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ASSISES « C’est un combat pour les femmes battues », selon l’accusée Catarina Castro

Photo Boris de la Cruz / Objectif Gard
Photo archive Boris de la Cruz / Objectif Gard

 « Il n’y a pas de traits d’affabulation dans la personnalité de madame Castro, souligne Adeline Paoli, psychologue au CHU de Nîmes. Elle est prête à endosser l’entière responsabilité des faits, plutôt que de voir ses enfants condamnés ». « Elle a tendance à la soumission et au sacrifice de sa personne ». Dans le box la mère de famille écoute attentivement les expertises psychologiques et psychiatriques avec ses deux fils ainés.

Concernant les violences conjugales que la mère de famille a relaté mercredi soir, « elle a un mécanisme d’adaptation à la violence. Elle se sent coupable des violences subies, et elle semble n’exister que dans son rôle de mère et pas dans celle de femme », relate la psychologue.

« Elle a un sentiment d’amour-haine à l’égard de son ancien compagnon », poursuit le psychiatre, le docteur Laurent Layet.

Catarina Castro, a été écrouée pendant 4 ans et demi avant d’être placée sous contrôle judiciaire. Elle avoue avoir des idées suicidaires et a travaillé à la Poste en CDD en novembre dernier. Elle pense que pour elle le suivi psy est essentiel : « ça m’évite de sombrer, mais pour moi la vie n’a pas de sens, sauf mes enfants qui comptent plus que tout. Je n’ai pas de projet, il n’y a pas d’avenir pour moi ».

Catarina Castro, accusée d'avoir assassinée le père de ses enfants, avec son conseil maître Aoudia

Concernant le drame survenu dans la nuit du 30 au 31 août 2015 dans la maison familiale de Milhaud: « c'est un combat pour les femmes battues » dit-elle. « Il était incontrôlable, dans ma tête je voulais sauver ma vie et celle de mes enfants », complète-t-elle sous le feu des questions de Maître Darrigade, l'avocat de la famille de Badre Fakir.

"Depuis le début du procès j'ai l'impression d'être en défense et de devoir défendre Badre Fakir.... Je rappelle que c'est la victime et que sa famille veut des réponses, je rappelle également que Badre c'est vous qui l'avez abandonné et carbonisé sous un tunnel", glisse le pénaliste montpelliérain en remettant chacun à sa place, et avant d'enchaîner une série de questions à l'accusée Catarina Castro. "Dans vos mensonges vous avez le souci du détail", ajoute Maître Darrigade. La mère de famille, elle, répète qu'elle est à l'origine des faits criminels et concernant la "crémation" du corps" de son "mari", "mes enfants ont réagi sous mes ordre, j'ai dit à mon fils de brûler le corps de son père", insiste l'accusée.

Pour Mickaël, le fils aîné, dès sa première rencontre avec le psychiatre, il a expliqué, «qu' il est venu aider sa mère avec son petit frère, il a transporté le corps avant de le brûler et dénonce son père « comme un ancien caïd, violent ». « Il nous faisait la misère et avec la coke encore plus ». « Il nous mettait des tartes gratuitement ». Comment voyez-vous la vie après, demande le président Emmanuelidis ? "Je vais essayer de me reconstruire, d’avoir des enfants ».

Puis vient le tour de Jordan, il était dans la maison le soir du drame. Interrogé, il se définit comme quelqu'un de "réservé, timide, je n’aime pas trop parler. Les coups j’en ai pris beaucoup, j’ai l’habitude, mais ce qui fait mal c’est quand les petits sont frappés. Voir son frère alors qu’il a 4 ans être soulevé par des gifles, c’est terrible ». Votre projet monsieur, demande le président ? « être libéré ». Selon les experts, « il n’est pas affecté par la mort de son père », et vit « comme un ermite ». « Ma mère est toujours là pour moi », indique pêle-mêle le psychiatre en faisant le résumé de cet homme de 24 ans considéré comme taiseux.

Les interrogatoires des accusés vont se poursuivre ce vendredi matin et les parties civiles doivent plaider dans l'après-midi. Le procès va durer plus longtemps que prévu, avec un verdict attendu samedi.

B.DLC

 

Boris De la Cruz

Journaliste, je suis passionné par les faits divers, la justice et la politique. Je collabore à Objectif Gard et à des médias nationaux.

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Un commentaire

  1. Donner 14 ans pour un tortionnaire tué, c’est beaucoup pour ses victimes. Nos juges trouvent des excuses à n’importe quel crimes, mais une femme battue doit se laisser faire.

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