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GARD Plusieurs centaines de manifestants pour la journée de mobilisation interprofessionnelle

La manifestation à Nîmes ce jeudi (photo Norman Jardin)

Dans le Gard, plusieurs centaines de personnes ont répondu à l'appel à manifester lancé par les organisations CGT, FSU et Solidaires dans le cadre d'une journée de mobilisation interprofessionnelle ce jeudi. La rédaction d'Objectif Gard était présente à Nîmes, à Alès et à Bagnols-sur-Cèze.

À Alès, 250 personnes pour soutenir deux fleurons de l'économie en danger

La cité cévenole a connu des dernières semaines pour le moins agitées sur le plan économique. Après l'annonce début décembre de la fermeture du site alésien de l'entreprise Crouzet Automatismes (lire ici), sa voisine, la société Merlin Gérin, propriété du groupe Schneider Electric, est elle aussi dans la tourmente depuis début janvier (lire ici). C'est donc tout naturellement que les délégués syndicaux des deux entités ont uni leurs forces ce jeudi, répondant ainsi à l'appel national de la CGT dans le cadre d'une journée de mobilisation interprofessionnelle.

Peu après 10 heures ce matin, ils étaient environ 250 à investir l'avenue Vincent-d'Indy pour se masser devant les grilles de l'entreprise Crouzet où sont accrochés des dizaines de tee-shirts frappés de messages à l'intention de la direction. Sous bonne escorte, les prises de parole se sont succédé pendant plus d'une heure avant que le cortège ne se forme et prenne la route en direction de la rocade est de la ville.

Joël Bréaud, délégué CGT lit son message devant l'assistance massée devant les grilles de l'entreprise Crouzet à Alès. (Photo Corentin Migoule)

"Quand 40 emplois sont menacés, il faut multiplier par trois, car il y a toujours des conséquences pour la famille derrière. Et si ce n’était que Crouzet… Aujourd’hui c’est au tour de Merlin Gérin de vivre une triste histoire pour satisfaire la capitalisme et les actionnaires", entame Martine Sagit, secrétaire générale de l'union locale de la CGT d'Alès, cédant le micro à Joël Bréaud.

Une pente glissante

Ce dernier, délégué CGT et secrétaire du comité d’entreprise de Merlin Gérin, prévient : "On est sur une pente glissante. Par le passé, Crouzet a délocalisé une partie de sa production au Maroc, comme nous aujourd’hui. On ne va pas faire de raccourcis pessimistes mais on est en droit d’y penser." La délocalisation d'environ 40 000 heures de travail dès 2021 est en effet envisagée par la direction qui "ne communique pas avec ses salariés", même si elle semble se montrer "rassurante auprès des élus." Autre préoccupation exprimée par Joël Bréaud, les "70 départs à la retraite prévus dans les cinq ans à venir" nécessitant à ses yeux "un rapide plan d’embauche ambitieux", auquel cas "ça signifierait que le site alésien qui emploie 300 personnes est condamné à mourir."

De son côté, Didier Pin, suppléant de l’intersyndicale de Crouzet, par ailleurs employé depuis 24 ans dans l’entreprise qui fabrique des moteurs électriques, se souvient du "coup de massue" qu'il a reçu à l’annonce de la fermeture du site début décembre. "La société a 50 ans et nous avons déjà eu des plans sociaux mais jamais de manière aussi brutale que celui-ci", regrette Didier Pin, qui apprécie le renfort des camarades de l'entreprise voisine, rompus aux combats sociaux.

La manifestation à Nîmes ce jeudi (photo Norman Jardin)

L'avenir du site alésien de l'entreprise Crouzet se joue cet après-midi "en terrain neutre", à Avignon. Plusieurs délégués syndicaux y rencontrent le PDG, David Arragon, pour tenter de trouver une issue favorable aux deux parties. "Les contre-propositions que nous soumettons à la direction émanent d'un expert du groupe Syndex qui nous assiste", indique Didier Pin, qui dit apprécier "le soutien des élus locaux" en nommant notamment Max Roustan, maire d'Alès, Christophe Rivenq, président d'Alès Agglomération, ainsi que Jean-Michel Suau, conseiller départemental.

La manifestation à Nîmes ce jeudi (photo Norman Jardin)

250 manifestants à Nîmes pour revendications diverses et variées

Alors que des nuages noirs venant du nord menacent la bonne tenue du rassemblement à Nîmes, la sono (qui donne quelques signes de fatigue) diffuse le célèbre tube de groupe Trust « Antisocial ». Sans perdre leur sang-froid, les manifestants ont donné de la voix. Ils étaient environ 200 à manifester leur mécontentement envers la politique sociale du Gouvernement français.

Les cibles des contestataires sont le président de la République, le Gouvernement, les actionnaires et ils demandent une meilleure redistribution des richesses. Parmi les revendications diverses et variées, un manifestant réclame la réouverture des salles de spectacles : « Ouvre les cinés, les théâtres, les musées…et ferme ta gueule ! » est-il inscrit sur une pancarte en carton.  

Le cortège interprofessionnel était composé de personnels du service public, de l’éducation, de la santé (CHU de Caremeau et Mas Careiron) et des retraités. Ils avaient répondu à l’appel de plusieurs syndicats comme la CGT, le FNES FSU, Solidaires. Partie du Carrée d’art Jean-Bousquet, la manifestation se termine devant le préfecture du Gard comme elle avait commencé. Cette fois la référence musicale est plus ancienne : « C’est la lutte finale… »

Une centaine de manifestants à Bagnols/Cèze

Ce matin, lors de la manifestation à Bagnols (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

À Bagnols, ils étaient une centaine selon la CGT à avoir répondu à l’appel du syndicat, de Solidaires et de la FSU ce matin. Ici, les revendications étaient avant tout nationales, opposées à l’action du Gouvernement, qui fait dans « le libéralisme sauvage », selon les termes d’Adrien Couffin de SUD Solidaires.

En cette journée nationale d’action, les manifestants ont notamment dénoncé le fait que « de plus en plus de jeunes sont plongés dans l’extrême précarité », affirmera Mohammed Hammani du SNES-FSU. Le syndicaliste dénoncera également la hausse du taux horaire du SMIC « de même pas 1 % » ou encore, pour le secteur public, « un Ségur de la santé au rabais et un Grenelle de l’Éducation qu’on nous fait miroiter sans aucune revalorisation salariale, et avec une dérive managériale extrême. » « Une mascarade » pour Aurélien Couffin.

Le représentant de SUD Solidaires s’en prendra ensuite aux « licenciements massifs alors que l’État accorde des milliards d’aides aux entreprises », comme le secrétaire de l’union locale CGT, Patrick Lescure. Le cégétiste reprendra une citation d’Emmanuel Macron, dans laquelle le président de la République annonçait le retour des « jours heureux ».

« Qu’y a-t-il d’heureux et de nouveau dans la poursuite de la casse des services publics au détriment de la population ? Dans le refus d’agir contre les multinationales qui polluent et ne paient pas d’impôts ? Dans la poursuite du refus de l’augmentation des salaires et des pensions ? Dans la poursuite et l’accélération de la précarisation des emplois ? Dans la distribution de milliards d’aides aux entreprises sans contrôle ? Dans le refus d’agir pour une relocalisation des productions stratégiques ? », lancera Patrick Lescure.

La manifestation à Nîmes ce jeudi (photo Norman Jardin)

Parmi les revendications des syndicats, on retrouve notamment l’augmentation du SMIC, le passage aux 32 heures hebdomadaires, ou encore des investissements massifs dans les services publics. « Nous pouvons gagner une autre répartition des richesses. Ce 4 février marque la construction d’un rapport de force durable », affirme le représentant de la CGT. Les syndicats donnent d’ores et déjà rendez-vous le 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, pour une manifestation autour de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes.

Norman Jardin (à Nîmes), Corentin Migoule (à Alès) et Thierry Allard (à Bagnols)

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