression électorale de la droite, Jean Denat réussira-t-il à déjouer les pronostics ?

"Je suis confiant". Tels ont été les premiers mots prononcés, peu avant minuit, par le président PS du conseil général, depuis son bureau au Département. A cet instant, les esprits sont encore noyés dans l'avalanche de chiffres que donne en continu la préfecture du Gard. Si le socialiste sait que le parti de Marine Le Pen vient de battre des records sur le territoire, rien n'est joué pour autant : "l'analyse canton par canton viendra après (…) la nuit risque d'être longue et les décisions se prendront au petit matin", poursuit Jean Denat. Des déclarations qui font étrangement échos à celles du leader de l'UDI, Yvan Lachaud. Du haut du balcon de la permanence, avenue Jean-Jaurès, l'équipe du Bon Sens Gardois s'est, hier soir, exprimée sur les cantons nîmois et a convié la presse, ce soir, pour dévoiler leur tactique post premier tour. L'issue finale du scrutin s'annonce serrée.

Alès, Nîmes, Bagnols : la gauche plie mais ne rompt pas

Ce soir, au QG de campagne du Bons Sans Gardois. Photo : Coralie Mollaret / Objectif Gard.
Ce soir, au QG de campagne du Bons Sans Gardois. Photo : Coralie Mollaret / Objectif Gard.

Si la droite regardait avec gourmandise les quatre cantons nîmois, sa faim ne sera pas totalement rassasiée. Sur Nîmes 4 la coalition de droite (UMP-UDI-MoDem) se réjouit du maintien de Richard Tibérino face au FN. Mais sur Nîmes 2, une triangulaire inattendue bouscule leurs ambitions : le communiste Christian Bastid  se place au-dessus de la mêlée (36,35%) devant le FN et le candidat du Bon Sens Gardois. A Alès, si le vent électoral souffle aussi en faveur de la droite, le sortant PCF Jean-Michel Suau est toutefois en tête sur Alès 1 (32,63%). Ce dernier pourrait bénéficier d'un report des voix du maire DVG d'Anduze, Bonifacio Iglesias, même si celui-ci n'est pas enclin à donner une consigne de vote.

Sur Bagnols, la droite tombe des nues. Elle, qui voulait profiter de la division fratricide de la gauche, s'est retrouvée écartée dès le premier tour pour laisser place au duel Pissas-Nicolle (PS) / Corbière-Montcel (FN). Le soir même, le maire de Tresques a appelé à "une union de tous les républicains. On savait qu’il y aurait un tsunami FN, mais à ce point là…".

PCF et PS se maintiennent dans leurs fiefs

L'union des républicains n'est pas acquise partout. Si les communistes, qui se réunissent ce soir, appellent "à battre le Front de Gauche", le Bon Sens Gardois n'a pas encore livré sa position, même si Laurent Burgoa, plus "juppéiste" que "sarkozyste" affiche sa volonté de faire "barrage au FN". Les reports de voix seront décisifs dans les fiefs de la gauche. A Calvisson, Christian Valette, candidat sortant PS passe la barre du premier tour avec 29,55% des voix, derrière le Front National qui en récolte 35,15%. "J'aurai aimé être devant le FN au second tour, mais je ne suis pas trop inquiet. On pense qu'il y aura un excellent report", pense le socialiste. Sur le territoire, l'alliance EELV-Front de Gauche a récolté 13,49%, contre 21% pour la droite. 

Les candidats de la majorité départementale qualifiés pour le second tour face au FN (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
A Pont-Saint Esprit, Quissac, Calvission et Uzès, les candidats sont passés étonnement entre les gouttes de l'impopularité du gouvernement Hollande mais, en général, se positionnent derrière le Front National. Ici, les candidats de la majorité départementale de Roquemaure qualifiés pour le second tour face au FN (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

A Pont-Saint-Esprit, le scénario est similaire. Le candidat de la Majorité départementale et maire de Saint-Paulet, Christophe Serre, s'est qualifié pour le second tour avec 33,11% des voix, et se place derrière le FN (38,84%). Seulement, les candidats du parti de Marine Le Pen savent que "la partie n'est pas gagnée" : "Nous avons à faire au sortant, maire d’un des plus gros villages du canton où il a réalisé un très bon score, mais nous restons confiants ". Le socialiste, pourrait bénéficier d'un sursaut républicain, aussi bien des abstentionnistes que des votants. 

A Roquemaure, les électeurs seront aussi soumis, dimanche prochain, à un duel FN/PS. Avec 30% des voix, Philippe Pécout, maire de Laudun, attribue ce bon résultat à "l’ancrage dans nos communes respectives", et appelle à la "mobilisation de toutes les forces républicaines de ce canton". Seulement, les candidats de Majorité Citoyenne, qui ont rassemblé 9,06 % des voix, ont expliqué que leur liste "ne présentait pas de consigne de vote pour le second tour. Nos électrices et électeurs sont des citoyens avisés qui sauront faire leur choix en leur âme et conscience". 

A Uzès, le premier vice-président du conseil général Denis Bouad allié à l'écologiste Bérangère Noguier se maintient avec 31,42 % dans une triangulaire, là aussi inattendue. Le duo se positionne derrière le Front National à 32,33 % et devant l'union de la droite à 25,86%. A Quissac, le PS peut s'enorgueillir d'être en tête dans son fief. Le Front de Gauche, en troisième position avec 17% fera barrage à l'extrême droite : "nulle part nous ne laisserons planer une quelconque ambiguité sur notre position vis-à-vis du FN. On mettra tout en oeuvre pour le battre partout".

Pour le Vigan, terre de gauche, les choses sont plus corsées avec une triangulaire entre le sortant PS Martin Delors et le maire Eric Doulcier, soutenu par les écologistes. "Pour l'instant, trois listes se maintiennent car il n'y a pas eu de discussions avec Eric Doulcier pour le second tour. Mais il était acté avant le premier tour que celui qui serait le moins bien placé se retirerait", fait état le socialiste, sur la même longueur d'onde que le Martine Gayraud : "Pour le second tour, nous allons faire barrage au FN. Il n'y aura pas de ni ni. Si les deux binômes de gauche restent, nous appellerons à voter pour le candidat le mieux placé".

Côté communiste, l'annonce de la victoire dès le premier tour de Patrick Malavieille à La Grand'Combe a redonné du baume au coeur à la gauche. A Rousson, Jacky Valy prend la tête d'une triangulaire face au FN et, au maire divers droite de Saint Ambroix, Jean-Pierre De Faria.

Petite Camargue : cantons clefs 

Photo : Coralie Mollaret / Objectif Gard.
Photo : Coralie Mollaret / Objectif Gard.

Comme annoncé, la bataille dans les territoires de Petite Camargue a été âpre, à l'instar de celle sur le canton de Beaucaire. Avec 22,49%, le conseiller sortant PS et maire de Bellegarde Juan Martinez s'est qualifié de justesse pour le second tour face au FN (49,28%). Le fossé, creusé entre les deux formations, sera très difficile à combler et pourrait conduire à la perte du socialiste. Sur le canton de Vauvert, Jean Denat s'est fait doubler par son extrême droite au premier tour. Le frontiste Nicolas Meizonnet ramasse 42,69% des voix contre 30,82% pour Jean Denat qui, reste toutefois confiant : "aujourd'hui nous représentons avec mon binôme, toute la gauche, ainsi que la droite républicaine. Nous continuerons à mobiliser les citoyens". Dans les couloirs du conseil départemental se chuchote la possible venue, cette semaine, du Premier ministre. Manuel Vals pourrait prêter main forte au socialiste avec l'espoir que la visite débouche, comme dans le Doubs, sur une victoire du socialiste.

Enfin, surprise du scurtin : la triangulaire sur Saint-Gilles. La gauche est parvenue à se maintenir au second tour avec 26,91% des voix, derrière la droite et le Front National. Un atout pour les socialistes, qui pourraient aisément négocier le retrait de leur candidature. Un geste qui en appellera, en retour, un autre de la part de la coalition de droite, qui a très certainement débuté des pourparlers avec ses rivaux socialistes.

Emeline Andreani, Eloïse Levesque, Baptiste Manzinali et Coralie Mollaret

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

1 commentaire sur “DÉPARTEMENTALES Dans le Gard, la gauche n’a pas dit son dernier mot”

  1. « La gauche est parvenue à se maintenir au second tour avec 26,91% des voix, derrière la droite et le Front National. Un atout pour les socialistes, qui pourraient aisément négocier le retrait de leur candidature. Un geste qui en appellera, en retour, un autre de la part de la coalition de droite, qui a très certainement débuté des pourparlers avec ses rivaux socialistes. »
    Combien de temps encore…allons-NOUS laisser faire…?
    Tibère en son temps disait qu’il »fallait tondre et non pas écorcher! »
    On en est à l’os!

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