A la uneActualitésSociété

FAIT DU JOUR Spartacus, le spectacle historique avant tout

Les 28, 29 et 30 avril prochains, les Grands Jeux Romains font remonter Nîmes à l'époque de Spartacus pour trois jours de spectacles et d'animations.

Christophe Beth, directeur de Culturespaces Nîmes, et Éric Teyssier, historien et coordinateur des Grands Jeux Romains, donnent les consignes du jour (photo Anthony Maurin/Objectif Gard).

Les Grands Jeux Romains ont la cote. Après huit essais plutôt réussis, Culturespaces commence à connaître les ficelles du succès. L'expertise nîmoise est unique en matière de reconstitution historique d'ampleur puisque la cité des Antonin est la seule ville à organiser un tel événement dans un amphithéâtre antique.

Cette année, les Grands Jeux Romains limitent l'improvisation qui était jusqu'alors une sorte de marque de fabrique de l'événement nîmois. Improviser ne veut pas dire faire mal... Mais cette année plus que lors des précédents spectacles, les répétitions sont nombreuses, variées et montent en puissance. La dernière, qui sera l'unique à voir l'ensemble des 500 reconstituteurs se prêter au jeu, aura lieu ce vendredi, veille du jour J.

La ligne de Crassus, le général romain qui affronte Spartacus et ses rebelles. Derrière, le bateau des pirates, en bas à droite, une cuisine (photo A.M./OG).

Après un petit tour en Italie (Modène) pour parler scénario, mise en scène et spectacle global avec les troupes qui viendront directement de la botte pour agiter la cité des Antonin, les organisateurs se sont intéressés aux Français qui participeront à cet exercice de haut vol.

Parmi tous ces bénévoles, il ne faut pas oublier celles et ceux qui viennent de loin pour se faire plaisir en régalant l'assemblée. Certains de Toulouse ou d'Aix, d'autres de Lyon ou de Tours mais les plus éloignés sont les Italiens, les Croates ou les Britanniques...

Spartacus, sa femme et ses rebelles... (photo A.M./O).

Quelques séances sur un terrain à Comps, des repérages dans les arènes et des mises en place, l'enregistrement des voix et les modifications des dialogues, les arènes ont accueilli une grande partie des reconstituteurs français pour un essai grandeur nature, in situ et avec des décors.

Un samedi après-midi sous le soleil cogneur et sur le sable brûlant, les tableaux sont spectaculaires. D'ailleurs, c'est le mot qui résonne devant la diversité des décors et leur qualité de fabrication. La ligne de Crassus, cette énorme palissade qui coupe littéralement la piste en deux, représente un camp romain. Douze blocs et une porte monumentale, c'est tout simplement grandiose, y compris quand on parle d'assemblage et de démontage, vous verrez...

Mais avant de continuer plus loin dans les répétitions, rappelons le point de départ de tout cela, l'histoire... La reconstitution fait référence au passage avéré, en 122 de notre ère, de l’empereur Hadrien à Nîmes, à son retour de Bretagne, l’actuelle Angleterre. Il offre à cette occasion de somptueux jeux aux habitants de Nemausus.

Nous voilà près de 2000 ans plus tard et rebelote, on se souvient de cette époque avec délectation. Le thème des Grands Jeux 2018 a été choisi avec soin, Spartacus, ce gladiateur thrace devenu rebelle et opposant à la noblesse romaine, a perdu la troisième guerre servile. Retour donc dans la période -73  -71 avant J.-C. pour trois jours de folie, vous verrez...

Petite crucifixion en plein air. Étrangeté des mœurs qui fait son retour dans un amphithéâtre bimillénaire (photo A.M./OG).

Au programme dans le désordre et sans dévoiler le script et les rebondissements : une course de chevaux, un défilé militaire, des gladiateurs et gladiatrices, deux grandes batailles, des crucifixions, une prière, des pirates sur leur bateau, la mise à sac d'un marché... Ici, ça ne rigole pas, vous verrez...

Briefing entre deux scènes, sous une ombre,salvatrice s'il vous plaît (photo A.M./OG).

Forcément, le moindre déplacement, le plus petit détail est vu et revu pour que le spectacle final soit digne de ce nom. Les passionnés sont bénévoles mais ils sont plus que de simples guerriers du dimanche. Il doit y avoir des bouchers, des jeunes cadres dynamiques, des retraités, des infirmières ou des enseignants mais ils seront prêts, assurément.

Le passionné est attentif, il apprend vite car il a envie d'apprendre. L'effort physique et la douleur, il consent volontiers à s'y soumettre pour la beauté du geste ou le rire franc des gradins. En tout cas, il n'est pas radin. Ces reconstituteurs sont de petits acteurs mais de grandes personnes. Enfin, petits acteurs, vous verrez...

Il va y avoir du sport pour les cascadeurs qui vont franchir la muraille installée par le général Crassus (photo A.M./OG).

Les journées de samedi et dimanche sont prises d'assaut et comptent, chacune, plus de 9000 places vendues. Mais pour les amateurs de jour férié et de pont - ou plutôt d'aqueduc puisque nous sommes à Nîmes -, le spectacle du lundi pourrait être un excellent investissement si vous voulez vous mettre en chauffe pour le lendemain 1er mai et les défilés musclés qui devraient être organisés un peu partout !

Ultimes discussions et derniers réglages du jour (photo A.M./OG).

Pour réserver vos places, c'est par ici ! En plus des spectacles payants qui se tiendront dans les arènes, d'autres animations sont au programme de ce long week-end festif et antique. Aux jardins de la Fontaine et en ville, les Gardois tout comme le reste des visiteurs pourront profiter pleinement de ces nombreux rendez-vous.

Cette année encore Objectif Gard sera au cœur de l'événement en participant de manière active aux spectacles et à-côtés. Comme l'an passé, une petite video en immersion, en supplément des articles quotidiens, devrait formaliser ces actions et permettre aux lecteurs de voir l'envers du décor.

Pour parfaire votre connaissance sur le sujet, Eric Teyssier a écrit un excellent ouvrage sur le rebelle thrace mort au combat, Spartacus. Ce mercredi 25 avril retrouvez Éric Teyssier pour une conférence sur Spartacus entre le mythe et l'histoire ou comment une biographie historique inspire une reconstitution dans les arènes. Lycée Saint Vincent de Paul à Nîmes. Entrée libre, Rue Briçonnet à 18 h 30.

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité