Culture

GRAND AVIGNON L’opéra présente sa saison à venir, avant les grands travaux

Le directeur de l'Opéra du Grand Avignon Pierre Guiral, lors de la présentation de la saison à venir, samedi soir (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Le directeur de l'Opéra du Grand Avignon Pierre Guiral, lors de la présentation de la saison à venir, samedi soir (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

La journée de samedi a été dense à l’opéra du Grand Avignon.

Ainsi, l’établissement a participé à la journée nationale Tous à l’Opéra, avec des visites dans les coulisses, où l'on a pu assister à une classe publique du ballet de l’opéra, à une séance publique de travail de la maîtrise ou encore à une répétition mise en scène du spectacle d’Anna Bolena. Le tout en entrée libre.

L’opéra reste ouvert pendant les travaux, mais ailleurs

Une opération réussie, la dernière avant la mue de l’opéra, qui fermera durant deux ans à partir du mois de juin pour subir de lourds travaux. « Il est dans un état de vétusté avancé », explique le président du Grand Avignon Jean-Marc Roubaud. « Le Grand Avignon consacre 20 millions d’euros à cette opération », précise le vice-président de l’intercommunalité Georges Bel, pour rénover ce que son président considère comme « une des vitrines culturelles de l’agglomération. »

Et si le site historique de la place de l’Horloge, à Avignon, va fermer ses portes pendant deux ans, l’opéra continuera durant ce laps de temps. Ainsi, l’agglo va ériger une salle éphémère en Courtine, en face de la gare TGV et réhabiliter un atelier toujours en Courtine pour accueillir les studios de répétition ou encore les entrepôts.

La salle éphémère, dont la construction va débuter incessamment sous peu, aura « un volume très condensé, très compact pour favoriser l’acoustique », explique l’architecte Sandrine Charvet. La salle sera constituée d’une ossature en bois, d’isolants et de membranes métalliques. Elle contiendra 850 places, et sera loin d’être un préfabriqué de base, puisque Georges Bel annonce « des conditions acoustiques et de confort meilleures qu’ici (le théâtre historique actuel, ndlr), mais moins bonnes que quand l’opéra rouvrira. » Quand même.

La maîtrise de l'Opéra du Grand Avignon (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
La maîtrise de l'Opéra du Grand Avignon (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Plus de confort, moins de spectateurs

L’opéra historique est quand à lui confié à l’architecte Vincent Speller. Et il va changer, puisque la reprise des façades, des toitures et des sculptures sont au programme pour l’extérieur. À l’intérieur, il est prévu de restructurer totalement la cage de scène, avec notamment une machinerie entièrement motorisée. Pour le public, de tout nouveaux fauteuils dans le style début XIXème siècle, l’ouvrage datant de 1843 et une restructuration complète de la salle.

Ainsi, « on supprime les allées pour une circulation autour, et les sièges vont être plus écartés les uns des autres », précise l’architecte. Plus de place donc, notamment pour les jambes, les spectateurs de plus d’1m80 (comme votre serviteur) ne s’en plaindront pas… Reste que la jauge va devoir être revue à la baisse, et passer de 1 130 places actuellement à 950 après les travaux. Ce sera donc moins, mais mieux, puisque le public sera également plus haut, pour une meilleure visibilité de la scène.

Par ailleurs, les surfaces d’accueil vont être développées, et outre la restauration des deux foyers actuels, deux autres vont être aménagés en sous-sol. « Notre propos est de prolonger le lien entre le public et le spectacle », résume Vincent Speller.

Une saison tout de même bien remplie

Les spectacles, justement : le nouveau directeur Pierre Guiral a présenté la saison 2017-2018, après avoir fait copieusement applaudir son prédécesseur Raymond Duffaut. Une programmation qui aura un fil conducteur : « l’idée n’est pas de créer deux années d’exil et une année de retour, mais une forme complète. » Le directeur a donc repris la devise de notre beau pays pour la décliner sur les trois années à venir. La prochaine saison sera donc celle, vous l’aurez deviné, de la liberté.

Côté opéra, on note dans cette programmation les ténors français pour l’inauguration de la salle éphémère en Courtine le 17 novembre, Orphée et Eurydice de Gluck version Berlioz le 3 décembre, Les Mousquetaires au Couvent de Varnay les 29, 30 et 31 décembre, L’enlèvement au Sérail de Mozart les 18 et 20 février, Magnificat de Bach le 25 mars à l’Autre Scène de Vedène ou encore la Traviata de Verdi les 8 et 10 juin.

Le programme sera également chargé pour les concerts symphoniques, avec le 10 novembre la symphonie N°9 de Dvorjak par l’Orchestre régional Avignon Provence, la 9° symphonie de Beethoven les 15 et 17 décembre requiem de Poletti le 9 février, le concerto n°2 pour piano de Mendelssohn le 13 avril ou encore un concerto pour piano de Ravel le 25 mai. Dix spectacles de danse sont au programme de cette saison à venir, du ballet de l’opéra du Grand Avignon le 20 octobre à la salle Jean-Galia de Rochefort-du-Gard au spectacle de fin d’année du conservatoire les 23 et 24 juin à la salle éphémère, en passant par le Lac des Cygnes de Tchaïkovski le 12 novembre, Je t’ai rencontré par hasard de Pietragalla le 11 février, ou encore Six Years Later The Hill de Roy Assaf le 15 mars.

L’acoustique de la salle éphémère n’ayant pas encore pu être testée, seuls trois spectacles de musique de chambre seront proposés, mais des beaux, avec Olivier Cavé le 10 février, la soprano Julie Fuchs et l’ensemble Octuor ô Celle le 9 avril pour un spectacle unique, et Jonas Vitaud le 20 avril.

La saison de théâtre sera bien plus chargée, avec quelques grands noms. Ainsi, Jacques Weber interprètera la Dernière Bande de Beckett le 11 novembre, Laëtita Casta et Raphaël Personnaz joueront les Scènes de la Vie Conjugale d’après Ingmar Bergman le 6 janvier, Nils Arestrup, Kad Merad et Patrick Bosso seront sur scène le 10 janvier pour Acting de Xavier Duringer et Joël Pommerat viendra mettre en scène Ça Ira, Fin de Louis, les 23 et 24 mars. Enfin, côté musique baroque, on notera la venue du contre-ténor de renommée mondiale Franco Fagioli le 15 janvier.

Bref, ce sera une saison hors les murs, mais « bien remplie », conclut Pierre Guiral.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

31 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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