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FERIA D’ARLES Thomas Joubert, la brindille, met le feu à ses arènes

Triomphe de Thomas Joubert, l'Arlésien (Photo Anthony Maurin)
Triomphe de Thomas Joubert, l'Arlésien (Photo Anthony Maurin)

Pour en finir avec le cycle pascal de cette feria arlésienne, l’empresa tentait le pari des Pedraza de Yeltes en opposition à trois maestros de qualité, Manuel Escribano, Thomas Joubert et Juan del Alamao.

On attendait un final d’émotion, de compétition et de passion, on l'a eu! Une grosse moitié d'arène pour cette corrida de clôture de Pedraza de Yeltes, élevage noble et piquant qui a été au rendez-vous et qui n'aura pas déçu les aficionados venus par curiosité.

Premier à entrer en piste, Manuel Escribano. Une énorme première charge qui surprend les arènes et le picador qui est violemment poussé avec sa monture contre les planches. Aux banderilles, l'orchestre Chicuelo II, qui aura tenu son rang tout au long de la feria, enchante l'amphithéâtre mais une fois la muleta dans les mains du natif de Gerena, les choses se compliquent... Une seule belle série avant une épée pas terrible et peu efficace pour un Manuel Escribano rincé, essoufflé, moins jovial et souriant que d'habitude.

Deuxième duel entamé genoux à terre pour Escribano et capotes à recoudre faute à la charge d'un toro énervé. Approximatif dans le placement du toro pour la seconde pique qu'il veut faire à la manière d'une corrida concours, Escribano laisse le picador ne pas piquer le toro. Le palco ordonne une vraie pique qui sera d'ailleurs bien jolie à voir. Faena au centre du ruedo, quelques passes dans le dos de l'adonis mais le toro s'éteint vite et Escribano ne fait pas grand chose pour le rallumer. Salut.

Genoux à terre, Manuel Escribano tente le tout pour le tout (Photo Anthony Maurin)
Genoux à terre, Manuel Escribano tente le tout pour le tout (Photo Anthony Maurin)
Aux banderilles (Photo Anthony Maurin)
Aux banderilles (Photo Anthony Maurin)
Manuel Escribano à gauche plein de volupté (Photo Anthony Maurin)
Manuel Escribano à gauche plein de volupté (Photo Anthony Maurin)

Il est des hommes que l'on attend au tournant de leur vie. Thomas Joubert fait partie de ceux-là et le virage qu'il amorce depuis quelques mois sent bon la longue ligne droite qui file vers un océan de liberté. Pour son premier combat, l'accueil se fait en douceur et deux petites piques calmeront les ardeurs du bicho. Son début de faena sera placé sous le signe de la gestuelle, des détails, de la sérénité... La charge se fait plus courte, les cornes se rapprochent et les passes dans le dos s'enchainent en une série incroyable de sincérité et d'engagement. Le public chavire mais les trophées s'en iront bien loin suite à une défaillance aux aciers. Salut gêné de Thomas Joubert à un peuple qu'il remercie mais ne veut pas décevoir.

Et il ne le décevra pas. Que cela doit être difficile de porter la ferveur d'une ville sur ses frêles épaules. Celles de Thomas, qui ne sont pourtant pas plus larges que celles d'un danseur étoile, portent le futur de la tauromachie française. Rien que ça, oui! Au capote, quand il reçoit son deuxième opposant, il ne fait pas grand chose. Mais c'est la faena qui démarre en fanfare, dans le dos, encore. Des frissons, encore. La musique aidant, le jeune se libère, dessine la faena de ses rêves, de nos rêves. Des changements de mains à faire pâlir un croupier professionnel, des changements de courses à quelques centimètres de la fémorale qui ferait blêmir n'importe quel chirurgien orthopédique, quel toreo, quel torero... Vitesse, immobilité, émotion, petits pas d'ajustement, le triomphe se rapproche et le jeune ne flanche pas. Thomas Joubert porte l'épée à son visage, vise la croix de l'animal, y place l'épée. Les arènes s'enflamment et les deux mouchoirs blancs synonymes des deux oreilles tombent de la présidence. Un autre mouchoir tombe, le bleu, pour saluer la dépouille du toro. Que Thomas Joubert est beau quand il regarde ses arènes lui rendre un fier hommage, qu'il est grand quand il va tirer son mentor de jeunesse, Paquito Leal, de derrière les barrières pour le mettre dans sa lumière, qu'il est émouvant quand on le regarde dans cet état quasi catatonique, libéré de ses liens et profiter, enfin, de ce qu'il est.

Thomas Joubert à droite (Photo Anthony Maurin)
Thomas Joubert à droite (Photo Anthony Maurin)
A gauche (Photo Anthony Maurin)
A gauche (Photo Anthony Maurin)
Et dans le dos, c'est la balade d'un Thomas Joubert heureux (Photo Anthony Maurin)
Et dans le dos, c'est la balade d'un Thomas Joubert heureux (Photo Anthony Maurin)

C'est le jeune loup Juan del Alamo qui terminait ce cartel avec un premier toro très mobile. Les adversaires se toisent du regard pendant quelques instants puis le jeune piéton se met à tirer les passes une à une. Effort et difficulté feront de ce combat un peu spécial la plus-value du torero. Il enchaine quelques belles séries gauchères, l'animal, dominé, suit la cadence infernale mais ne transmet que peu d'émotions. Deux avis, un recibir tenté et une oreille sans la moindre pétition majoritaire... Tant mieux pour Juan del Alamo qui est bien payé mais qui n'aura pas démérité.

Deuxième combat beaucoup plus compliqué. Un toro qui gardera la tête haute pendant la totalité des ébats, assez inégal dans sa manière d'être et de charger, une corne droite un peu chercheuse et un moment compliqué à gérer pour l'homme. Sans brouillonner, del Alamo tente beaucoup de choses dont 6 "recibir" sans faire bouger le toro qui ne baisse d'ailleurs toujours pas la tête! 2 avis, une vieille épée mal placée au deuxième envoi... Dommage de finir la feria sur cet arrière goût un peu amer.

Juan del Alamo (Photo Anthony Maurin)
Juan del Alamo (Photo Anthony Maurin)
Relâché, Juan del Alamo coupera une oreille (Photo Anthony Maurin)
Relâché, Juan del Alamo coupera une oreille (Photo Anthony Maurin)

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 34 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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