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NÎMES-GARONS « L’aéroport est un allié en période de crise » affirme son directeur

L'aéroport de Nîmes-Alès-Camargue est l'un des dix aéroports d'Occitanie (Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)

Transport de malades atteints du Covid-19, soutien logistique aux entreprises et à la Sécurité civile... Le nouveau directeur de l'aéroport Nîmes-Garons, Gregory Merelo, nous explique son organisation en pleine crise sanitaire. 

Objectif Gard : En période de confinement, l’aéroport tourne au ralenti. En quoi a consisté votre activité ? 

Grégory Merelo : Au ralenti… Tout est relatif ! Certes, les activités d'Edeis (le gestionnaire de l'aéroport pour le compte de Nîmes métropole) liées aux vols commerciaux se sont arrêtées sur décision de l’État. Mais nous avons continué de fournir nos prestations pour l’activité industrielle, celle des entreprises présentes sur le site comme Sabena ou l’aviation de la Défense (A.V.D.E.F) qui poursuivent leurs activités à travers leur plan de continuité, incluant le respect des gestes barrières. 

Transport de malades du Covid-19

Concrètement, que faites-vous pour ces entreprises ? 

De la maintenance (inspection des pistes, balisage, ravitaillement en essence…) avec nos collaborateurs équipés en masques et en gants. Des actions pour les entreprises mais aussi pour la Sécurité civile. Sans oublier qu’il y a 15 jours, nous avons accueilli des malades du Covid-19 en provenant des régions parisiennes et celle du grand est pour évacuer les services de réanimation saturés. J’étais vraiment fier de mes équipes qui se sont mobilisées et fier de voir, qu’en période de crise, notre aéroport est un vrai allié. 

Que représente la suspension des vols commerciaux ? 

Le dernier vol s’est arrêté le 24 mars. Or, cette période correspond à notre passage en programme d’été avec trois vols par jour, dès le mois d’avril, sur nos quatre lignes (Fès, Marrakech, Londres et Bruxelles). Du coup, nos cinq employés de ce secteur sont en chômage technique. On attend avec impatience l’allocution du gouvernement demain sur les mesures de déconfinement. Reste à noter qu’en aviation c’est comme un mariage : il faut être deux. Il faut que de l’autre côté, les aéroports soient prêts à nous accueillir. 

Comment préparez-vous le déconfinement prévu le 11 mai ?

Ça fait un moment que l’on travaille. Déjà début mars, avant la mise en place des mesures de confinement par le gouvernement, nous avions appliqué les mesures barrières avec la compagnie Ryanair : des sticks pour respecter le mètre de distance entre chaque passager ; des messages au micro rappellent qu’il faut se laver les mains… Nous avions repensé nos flux de passagers pour éviter les engorgements dans les salles d’embarquement. Selon ce qu’annoncera le Premier ministre demain, nous nous adapterons. Nous sommes aux ordres des mesures gouvernementales. 

Aujourd’hui les compagnies aériennes veulent rassurer, expliquant que le risque de contamination est quasi nul dans les avions. Qu’en pensez-vous ?  

Je laisse faire les experts de l’aérien. Je sais juste que l’air d’un avion est renouvelé toutes les trois minutes. C’est un air sec dans lequel les microbes survivent très peu. 

Concernant la mise en place des gestes barrières, certaines compagnies - dont Air France - refusent de laisser des sièges vides entre les passagers pour respecter la distanciation sociale. Qu’en pensez-vous ? 

Ça, ce sont les modèles économiques des compagnies. Nous, on ne s’ingère pas dedans. Moi, je mets juste à disposition une infrastructure aéroportuaire pour que celles-ci puissent opérer leurs vols. 

Enfin, vous êtes directeur de l’aéroport nîmois depuis septembre. Quel est votre état d’esprit dans la gestion de cette crise sanitaire ? 

Le secteur de l’aérien est le plus bordé en matière de gestion de crise. On passe notre temps à s’entraîner, à anticiper les difficultés. Avant de prendre mes fonctions à Nîmes, j’étais directeur de l’aéroport à Auch dans le Gers et administrateur de l’union des aéroports de France au syndicat des professionnels des aéroports. 

Propos recueillis par Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com 

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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