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GRAU-DU-ROI Interdiction de la pêche au lancer sur Port-Camargue : une association appelle à la tolérance

Serge Peroni et Marc Mandon sont à la tête de l'association de pêche sportive du littoral gardois. (Photo Boris Boutet)
La pêche est interdite sur le lac du Salonique. (Photo Boris Boutet)

Après que plusieurs de leurs membres aient reçu des avertissements de la part de la gendarmerie et de la police municipale en exerçant leur loisir, l'association des pêcheurs sportifs du littoral gardois appelle à la tolérance et souhaite rencontrer le maire du Grau-du-Roi, Robert Crauste. 

"On n'ennuie personne, on veut juste pratiquer notre loisir." Charles Quinto est désabusé. Ce retraité installé à Port-Camargue est passionné de pêche. Un sport qu'il pratique en amateur à quelques dizaines de mètres de chez lui, sur l'étang de Salonique. "C'est la seule zone accessible pour les personnes en fauteuil roulant", explique-t-il. Oui mais voilà, la pêche sur place est interdite depuis 2012 pour des raisons sanitaires. Plus récemment, l'étang est devenu un lieu de protection de la ressource halieutique. Et Charles Quinto a reçu un rappel à la loi de la police municipale.

Fréquentant le port de plaisance de Port-Camargue, Serge Peroni et Marc Mandon - respectivement président et vice-président de l'association des pêcheurs sportifs du littoral gardois qui revendique 200 membres - ont eux aussi été épinglés par les forces de l'ordre.

"On nous a menacé d'une amende de 1 500 €, soulignent-ils. Que la pêche soit interdite de manière professionnelle dans les ports on le comprend, que l'on dise non aux lignes dormantes aussi. Mais que l'on empêche des retraités d'avoir une canne dans les mains, ce n'est pas normal. Depuis toujours, la pêche est tolérée sur place. Je ne comprends que l'on décide de nous sanctionner alors que l'on ne fait rien de mal." 

Les dégâts des crins de pêche

Pour autant, le règlement du port depuis 2011 est clair. Il mentionne la tolérance pour "la pêche à la ligne à main, côté large seulement" et interdit strictement "la pêche au lancer" et les canes à moulinet fréquemment utilisées par les pêcheurs amateurs. Reçus par deux adjoints au maire, les pêcheurs souhaitent désormais rencontrer Robert Crauste pour "discuter et trouver un compromis." Ce dernier se dit "ouvert au dialogue" mais rappelle qu'il s'agit de "règlements qui ne sont pas nouveaux et datent de mon prédécesseur." 

"En concertation avec la Région, nous avons accompagné une démarche de concertation avec les pêcheurs pour définir ce qui était tolérable ou non, poursuit le maire. Nous avons été confrontés à des situations gravissimes." Dans son viseur notamment, des crins de pêche qui se prennent régulièrement dans les hélices des chalutiers créant des voies d'eau dans leurs bateaux. "Quand cela arrive, le navire est immobilisé plusieurs jours, pointe Robert Crauste. Pour le dernier dossier en date la Ville a été condamnée à 14 000 € de dommages à verser à un propriétaire de chalutier pour couvrir le préjudice subit." 

De quoi justifier selon lui une vigilance accrue concernant la pêche au lancer. "Nous avons déjà réuni les associations de pêcheurs pour leur demander de ne pas perturber le retour des chalutiers dans le chenal maritime entre 16 heures et 19 heures, je ne vois pas ce qu'on peut faire de plus", avance-t-il. Craignant une lourde amende, les pêcheurs affirment quant à eux pratiquer leur passion "le matin à 6 heures, pour ne pas être pris en défaut par la police". Une solution qu'ils espèrent provisoire avant une normalisation de la situation.

Boris Boutet

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