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HOMME DE L’OMBRE Jean-Albert Chieze, l’homme de confiance du maire de Nîmes

Au centre, en chemise bleue, Jean-Albert Chieze, le directeur de cabinet du maire de Nîmes. Photo : Tony Duret.
Au centre, en chemise bleue, Jean-Albert Chieze, le directeur de cabinet du maire de Nîmes. Photo : Tony Duret.

Homme de dossiers et porte-flingue du maire de Nîmes, Jean-Albert Chieze exerce ses fonctions de directeur de cabinet depuis 2007. Un record de longévité pour ce collaborateur du maire de Nîmes, avec qui il entretient une véritable relation de confiance.

D’apparence, Jean-Albert Chieze n’est pas sympathique. Remarquez, sa tâche ne lui incombe pas de l’être. Sa silhouette, grande et mince, sa barbe, dont les poils blancs trahissent sa cinquantaine et sa bouche, le plus souvent fermée en public, le font passer inaperçu. Mais il n’en est rien.

« Le directeur de cabinet le plus compétent »

Trahi par ses propres démons, son exigence et sa compétence, ce collaborateur sort souvent de sa réserve. 30 mai 2016, en mairie de Nîmes : entouré de plusieurs de ses adjoints, Jean-Paul Fournier annonce la fermeture de la mosquée de la gare, à quelques jours du ramadan. Une décision difficile, motivée par une étude alarmante sur les risques liés à la sécurité. En retrait, Jean-Albert Chieze reste silencieux. Impassible. Il n’en est pas moins attentif aux questions des journalistes et surtout, aux réponses de son édile. À la moindre hésitation de M.Fournier, sur un chiffre ou détail technique, cet homme de dossiers arrive à la rescousse.

Un apparatchik discret sur son parcours

Des scènes comme celles-ci sont monnaie courantes. « Jean-Albert Chieze est le directeur de cabinet le plus compétent que l’on ait eu. La preuve, c’est lui qui est resté le plus longtemps : il est arrivé en 2007 », fait remarquer Richard Tibérino, adjoint à la sécurité. Originaire en partie de Nîmes et militant du RPR, Jean-Albert Chieze est un apparatchik. Ce Marseillais d'origine ne s’épanche guère sur son parcours. Ce sont ses proches qui en livrent quelques extraits : « il démarre sa carrière au cabinet du député-maire de Tarascon, Thérèse Aillaud (1992 à 1996) », se souvient Bernard Sérafino, directeur de la police municipale. 

Jean-Albert Chieze intègre ensuite le conseil général des Alpes-de-Haute-Provence en tant que directeur de cabinet et de la communication. Après la défaite électorale, en 2002, du président Pierre Rinaldi, l'homme de l'ombre devient assistant parlementaire du député UMP des Saintes-Maries-de-la-Mer, Rolland Chassin. Une mission qui tourne rapidement au vinaigre : Jean-Albert Chieze est licencié en 2005 pour « désaccord sur la façon » de travailler. Repêché à la Région où il côtoie Richard Flandin, proche de Jean-Paul Fournier, il décroche le poste de chef de cabinet, en remplacement de Christophe Madalle, promu, lui, directeur. 

« Il se prend parfois pour le maire ! »

Au fil des années, Jean-Albert Chieze « a réussi, par sa compétence, à obtenir la confiance du maire. C’est un homme droit, il ne fait pas de coups tordus », poursuit Richard Tibérino. Les élus de la majorité ne lui prêtent pas tous autant de qualités. Sous couvert d’anonymat, l’un d’eux lâche : « il a tendance à ne pas faire circuler les informations. De plus, il est autoritaire. Il se prend parfois pour le maire en donnant des ordres aux élus avant que Jean-Paul Fournier n’en soit informé ». Des impairs que Jean-Paul Fournier lui pardonne. « Attention, Jean-Paul Fournier reste le patron », réagit Richard Tibérino, « mais quand le maire a une hésitation, il s’en remet à son directeur de cabinet qui, avec des éléments techniques et politiques, aident à la prise de décision. C’est son rôle ».

Une gâchette politique

S’il reste loin des micros et caméras, Jean-Albert Chieze se plait à murmurer à l’oreille de certains journalistes. La communication et la stratégie politique sont des domaines qu'il affectionne particulièrement. De 1998 à 2002, le Nîmois en explore d'ailleurs les rouages, en intégrant Cité Consultants, une agence de conseil en communication institutionnelle. Il mène également, en parallèle, une mission de consultant pour l'institut de sondage A.R.S.H où il analyse les sondages et prodigue des recommandations stratégiques. 

Des compétences dont use l'équipe de Jean-Paul Fournier. Dans une ville comme Nîmes (150 000 habitants), le travail d’un directeur de cabinet va au-delà de la simple expertise des dossiers. « Ici, les gens veulent tous prendre la place du maire. Il faut anticiper les attaques, cela nécessite une connaissance du monde politique. Il faut être un bon stratège et tacticien, ce qu’est Jean-Albert Chieze », relève un élu de la majorité. L’adjoint UDI Jean-Marc Soulas en sait quelques chose : en septembre 2014, il avait déposé une main courante après une entrevue musclée avec le cabinet du maire, dans l'affaire de Jazz70. Craint par une partie de la majorité, Jean-Albert Chieze intimide également l’opposition : « Quand il décroche son téléphone, ce n’est jamais bon. Un jour il m’a pourri pendant une demie heure », confie un opposant au maire.

Une face cachée ?

Pourtant sous le masque, Jean-Albert Chieze, père d’une petite fille, sait être « sensible ». C’est du moins ce qu’affirment ses proches : « En politique, il fait parfois des choses qui ne sont pas en accord avec lui-même, mais c’est le mauvais côté de la politique ». Souriant, bienveillant, peut-être même avenant, Jean-Albert Chieze réserve son plus beau visage à sa famille. Un trait de caractère qu’il partage avec son édile.

Coralie Mollaret.

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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2 réactions sur “HOMME DE L’OMBRE Jean-Albert Chieze, l’homme de confiance du maire de Nîmes”

  1. Oui monsieur Chieze aime a se prendre pour le maire qu’il ne sera jamais.
    Tibérino qu’il ne peut pas piffrer le couvre de louanges et loue ses qualités pro… Mais rassurez moi, c’est bien ce Chieze qui était directeur de cabinet en 2012 au moment d’attaquer les travaux du trambus qu’on a du interrompre puis réparer occasionnant 10M€ de dépenses imprévues ?

    Si c’est cela la compétence, je comprends pourquoi TIbérino n’est bon que dans l’opposition et non pas la proposition !

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