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ALÈS Environ 120 salariés de Merlin Gérin mobilisés contre les heures délocalisées

Les employés de Merlin Gérin avaient choisi de ne pas bloquer l'accès au site, optant pour un débrayage de plusieurs heures à la mi-journée. (Photo Corentin Migoule)
Les employés de Merlin Gérin avaient choisi de ne pas bloquer l'accès au site, optant pour un débrayage de plusieurs heures à la mi-journée. (Photo Corentin Migoule)

Ce mardi, peu avant midi, à l’appel de la CGT et de la CFDT, une grosse centaine d’employés de l’entreprise Merlin Gérin, groupe industriel propriété du groupe Schneider Electric, a débrayé devant les grilles d’entrée de l’établissement. L’annonce de la direction d’une projection de l’activité occasionnant le transfert d’environ 40 000 heures de travail dès 2021 en est en partie la cause.

Livré en décembre devant le comité social et économique (CSE), dans le cadre de la présentation de l’orientation stratégique sur trois ans, le projet de la direction de Merlin Gérin, propriété du groupe Schneider Electric, a reçu un avis défavorable des syndicats. Ainsi, ce mardi, peu avant midi, environ 120 employés du site alésien avaient répondu à l’appel conjoint de la CGT et de la CFDT pour rejeter une mesure qui engendrerait le transfert d’environ 40 000 heures d’activité, soit l’équivalent de 26 emplois, et ce pour la seule année 2021, les deux années suivantes conservant une tendance baissière.

« Il y a une participation forte sur les ateliers de production, un peu moins sur les structures et les bureaux, mais c’est assez classique pour un mouvement social », soulignait Joël Bréaud, délégué CGT et secrétaire du comité d’entreprise, dans l'attente que « les équipes du soir » ne viennent garnir les troupes. Au traditionnel blocus, les organisateurs de ce mouvement contestataire avaient préféré un débrayage de plusieurs heures.

« C’est une première étape. Un moyen de dire à la direction que la prochaine fois on va peut-être monter d’une marche. On sait très bien que pour faire basculer la stratégie d’un tel groupe, un, deux ou trois jours de mobilisation ne suffiront pas », exposait en toute lucidité Joël Bréaud, par ailleurs satisfait de la présence de Jean-Michel Suau, conseiller départemental et élu d’opposition à la mairie d’Alès.

Une délocalisation vers le Maroc

Si les délocalisations des productions de l’entreprise alésienne vers des sites Schneider implantés en Bulgarie ou en Hongrie ne sont pas tout à fait nouvelles, le délégué CGT note que « la délocalisation s’est accélérée depuis deux ou trois ans au profit d’un sous-traitant au Maroc », où le montant du salaire minimum de croissance (SMIC) est près de cinq fois inférieur à la France.

Alors qu’une ligne de montage s’apprête à filer en Hongrie avant que les produits ne reviennent à Alès pour la finition, Pierre Mounier, délégué CGT et élu au CSE, s’inquiète de l’impact environnemental : « Il y a une valse permanente de camions qui circulent entre Alès et la Bulgarie, la Hongrie et le Maroc. Le bilan carbone est désastreux ! Donc pour un groupe comme Schneider qui se veut vertueux en matière écologique, ce n’est pas très cohérent. » D’autant que « ce ne sont que des choses qu’on sait faire à Alès », complétait Joël Bréaud, qui milite pour la conservation du savoir-faire local.

« Dans deux ou trois ans ça sera notre tour »

Autre source d’inquiétude exprimée, « le recours massif à l’emploi intérimaire », qui concerne une quarantaine de salariés du site alésien. Plaidant pour des recrutements pérennes en contrat à durée indéterminée dont bénéficient 269 employés de l’entreprise alésienne, les organisations syndicales regrettent que la réponse principale de la direction soit la réduction des heures de production.

Ce mardi, le sort des salariés de l’entreprise voisine Crouzet Automatismes était dans toutes les têtes (lire ici), y compris dans celle de Pierre Mounier, qui n’hésite pas à comparer les trajectoires des deux entités : « On est sur la même pente. Si on continue sur le même rythme, dans deux ou trois ans ça sera notre tour. »

Si les élus locaux ont pris l’affaire du fabricant de moteurs électriques en main, ils ne tarderont pas à voir arriver sur la table un nouveau dossier. Car les délégués syndicaux de Merlin Gérin rencontreront le député Olivier Gaillard ce mercredi, puis la députée Annie Chapelier, le président d'Alès agglomération, Christophe Rivenq, et Max Roustan, le maire d'Alès, début février, avec l’espoir que le sous-préfet de l’arrondissement d’Alès, Jean Rampon, rejoigne aussi les négociations.

Corentin Migoule

Contactée en milieu d'après-midi, la direction de Merlin Gérin Alès n'a, pour l'heure, pas donné suite à nos sollicitations. 

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