Politique

POLITIQUE Les débuts de… Mary Bourgade

L’entrée en politique de nos élus éclaire sur leur façon d’exercer le pouvoir et laisse parfois présager de leur avenir.

Mary Bourgade, 65 ans, adjointe à la ville de Nîmes et conseillère régionale. (Photo : Anthony Maurin)

Aussi discrète que déterminée, la « Madame UNESCO » n’a pas dit son dernier mot. Retoquée, la candidature de Nîmes pour son inscription au patrimoine mondial sera à nouveau présentée en 2020. Que ce soit par elle ou son éventuel successeur… 

C’est dans son bureau, sous le regard curieux d’un portrait de Balzac peint par son père que nous retrouvons Mary Bourgade. Pour clore notre série politique de l'été, Objectif Gard a choisi l'adjointe au tourisme de la ville de Nîmes. Une élue qui a fait beaucoup parler d’elle et de notre ville ces derniers mois. Nîmes, son patrimoine, sa romanité, sa préservation et, surtout, son essor. Une mission que s’est fixé le maire (Les Républicains) Jean-Paul Fournier et son équipe, depuis 2001. 

Native d’Anduze, cette Cévenole était loin de s’imaginer un destin politique. Sa famille affectionnait plutôt la musique, la peinture et la littérature. Sans doute plus apaisant pour l'esprit... « Mon père suivait certes les discours du général De Gaulle à la télévision, mais il ne militait pas », se souvient-elle. Mary Bourgade suit des études de littérature et de philosophie avant de s’orienter vers le commerce.

« Jean-Paul Fournier est mon mentor »

Mariée et installée à Nîmes, cette femme de passion s’en découvre une nouvelle à 40 ans : la politique. Et à travers elle, un homme : Jean-Paul Fournier. « Notre rencontre s’est faite en 93, lors d’une réunion d’appartement où nous étions une quinzaine venue l’écouter. Il était en campagne pour les élections cantonales (aujourd’hui départementales) », explique celle qui découvre alors « un homme fort, passionné et avec une vraie vision pour Nîmes. »

Adjoint à l’urbanisme sous Jean Bousquet, Jean-Paul Fournier détaille les dossiers liés au patrimoine nîmois et sa gestion, comme la création du secteur sauvegardé en 1985. « Avec lui, j’ai découvert la politique sous un angle culturel et patrimonial. C’est mon mentor », poursuit Mary Bourgade qui, un an plus tard, prend sa carte à la fédération RPR (Rassemblement pour la France) du Gard. 

Elle s’investit dans la vie du parti et la campagne des municipales de 1995, soldée par une défaite. « Ça a été une déception, mais pas une grosse puisque je venais d’arriver en politique », confie l’élue. A contrario, cette défaite a été un élément déclencheur : « ça m’a piqué ! Je n’aime pas perdre surtout quand la cause est défendable et noble. » Au lendemain des municipales, Jean-Paul Fournier déclare sa candidature pour 2001 : « à partir de là, on est entré dans le vif du sujet ».

L'Unesco, un combat nîmois

Après « une campagne folle, la meilleure que je n’ai jamais connue », la droite récupère la Ville aux communistes. Mary Bourgade est nommée adjointe au tourisme. Dans la continuité du plan de sauvegarde, elle établit le PSMV (Plan de sauvegarde et mise en valeur) : « il permet d’engager des campagnes de ravalement de façade obligatoire avec une participation financière de la mairie ».

L'adjointe devient membre de la commission nationale des SPR (sites patrimoniaux remarquables). Un atout qui lui permet d'étoffer son carnet d’adresses. Au-delà de la préservation, la mairie cherche à promouvoir son patrimoine, en décrochant son inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO. Une démarche entreprise en 2002 auprès du ministère de la Culture. « Ça a pris des années pour identifier clairement la candidature et déterminer son périmètre », assure Mary Bourgade. 

Malheureusement, ce travail de longue haleine s’est traduit par un échec, l’Unesco décidant en juin de différer la candidature nîmoise. « On ne va rien lâcher. La candidature sera représentée en 2020 », certifie Mary Bourgade, relevant que « les Causses et les Cévennes ont été classées au bout de la troisième fois. » Reste à savoir par qui le dossier sera présenté ? « Si Jean-Paul Fournier repart et qu’il veut de moi... ce sera moi. Sinon je n’irai pas, mais j’aurai fait le job », confie la passionnée.

CM

coralie.mollaret@objectifgard.com 

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

1 commentaire sur “POLITIQUE Les débuts de… Mary Bourgade”

  1. La démarche pour l’UNESCO est engagée en 2002.
    Que d’erreurs et de fautes commises depuis malgré les Arènes lles mieux conservées, une maison carrée unique, un Castellum Divisorium, un temple (de Diane), des portes (d’Auguste et de France) …
    Comment peut on rêver l’UNESCO au nom de la Romanité en enterrant ses vestiges (parvis des arènes) et en érigeant un musée moderne, certes magnifique mais à qq mètres du monument « majeur » de la cité des Antonin ?
    Quand on s’engage pour décrocher un sésame auprès d’une instance, la moindre des choses est de demander conseils et de les suivre pour ne pas mettre l’instance en question devant des faits accomplis ne répondants pas au « cahier des charges »
    Le dossier a été bâclé et justement recalé.
    Si vraiment la majorité municipale veut l’UNESCO alors il faudra écouter, entendre, suivre ce qui doit l’être et non courir comme un canard sans tête dans les rues de notre si belle Romaine.

    Th.J conseiller Nîmes.

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