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FAIT DU SOIR Nîmes métropole : 20 ans de projets et de batailles politiques

Ce jeudi soir à la salle de spectacle Paloma pour les 20 ans de Nîmes métropole (Photo : Sacha Virga)
Les représentants des communes fondatrice de Nîmes métropole, ce jeudi soir à la salle de spectacle Paloma pour les 20 ans de l’Agglo (Photo : Sacha Virga)

Créée en 2002, la communauté d’agglomération Nîmes métropole a construit de nombreux équipements publics (Tram’bus, piscine Nemausa, salle de spectacle Paloma…). Des projets qui ont parfois donné lieu à d’âpres batailles entre les élus communautaires. 

À Nîmes, au bord du périphérique, le Colisée a été le théâtre de grands moments de la politique locale. Dans ses couloirs se sont chuchotés d’indiscrets secrets et se sont préparées d’inattendues stratégies politiques. Ce jeudi à Paloma, l’actuel président de Nîmes métropole, Franck Proust, célèbre le vingtième anniversaire de l’Agglo. Il y a 20 ans, en décembre 2001, était ratifié la création de la communauté d’Agglomération de Nîmes métropole par le préfet de l’époque, Michel Autier. 

Dépenser moins et mieux l’argent public

Ce nouvel échelon administratif est alors présidé par le poids lourds de la Droite locale : Jean-Paul Fournier, maire depuis seulement huit mois de la ville centre, Nîmes. Dans la première édition du journal communautaire, l’édile se veut rassurant : « Nîmes métropole n’a pas vocation à se substituer aux communes. » Pourquoi de telles précautions ? Parce que les prérogatives de Nîmes métropole sont des pouvoirs transférés depuis les mairies. « À l’époque, l’Agglomération était un grand pari et pas du tout une évidence. De temps à autre, l’intérêt communal peut ressurgir », relève Franck Proust.

« Vous pouvez être fiers de l’action engagé. C’est tellement plus facile de se diviser que de se rassembler… J’ai une grande affection et une grande tendresse pour Jean-Paul Fournier (…) Mon rêve, c’est de revenir à Nîmes !  », a commenté Nicolas Sarkozy dans un message vidéo diffusé à la cérémonie des 20 ans de Nîmes métropole. (Photo : Sacha Virga)

Le Colisée, siège de l’Agglo, est inauguré en 2003 par Nicolas Sarkozy, à l’époque ministre de l’Intérieur. « Notre ambition est d’en faire un outil pour l’aménagement harmonieux et le développement durable du territoire », martèle Jean-Paul Fournier. Au départ, 14 maires prennent part à l’aventure (Bernis, Bouillargues, Caissargues, Marguerittes…). Ils transfèrent leurs premières compétences en 2001 (la gestion des transports, le développement économique et l’aménagement des zones d’activités économiques). En 2005, place à la l’entretien et au développement du réseau d’assainissement puis, en 2022, à la collecte des déchets.

Cette nouvelle organisation territoriale se doit de répondre aux besoins de la population. En 2015, le maire de Saint-Chaptes Jean-Claude Mazaudier confiait :  « Il n’est pas possible pour une commune seule d’entretenir une station d’épuration. Les normes sont trop importantes et les financements publics sont de plus en plus rares. » Ces 20 dernières années, Nîmes métropole a fait sortir de gros équipements de terre : le stade nautique Nemausa en 2007, la première ligne TSCP ou la salle de spectacle Paloma en 2012. Situés essentiellement à Nîmes, aucune mairie n’aurait pu financer seule ces projets. 

Batailles politiques et guerres intestines

Si Nîmes métropole était un défi en 2002, elle l’est encore aujourd’hui. Les transferts de compétences imposées par le législateur font parfois tousser les élus… Surtout quand l’exécutif communautaire connaît quelques divergences avec le maire d’une commune. Qui ne se souvient pas de la guerre Fournier-Lachaud qui a sévit au Colisée de 2014 à 2021 ? En 2014, le maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier, décide de céder les clefs du Colisée à son rival, le Centriste Yvan Lachaud, de peur de perdre les Municipales. S’est ensuivie une harassante lutte de pouvoir.

Les épisodes de cette guerre sont nombreux. Démutualisation des services entre la Ville et l’Agglo, bataille de la mairie de Nîmes pour conserver la gestion de son office du tourisme, désaccord autour du transfert des zones d’activités économiques qui, in fine, a dû être arbitré par le préfet. La  gestion de la zone d’activité économique Magna Porta ou l’achat de l’Errie ont aussi fait l’objet du déchirement de la Droite nîmoise. Sans parler du changement de délégataire du réseau d’eau et d’assainissement, qui a mis quelques élus en ébullition, après 48 ans de gestion assuré par la Saur.

« L’anniversaire fige le temps pour regarder le chemin parcouru et fixer l’objectif à atteindre », a prononcé le président de Nîmes métropole Franck Proust (Photo : Sacha Virga)

Il n’a pas fallu attendre l’arrivée d’Yvan Lachaud pour que des projets de Nîmes métropole fassent polémique. Souvenez-vous, le premier Tram’bus  a vu sa naissance annulé par la justice, mettant en cause le caractère illégal de l’abattage d’arbres. « C’est la conclusion malheureuse d’un projet mené à marche forcée, au mépris de la loi, et surtout des contribuables nîmois », taclait alors le président socialiste du conseil départemental du Gard, Damien Alary, qui lorgnait sur la Mairie de Nîmes. Quelques années auparavant, le maire de Redessan, Hervé Giely, provoquait quelques sueurs froides à Jean-Paul Fournier concernant le financement de la piscine Nemausa. 

Et maintenant ?

Vingt ans après sa création, Nîmes métropole compte 39 communes, soit 104 élus représentants 262 000 habitants. Dernières arrivées en date : les communes de Leins Gardonnenque en 2017 après que la loi NOTRe a sonné le glas des intercommunalités de 15 000 habitants. L’Agglo s’est vue dotée de nouvelles compétences, largement encouragées par le législateur et défend d’autres projets pour répondre aux besoins de ses administrés : création de la zone économique Magna Porta autour de la gare Nîmes-Pont du Gard, troisième voie ferroviaire, base européenne de Sécurité civile ou deuxième prison sur la base Oc’via. Une chose est sûre : l’histoire de l’Agglo n’en est pas à son dernier chapitre.

Coralie Mollaret 

coralie.mollaret@objectifgard.com 

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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