Faits Divers

NÎMES Violences à la prison : l’agresseur avait déjà frappé un surveillant il y a 15 jours

La ministre de la Justice était à Nîmes, lundi après-midi, au lendemain d'une violente agression sur un surveillant de prison.

Nicole Belloubet devant le directeur de la maison d’arrêt de Nîmes,  Daniel Klecha (Photo : Coralie Mollaret)

" Notre collègue a ouvert la cellule pour une promenade. Le détenu était calme sans aucun signe de nervosité ou d'animosité. Sans rien dire ou exprimer, il a mis un coup de lame sous la gorge du collègue ", s'indigne Patrick Urli, pour le syndicat FO pénitentiaire.

Dimanche, vers 13h, le surveillant est pris en charge par les secours et évacué vers le CHU  de Nîmes. Ses jours ne sont pas en danger et lundi il a pu discuter à la maison d'arrêt de Nîmes avec la ministre de la justice, Nicole Belloubet, venue " exprimer son soutien et sa solidarité au personnel pénitentiaire".

On en sait désormais un peu plus sur l'agresseur. Il était en train de purger une peine pour des cambriolages et des vols avec violence. Mais ce Nîmois, habitant du quartier de Valdegour, âgé de 21 ans, est aussi connu et déjà condamné pour des outrages et menaces sur des personnes dépositaires de l'autorité publique. " Un jeune détenu qui pose, comme une dizaine d'autres à la prison de Nîmes, de gros problèmes liés à des pathologies psychiatriques", selon une source interne à la maison d'arrêt. Le détenu agresseur de dimanche devait d'ailleurs être jugé ce mardi 7 août au tribunal correctionnel de Nîmes pour des violences sur un codétenu et pour une agression commise sur un surveillant qu'il a frappé à coups de poing il y a quinze jours !

Si la ministre n'est pas venue pour parler de ce détenu en particulier, la rencontre avec l'agent blessé et les organisations syndicales portait sur le travail et la sécurité au sein de cette prison nîmoise en surcharge carcérale depuis la nuit des temps. " Nous sommes à plus de 200% de surcharge carcérale. Le problème c'est que toutes les autres prisons sont dans une situation catastrophique au point de vue de la population carcérale ", ajoute le syndicaliste Force ouvrière qui estime que la venue de la ministre était " un discours politiquement correct " mais " sans vraie annonce à effet immédiat ". Actuellement la maison d'arrêt de Nîmes compte 400 détenus pour 190 places. Ils sont installés à 3 dans des cellules de 9 m2 et avec la canicule il fait 40° à certains endroits.

La ministre a confirmé l'agrandissement de la prison Nîmoise actuelle, de 120 places. " Il y aurait un accroissement du site actuel avec les travaux qui commenceront en 2019 et qui se termineront en 2021 ", estime la garde des sceaux qui confirme également l'engagement du précédent gouvernement " avec la création d'une prison de 400 places dans la région ".

Pour les mesures d'urgence demandées on reste sur sa faim : il est évoqué un transfèrement d'une dizaine de détenus dangereux à cause de pathologies mentales. Des transferts quand et où ? La ministre a également promis l'embauche de 7 personnes sur le site de Nîmes d'ici quelques mois. Un effort qui, à l'analyse des agents rencontrés, ne semble pas suffisant et ne correspond pas à leurs aspirations.

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Boris De la Cruz

Journaliste, je suis passionné par les faits divers, la justice et la politique. Je collabore à Objectif Gard et à des médias nationaux.

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