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LÉGISLATIVES « L’urgente » mise au point d’Arnaud Bord pour contrer « les dissidences » du Parti socialiste

Arnaud Bord, candidat de l'union de la Gauche sur la 4e circonscription. (Photo Corentin Migoule)
Arnaud Bord, candidat de l’union de la Gauche sur la 4e circonscription. (Photo Corentin Migoule)

Au terme d’une semaine intense de tractations, le premier secrétaire fédéral du Parti socialiste (PS) dans le Gard a obtenu l’investiture de l’Union populaire écologique et sociale sur la 4e circonscription. À l’occasion d’une conférence de presse organisée à la hâte ce samedi matin, l’élu d’opposition à la mairie d’Alès s’est offert une mise au point visant à ramener de la « clarté » aux militants de Gauche à l’heure où les dissidences internes affectent le PS. 

L’heure tardive de l’invitation envoyée à la presse ce vendredi soir illustre selon lui à merveille « l’urgence » de la situation. Car après une semaine « fatigante » et « stressante » à l’issue de laquelle il vient d’obtenir l’investiture pour incarner l’union de la Gauche sur la 4e circonscription lors des élections législatives, Arnaud Bord goute peu à l’actualité de son parti qui se déchire sur la place publique depuis que plusieurs ténors du PS fustigent la stratégie du premier secrétaire Olivier Faure.

« Il faut qu’on regagne en sérénité », embraye d’emblée l’ancien syndicaliste CGT qui fêtera ses 40 ans dans quelques jours. « En validant à 62% l’accord national avec les autres formations de Gauche, le PS a fait le choix de l’union. Mais il n’a pas signé un accord pour se ranger systématiquement derrière Jean-Luc Mélenchon. Il faut stopper les caricatures », poursuit le dernier nommé qui, aux mots « reddition » et « renoncement », préfère le terme « compromis ».

« Il prend sa responsabilité personnelle de faire perdre la Gauche »

Car si les points d’achoppements du Parti socialiste avec La France insoumise sont « nombreux », notamment en ce qui à trait à la vision de l’Europe, la politique internationale et la laïcité, « ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous divise », ose croire Arnaud Bord. Chiffre à l’appui, le premier secrétaire fédéral du PS (30) en veut pour preuve les « 80% de textes votés à l’Assemblée nationale de la même manière » par LFI, le Parti communiste et le parti à la rose lors du dernier quinquennat.

L’analyse réalisée par celui qui se range parmi ceux qui, au PS, « pensent qu’on doit porter nos valeurs de manière différentes pour tendre vers une résurrection », n’est pas celle que font certains ténors du Parti socialiste s’imaginant plutôt que leur formation politique constitue toujours « une force centrale », en dépit du piteux résultat de leur candidate Anne Hidalgo lors du premier tour de la Présidentielle (1,75%). Localement, la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, et le sénateur gardois Denis Bouad, font partie de ceux-là si l’on en croit leur dernière sortie respective dans la presse (relire ici).

« Ceux qui font le choix de la dissidence doivent faire attention. Ce n’est pas le bon chemin », prévient Arnaud Bord. Et d’ajouter : « Il ne faut pas oublier la volonté initiale de cet accord. C’est de s’opposer à la politique libérale de Macron. Ça serait dangereux de lui laisser les pleins pouvoirs ! » À l’échelle départementale, le choix du socialiste Martin Delord de s’affranchir de l’accord national pour briguer la députation sur la 5e circonscription, alors que Michel Sala a été investi candidat de l’union de la Gauche, s’inscrit pleinement dans cette ligne dissidente (relire ici). « Il prend sa responsabilité personnelle de faire perdre la Gauche », commente sans détour Arnaud Bord.

« La digue de la Droite républicaine va céder »

D’autant qu’en obtenant l’investiture sur 70 des 577 circonscriptions malgré la faiblesse de son score national (1,75%), le PS peut difficilement se permettre de faire la fine bouche. « Je salue la force des négociateurs du parti qui ont assuré la pérennité du PS à l’Assemblée nationale », apprécie à ce titre l’élu d’opposition alésien. Ces derniers ne seraient en revanche pas allés assez loin, sacrifiant sur l’autel du « tripatouillage » la socialiste Katy Guyot sur la 2e circonscription gardoise au profit d’une élue insoumise, au grand dam de Carole Delga (revoir ici). « Sur ce point, je salue l’attitude de Carole Delga. Elle respecte le PS en défendant Katy Guyot qui est aussi à mes yeux la meilleure candidate pour sortir le Rassemblement national du territoire », insiste Arnaud Bord.

Car le candidat de l’union de la Gauche sur la 4e circonscription a fait de l’Extrême-droite son « principal adversaire » en prédisant un duel au second tour l’opposant au candidat RN. Un pronostic engagé sur la base « du marasme qui accompagne les négociations entre la Droite et le Centre » pour trancher entre les candidatures de Jean-Pierre De Faria et de Philippe Ribot, au point de porter à croire le socialiste que « la digue de la Droite républicaine va céder ».

Ces points abordés, c’est avec « soulagement » et « détermination » qu’Arnaud Bord a mis le cap sur les Législatives en annonçant sa participation à une nouvelle conférence de presse organisée ce lundi matin, à Alès, aux côtés de Michel Sala et d’Irène Lebeau, candidats de l’Union populaire sur la 5e circonscription. À 35 jours du premier tour du scrutin, celui qui s’était effacé au profit de Paul Planque lors des élections municipales de la ville d’Alès en 2020 y présentera sa suppléante, « issue d’une autre famille politique » que la sienne pour « incarner l’union ».

Corentin Migoule

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