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NÎMES Les crocodiles de l’Hôtel de Ville, une histoire en escalier

Les 4 crocodiles du grand escalier de lHôtel de Ville de Nîmes Photo Anthony Maurin).
Les 4 crocodiles du grand escalier de l'Hôtel de Ville de Nîmes (Photo Anthony Maurin).

On les connaît sans les connaître mais on les aime sans savoir leur histoire... Emblèmes ou fantaisies touristiques, les 4 crocodiles du grand escalier de l'Hôtel de Ville sont pourtant là presque par hasard.

Nîmes tient son emblème d'une pièce, un Dupondius. L'As de Nîmes, monnaie romaine frappée dans la cité des Antonin sous le règne d'Auguste et de bien d'autres empereurs, a sur une de ses faces un crocodile enchaîné à une palme. Signe de soumission de l'Egypte envers Rome après la bataille d'Actium, le croco est devenu au fil du temps l'emblème de la ville.

Si vous vous aventurez entre les murs de l'Hôtel de Ville, n'hésitez pas à lever la tête. Outre les installations artistiques et autre carte historique de Nîmes, au sommet du grand escalier, majestueux et fièrement exposés, 4 ventrus sauriens vous poseront quelques questions... Enfin, vous vous poserez les questions vous-même bien sûr. Autant essayer d'y répondre avant la prochaine interrogation!

Pourquoi ces 4 crocodiles sont-ils ainsi mis en valeur? Titres de noblesse et d'Antiquité pour la ville, protégés et classés monuments historiques, ils sont ici depuis 164 ans et n'ont plus toutes leurs dents. Il faut dire que leur histoire leur a fait connaître les affres du temps et du changement. Déjà, les 4 crocos ne sont pas un seul et même lot mais sont arrivés à Nîmes en 4 voyages (un cinquième, qui aurait été le plus ancien, a été perdu).

Une plaque de fer (quasi invisible) posée sur leurs ventres indique la date de réception de chaque individu. Le premier date de 1597 (62 ans après que le crocodile n'apparaisse sur blason de la Ville), le deuxième est arrivé en 1671 et a été acheté 165 livres à Marseille. Le troisième en 1692 et fut donné contre une rente annuelle de 15 livres. Enfin, le quatrième, le plus imposant, a été offert en 1703 par M. Poussielgue, un riche et nostalgique négociant nîmois installé à Malte et désireux de remercier les édiles de sa ville natale.

Photo Anthony Maurin).
(Photo Anthony Maurin).

Ils ne sont certainement pas arrivés en haut de l'escalier grâce à leurs petites papattes bien rigides... Ils auraient cependant été plus rapides! Ils furent d'abord installés au plafond de la salle de délibérations des édiles. Quelques travaux plus tard, les crocodiles sont décrochés et à relégués aux oubliettes. Le Nîmois étant réboussier par nature, il se rend compte que les crocos manquent à la vie locale. La colère grogne et les 4 emblème refont surface 2 ans plus tard où ils furent rassemblés à l'endroit connu aujourd'hui. Avec ce nouvel emplacement, ils retrouvent leurs dents perdues il y a longtemps par un naturaliste négligeant.

Presque momifié en guise de clin d'oeil au monde égyptien à qui l'on doit sa présence à Nîmes, cet ornement atypique dans une maison commune fait pourtant des heureux. Les touristes s'y pressent et les Nîmois font leurs photos de mariage à leurs pieds.

Et comme toujours pendant la feria, les crocos sont de sortie! Ils pointent le bout de leurs 4 nez aux fenêtres de l'Hôtel de Ville pour les aficionados de l'histoire, les festaïres en goguette et les badauds interloqués...

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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