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NÎMES Occupation de la SMAC Paloma : les intermittents toujours déterminés

De gauche à droite : Alexandre, représentant des occupants de Paloma, Fred Jumel, directeur de la SMAC Paloma, Julien, technicien intermittent et Denis Lanoy du syndicat français des artistes SFA-CGT. (Photo : Stéphanie Marin/ObjectifGard)

Le 11 mai dernier, Élisabeth Borne, ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion, et Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, ont présenté les mesures prévues en faveur des intermittents du spectacle à compter du 1er septembre. Des mesures jugées "insuffisantes" par les acteurs de la culture.

Les intermittents du spectacle sont bien déterminés à poursuivre la lutte. Depuis neuf semaines, certains d'entre eux occupent la SMAC Paloma. Et à la veille de la réouverture des lieux culturels, les occupants n'entendent pas lever le camp mais ont décidé de changer les modalités de leur mouvement.

"Notre but n'est pas d'empêcher les copains de travailler. L'occupation ne se fera plus sur des temps nocturnes, mais diurnes", a précisé Alexandre, le représentant des occupants de salle nîmoise, lors d'une conférence de presse ce mardi. Avec l'accord de la direction mais aussi des artistes qui se produiront sur cette scène, le collectif souhaite pouvoir intervenir avant chaque spectacle "pour sensibiliser les publics à tout ce qui nous semble essentiel à travers nos différentes revendications".

Les réponses apportées aux revendications des occupants des lieux culturels sont jugées "insuffisantes". (Photo : Stéphanie Marin/Objectif Gard)

Des revendications auxquelles Élisabeth Borne et Roselyne Bachelot ont apporté des réponses "insuffisantes", d'après les militants. Parmi eux, Denis Lanoy du syndicat français des artistes SFA-CGT. "Nous nous réjouissons de la réouverture des lieux mais elle ne règle en rien les problèmes sociaux et politiques dans lesquels nous sommes englués. Suite au rapport Gauron, le ministère de la Culture accompagné du ministère du Travail ont repris un certain nombre de nos revendications a minima", a-t-il déclaré.

Quant à la principale revendication portée par les militants, soit l'abrogation de la réforme de l'assurance chômage qui entrera en vigueur le 1er juillet, Denis Lanoy insiste : "Elle n'a pas été entendue donc légitimement pour nous le mouvement continue." Et ce dernier de poursuivre : "Pour permettre au plus grand nombre d'entre nous de pouvoir repartir sur des bases de vie quotidienne à peu près sereines, nous demandions également la reconduction de l'année blanche sur 12 mois à partir du moment où il y a une réelle reprise de l'activité. Je dis bien reconduction, parce que ce que nous avons obtenu, c'est une prolongation jusqu'au 31 décembre. Ce qui ne permet pas d'envisager pour l'ensemble des intermittents du spectacle d'être assurés d'avoir suffisamment cotisé pour continuer à percevoir des indemnités chômage."

La SMAC Paloma est occupée par les acteurs de la culture depuis neuf semaines. (Photo : Stéphanie Marin/Objectif Gard)

Une inquiétude qui se justifie dans le fait que l'ouverture des lieux culturels, qui prendra effet à compter de ce mercredi 19 mai, est organisée en mode dégradée. Lui aussi heureux de rouvrir au public la SMAC Paloma dont il est le directeur, Fred Jumel reste toutefois vigilant. "Une réouverture ne veut pas dire que le secteur repart comme à la normale. Nous sommes très inquiets sur le fait que nous n'avons aucune visibilité sur un plan d'accompagnement de nos lieux et des plus précaires. Les conditions de réouverture sont contraintes avec l'impossibilité d'organiser des spectacles debout mais aussi avec des jauges qui aujourd'hui ne nous permettent pas d'être sur des équilibres ou des actions telles qu'on les portait jusqu'à présent."

Alors jusqu'à la fin de l'été, la SMAC Paloma organisera de "petits événements" pour la majeure partie en extérieur et hors les murs. "Mais on a beaucoup d'inquiétudes en ce qui concerne la rentrée de septembre puisque de nombreuses tournées ont été annulées car l'économie de nos lieux ne permet pas de maintenir des spectacles qui étaient prévus sur des jauges à 1 400 personnes, souligne Fred Jumel. Les salariés de nos structures, autant artistes que techniciens, ont subi une grosse précarité pendant ces 15 derniers mois et ne retrouveront pas le plein emploi comme on pourrait l'espérer. Pour beaucoup, ça induit des réorientations professionnelles, ça empêche les nouveaux entrants de pouvoir accéder à ces métiers. Donc nous restons toujours engagés auprès des occupants pour défendre les intérêts et les droits de chacun."

Une manifestation le 22 mai à 11h devant la Maison carrée

"Nous sommes dans une situation encore totalement empêchée et pas pérenne, martèle Julien, technicien intermittent.  Nous parlons de Paloma, qui est une SMAC subventionnée, mais il ne faut pas oublier tout le secteur privé, toutes ces salles qui ne pourront pas ouvrir avec une jauge à un tiers. On a l'impression que nous sommes face à des gens qui ne nous écoutent pas, qui ne nous comprennent pas."

Mais pas question pour les militants de baisser les bras. Bien au contraire ! Le mouvement va prendre un nouveau tournant avec l'organisation de nouvelles actions fortes prenant exemple sur l'opération menée le week-end dernier par des militants du Sud-Ouest avec l'ouverture des barrières de péage. Avant cela, une mobilisation nationale est prévue ce samedi 22 mai. À Nîmes, le rendez-vous est fixé à 11h sur le parvis de la Maison carrée. Les occupants de Paloma ont également demandé à être reçus par la préfète du Gard, Marie-Françoise Lecaillon.

Stéphanie Marin

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