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FAIT DU JOUR Le boomerang qui se fait mousser, innovation alésienne

Jérôme Royo, champion de France et du monde de boomerang. EL/OG
Jérôme Royo, triple champion de France de boomerang. EL/OG

Jérôme Royo et Yvan Madec, champions du monde en team-relay, viennent de fonder de leur propre marque de boomerang à Alès. Passionnés et inventifs, les deux compères ont créé un objet en mousse adapté aux enfants et au milieu scolaire. Bientôt, ils intégreront aussi les smart technologies.

Carbone, fibre de verre, bois, Jérôme Royo, 46 ans, est bercé dans la marmite du boomerang dès l'âge de 13 ans. Depuis, il s'amuse à en imaginer de toutes les formes et de toutes les matières. "Ce qui me plait, c'est la rencontre. On part de petites choses et on se heurte à des problèmes qui demandent de grands savoir-faire, qu'ils soient scientifiques, balistiques ou artisanaux. Je m'éclate", commente-t-il. En 2004, il devient vice-champion du monde par équipes, et exerce en parallèle son métier d'éducateur sportif près d'Alès.

Quelques années plus tard, alors qu'il participe aux Championnats du monde au Brésil, il rencontre Yvan Madec, 25 ans, ingénieur en aéronautique. L'alchimie professionnelle prend rapidement entre les deux hommes, et le duo crée sa propre marque en 2014, sous le nom "Darwin Boomerangs", via l'incubateur de l'Ecole des Mines d'Alès.

Démocratiser un objet vu comme dangereux

Fabriquer, c'est bien. Innover, c'est mieux. Le boomerang dans sa forme la plus ancestrale est un objet préhistorique, utilisé pour chasser les oiseaux et éloigner les prédateurs des troupeaux. Des milliers d'années plus tard, l'ancien projectile a conservé l'image d'une arme dangereuse et peine à atteindre la popularité de son cousin le frisbee. D'où l'idée de tester un nouveau matériau plus accessible : la mousse. "Ça fait longtemps que je fais lancer, et les gens ont peur. Ça a été fait sur le surf et bodyboard, pourquoi pas avec le boomerang", sourit Jérôme.

Les associés dessinent donc deux prototypes fait-maison en matière recyclable. Le premier est un "goodies" léger qui intéresse déjà une banque et une entreprise d'eau pétillante. Le second est en mousse rigide et a une portée de 20 m. La cible : les magasins de sports et les écoles. Un défi de taille qui ne fait pas peur aux entrepreneurs. "Le boomerang peut être un outil pédagogique multiforme : éducation à l'environnement, à la sécurité, à la concentration, jeux en équipes... On anime déjà des stages où les enfants confectionnent le leur", explique Jérôme.

De la préhistoire aux nouvelles technologies

Reste à l'industrialiser. Mais ce projet insolite est loin de rassurer les banques. Jérôme et Yvan ont donc opté pour un moyen plus moderne : le financement participatif. Sur 12 000 € nécessaires pour une fabrication made in France, 8000 € ont déjà été récoltés. "Quoi qu'il arrive, ça devrait voir le jour dans les mois à venir", assure Jérôme qui, ambitieux, pense déjà à la suite : un boomerang intelligent pour jouer en temps réel. "Muni de capteurs électroniques, il calculera les calories dépensées, le nombre de lancers, la portée, et permettra des compétitions à distance", annonce-t-il. Et d'ajouter : "On est déjà en contact avec une salle de fitness pour la commercialisation". Une révolution technologique qui pourrait être lancée dès 2018. Bon vent !

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Eloïse Levesque

Eloïse Levesque, journaliste diplômée de l'université de droit et de science politique de Montpellier, à Objectif Gard depuis mars 2014

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