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LE 7H50 de Denis Bouad : « Je peux travailler avec le Gouvernement si c’est dans l’intérêt des Gardois »

Denis Bouad, président du Département du Gard et candidat aux Sénatoriales 2020. (Marie Meunier / Archives Objectif Gard)

Candidat pour les Sénatoriales depuis quelques semaines, Denis Bouad a arraché l'investiture du Parti socialiste au nez et à la barbe d'Alexandre Pissas, désigné par une poignée de militants locaux. Aujourd'hui, il propose une liste unie rassemblant les communistes, les verts et le Parti radical de gauche. Il est l'invité du 7H50.

Objectif Gard : Alors Monsieur Bouad, ce chèque il était de quel montant ?

Denis Bouad : 6 100 euros. J'ai payé les cotisations d'élus que je devais à la fédération du PS. Mais est-ce que tout le monde paie aujourd'hui sur l'intégralité de ses revenus ? Pas sûr du tout. J'en sais quelque chose, c'est moi qui vise les indemnités perçues pour tous les élus du Département...

Pourquoi avoir décidé de vous présenter au Sénat finalement alors que vous avez beaucoup hésité ?

J'ai décidé après avoir constaté que le candidat choisi par le Parti socialiste du Gard ne parviendrait pas à réunir l'ensemble des forces de Gauche. Les militants socialistes ont voté et se sont exprimés sur le nom d'un candidat. Manifestement, c'était compliqué. Mais comprenez bien le mode de désignation des candidats au PS. Les investitures se font à l'issue du vote des militants. Les fédérations locales investissent leur candidat mais c'est l'instance suprême au niveau national qui donne l'investiture finale. Constatant les situations plus ou moins compliquées suivant les départements, la fédération nationale peut valider ou infirmer le choix local. En l'espèce, pour le Gard, c'est ce qui s'est produit. Le plus à même de rassembler les forces de Gauche, selon la direction du PS, c'est moi. Mais c'est aussi le choix de nombreuses personnalités locales, de Simon Sutour, le sénateur sortant, en passant par l'ancien président du Département, Damien Alary, ou encore la présidente de la région Occitanie, Carole Delga. Et je pourrais vous parler aussi de Patrick Kanner, président du groupe socialiste et apparentés au Sénat depuis 2018. Mais aussi des personnalités d'autres partis de sensibilités de Gauche. Je crois que le choix était le bon quand la liste que je porte compte des socialistes, des communistes, EELV et le Parti radical de Gauche.

Reconnaissez que cette guéguerre avec Alexandre Pissas ne donne pas une bonne image...

Le candidat investi jusqu'alors m'allait très bien. Au départ, je le soutenais.

Denis Bouad (Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)

D'autant que pour vous, le Sénat c'est un EHPAD...

Je ne l'ai jamais dit. J'ai toujours expliqué que pour moi, c'était une assemblée de sages.

Et vos rapprochements avec La République en marche, un fantasme ou une réalité ?

Je suis président socialiste du Département du Gard mais je suis avant tout président de tous les Gardois. Mon intérêt et le seul, c'est le Gard. Je peux quand même être de Gauche et travailler avec le Gouvernement, si c'est dans l'intérêt des Gardois ! J'ai travaillé avec Olivier Noblecourt, artisan du "plan de pauvreté" et j'ai obtenu 1,5 millions d'euros pour le département. Rappelons par ailleurs qu'il était candidat socialiste aux élections municipales de Grenoble il y a quelques années. Avec Julien Denormandie, ministre chargé de la Ville et du Logement, nous avons négocié ensemble pour éviter de mettre en grand danger Habitat du Gard. Ainsi, nous avons pu continuer à produire des logements accessibles à tous. Idem, nous avons été parti prenante pour l'ANRU2, et c'est bien normal. Enfin, avec Adrien Taquet, secrétaire d'État à la Protection de l'enfance, je me suis battu pour obtenir des financements pour le territoire. Vous savez, moi je respecte les institutions de ce pays et je travaille avec le Gouvernement en place.

Photo DR Objectif Gard

Qu'allez-vous porter comme dossier si vous êtes sénateur demain ?

J'ai l'intention d'être présent dans différentes commissions du Sénat. En particulier une commission économique qui portera sur l'aménagement du territoire, l'agriculture, le développement économique et le tourisme. Tout ce qui permettra d'apporter un avantage au département du Gard auquel je suis très attaché. Comme on a pu le constater encore une fois durant la crise sanitaire, les collectivités territoriales sont un maillon indispensable au bon fonctionnement des territoires. L'État doit mieux accompagner les élus locaux au travers de dotation, de compétences et de décentralisation.

Être président du Département et candidat au Sénat est-ce un avantage ou un inconvénient ?

Je répondrais le 27 septembre. Mais sachez que depuis 16 ans, je suis vice-président puis premier vice-président du Département du Gard. Toutes ces années, j'ai sillonné les routes et les communes du Gard pour accompagner les élus dans les tâches ô combien difficiles. Si je suis sénateur, je ne changerai pas ma façon de travailler.

Votre objectif : deux sénateurs. Est-ce jouable face une Droite unie ?

Mon objectif c'est que le groupe socialiste conserve un sénateur dans le Gard. Après, une élection est une élection, elle n'est jamais acquise d'avance. Je sais que je peux compter sur le soutien de nombreux grands électeurs. Alors, bien sûr, ma volonté est de faire élire deux sénateurs comme dans un passé pas si lointain...

Quid de la présidence du Département ? Quels sont vos candidats pour vous remplacer ?

À ce jour, c'est une question qui ne m'a pas effleuré l'esprit. Je suis encore pleinement mobilisé pour le Département, je travaille chaque jour avec la direction de la collectivité. Nous sommes d'ailleurs en train de finaliser les premières ébauches du budget 2021. Cette campagne des Sénatoriales ne m'empêche pas de réussir ma mission de président du Département. Le 27 octobre, un mois après l'élection, et si je suis élu, il faudra que je fasse un choix. Et je choisirais le Sénat.

Le maire de La Capelle-Masmolène, équipé de ses jumelles, a fait visiter le ponton sur l'étang de la Capelle à notamment Denis Bouad, président du Département, et Fabrice Verdier, président de la CCPU. (Marie Meunier / Objectif Gard)

La Droite va frapper à la porte. Elle a déjà annoncé dans nos colonnes qu'elle présentera un candidat, Frédéric Gras...

Il est un peu tôt pour réfléchir à un éventuel remplacement du président qui est encore là d'ailleurs, rappelons-le. La question n'est donc pas à l'ordre du jour. Et puis, jusqu'à preuve du contraire, la Droite n'a pas la majorité au Département. Sauf si elle décide de s'allier avec le Rassemblement national...

Alexandre Pissas sera président du Département dans quelques semaines...

Oui, par intérim. Le premier vice-président assurera la mission jusqu'à l'élection le moment venu. Mais il n'aura pas le temps de se choisir un nouveau fauteuil que l'assemblée aura déjà voté.

Vous semblez confiant y compris pour les Départementales de mars prochain. Pourquoi ?

Je travaille tous les jours pour le Département, je l'ai sillonné comme je l'ai toujours fait dans ma carrière politique. Je suis candidat au Sénat car il n'était pas possible d'avoir trois sénateurs de Droite. Mais vous pouvez rassurer tout le monde, je continuerai mon activité jusqu'au bout et en mars prochain, je compte bien rester au contact des Gardois.

Propos recueillis par Abdel Samari

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Abdel Samari

Créateur d'ObjectifGard, je suis avant tout passionné par les médias et mon département. Ce qui me motive chaque jour : informer le plus grand nombre sur l'actualité du Gard ! Pari tenu ?

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