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NÎMES OLYMPIQUE Soirée sous haute tension en Pesage Est

Deux policiers blessés hier soir et deux supporters en garde à vue.

Au moment de l'entrée des joueurs, les supporters des GN 91 ont déployé une banderole en s'adressant directement au président Rani Assaf avec le message suivant : "ta répression n'arrêtera pas notre passion" (Photo Anthony Maurin)

Pour lutter contre les fumigènes, le Nîmes Olympique a mis en place un dispositif de sécurité renforcé pour la réception de l'Olympique de Marseille ce vendredi. 

De mémoire de supporters, ils n'avaient jamais vu ça au stade des Costières. Pour la réception de l'Olympique de Marseille, un dispositif renforcé de sécurité était mis en place en Pesage Est. Un premier filtrage des supporters était organisé devant les deux entrées de la tribune populaire. Après une fouille minutieuse, un chien renifleur attendait les fans dans le couloir provoquant selon les constatations sur place les pleurs de quelques enfants apeurés.

La tension est montée d'un cran à une demi-heure du coup d'envoi, alors que plusieurs centaines de personnes étaient toujours amassées devant l'entrée, dans une file d'attente qui n'avançait pas d'un centimètre. Las d'attendre et craignant de rater le début de la rencontre, certains supporters décident d'escalader la grille du stade.

Pour ceux restés dans les files d'attentes, les premiers mouvements de foules apparaissent. "J'étais en train d'être fouillé quand les grilles se sont fermées d'un seul coup, témoigne Omar, présent sur place. Le match allait débuter dans 15 minutes et plus personne ne pouvait rentrer. Je suis sorti de la file pour ne pas me faire gazer et j'ai quitté le stade à la mi-temps car je craignais que les choses ne dégénèrent à la sortie."

Des dizaines de cars de CRS attendaient les supporters à la sortie (Photo Boris Boutet)

"Excédés, certains ont essayé de rentrer en force et le premier cordon de sécurité a sauté, raconte Alex. On était tous amassés dans le couloir, bloqués par les CRS. Certains essayaient de négocier car il y avait des familles, des enfants. Mon cousin, âgé de 12 ans, s'est fait gazer à bout portant. Puis des supporters déjà dans le stade sont venus nous soutenir. Les CRS se sont écartés et tout le monde a couru pour entrer dans le pesage. Le principal fautif, c'est Rani Assaf qui a déclaré la guerre aux Gladiators et qui punit des centaines d'innocents en abusant de son pouvoir."

Au bilan sécuritaire de la soirée, des centaines de personnes entrées sans la moindre fouille, des femmes et des enfants victimes d'un mouvement de foule et étouffant sous les gaz lacrymogènes. Mais aussi des dizaines de fumigènes toujours présents en pesage et dans le parcage visiteur. Après la rencontre, des dizaines de cars de CRS étaient venus en renfort pour encadrer la sortie des supporters dans un climat de tension général. Les gaz lacrymogènes furent à nouveau utilisés. Sécurité renforcée, vous dîtes ?

"On est au milieu d'un sérieux conflit entre les Gladiators et le président du Nîmes Olympique et la police doit gérer et se débrouiller, souligne une source syndicale policière. La police est mise en difficulté par le comportement de Gladiators qui refusent le filtrage à l'entrée du stade. Hier soir, certains ont voulu pénétrer en force dans l'enceinte sportive. Des policiers ont été molestés, deux autres blessés, ajoute une source proche des autorités. À la fin du match il y a eu deux interpellations : un supporter qui incitait la foule à l'émeute et un autre qui a été arrêté pour des outrages". Les deux hommes sont en garde à vue ce samedi matin en attendant les éventuelles suites judiciaires ordonnées parquet de Nîmes. Les deux policiers blessés hier soir ont des ITT fixées à 2 et 3 jours.

"Il y a eu des incidents violents au moment de l'entrée au stade vers 20h40, certains ont volontairement enfoncé le cordon de sécurité sans passer par le contrôle. Des policiers ont également été projetés au sol", complète le vice-procureur, Patrick Bottero, sur place hier soir. Le parquet a d'ailleurs ouvert une enquête en flagrance concernant ces "violences en réunion et dans une enceinte sportive". Des investigations confiées à la Sûreté départementale de Nîmes.

Boris Boutet (avec B.DLC)

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