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LÉGISLATIVES 4e circonscription : un « zemmourien repenti » candidat pour le RN

Pierre Meurin (RN) l'a emporté, sur la 4e circonscription avec 54,49% des suffrages (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Le délégué départemental du RN Yoann Gillet aux côtés du candidat du RN sur la 4e circonscription Pierre Meurin (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Pierre Meurin, 32 ans, portera les couleurs du Rassemblement national pour les législatives sur la 4e circonscription (Alès – Pont-Saint-Esprit). Un profil particulier, puisqu’il a été un des proches lieutenants d’Eric Zemmour. 

Juriste en droit public de formation, désormais commercial dans les énergies renouvelables installé à la sortie de Pont-Saint-Esprit, ancien directeur de cabinet de Gérard Dézempte, maire d’une commune dans l’Isère, Pierre Meurin n’a aucun problème a parler de son passé chez Eric Zemmour. « Je suis un zemmourien repenti », dit-il. 

Le trentenaire indique qu’il avait, un temps, « pensé qu’Eric Zemmour allait décloisonner la droite », avant de se « rendre compte que c’était une impasse politique. » Dans le même temps, il dit s’être « trompé sur la campagne de Marine Le Pen, j’ai vu une campagne de terrain, un programme beaucoup plus sérieux qu’en 2017 et une femme prête à gouverner. » Il a voté pour elle « aux deux tours », prend-t-il soin de préciser. 

Désormais, il est dans le camp du RN, un camp qui nourrit de grandes ambitions sur la 4e circonscription, où Marine Le Pen a réuni 56,2 % des suffrages au second tour de la présidentielle. « C’est une circonscription cible pour nous », confirme Yoann Gillet, délégué départemental du RN. Et il n’hésite pas à souligner l’aspect ancien zemmourien de son candidat, « qui montre que de nombreux électeurs ont pu se tromper, croire en Eric Zemmour et comprendre que la seule opposition crédible est le RN. » 

Cette candidature est donc aussi un moyen de « tendre la main » aux électeurs d’Eric Zemmour, comme le dit Pierre Meurin. Si l’objectif global est de « ne pas voter les pleins pouvoirs à Emmanuel Macron », martèle Yoann Gillet, le candidat pointe plusieurs priorités s’il est élu, à commencer par les fondamentaux de son nouveau parti : « la sécurité et l’immigration. » « Il y a un gros problème d’insécurité sur la circonscription », avance-t-il. 

Et s’il présente sa candidature à Pont et pas à Alès, c’est qu’il s’intéresse aux questions de « dévitalisation des centre-villes » dans une ville « très marquée par les questions d’insécurité », on y revient. Sans doute aussi que le fait que Pont-Saint-Esprit ait placé Marine Le Pen largement en tête au second tour de la présidentielle, avec 58 % des voix, pendant qu’Alès donnait une majorité à Emmanuel Macron, n’y est pas totalement étranger. 

Pierre Meurin s’inscrit aussi en défenseur du patrimoine, des personnes en situation de handicap et… des automobilistes. « Il faut arrêter de punir les automobilistes, je suis contre les zones à faibles émissions dans les villes », dit-il, avant de qualifier les radars de « pompe à fric. » Le candidat parle d’un « grand programme sur la mobilité » et s’en prend aux fermetures de lignes de train, sur un territoire qui va voir la sienne rouvrir dans les prochains mois. 

Changeant de sujet, Pierre Meurin affirme ensuite que « le RN, c’est le front républicain », renversant le sens de cette expression qui définit justement l’opposition au parti d’extrême-droite. Un « front républicain » donc, entre un Emmanuel Macron « président des crises qui a largement contourné les institutions en méprisant le parlement », et une union de la gauche « qui préfère la créolisation, la défense des immigrés et ne sert pas le pouvoir d’achat. » 

Revenant sur Emmanuel Macron, Pierre Meurin évoque les nombreuses oppositions qui ont fleuri durant le quinquennat sortant, dont la tribune des généraux. Quand on lui fait remarquer que ladite tribune parlait ouvertement de guerre civile, le candidat RN affirme qu’il « préfère donner une espérance aux Français plutôt que de cogner sur les angoisses. » Soit. 

Pierre Meurin annonce « une campagne de terrain », et dit s’être mis en disponibilité de son travail pour s’y consacrer. « Je vais y aller à 300 %, il en va de l’intérêt de la France », lance-t-il. Il sera épaulé de Brigitte Roullaud comme suppléante, elle qui était candidate en 2017 sur cette même quatrième circonscription. 

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

Thierry Allard

34 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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