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AU PALAIS Une octogénaire frappée par son compagnon : « Je lui ai mis un carton »

(Photo d'illustration : Anthony Maurin)
(Photo d’illustration : Anthony Maurin)

À 77 ans, il n’avait jamais vu une salle d’audience. C’est en boitant et aidé d’une canne qu’il s’approche de la Cour pour s’accrocher à la barre, aidé par son avocat Me Olivier Hasenfratz.

Il réfute avoir frappé de façon régulière celle qui fût sa compagne de 2017 à 2020. Pour lui, il s’agit d’un seul mauvais geste suite à une agression qu’il subissait, une griffure au visage précisément dont il prétend avoir été victime. Pour cet ancien musicien professionnel, qui affirme avoir parcouru le monde et joué dans de grands cabarets, sa dernière note est celle d’un prévenu condamné en première instance pour des « violences conjugales ». Derrière cette « inexpérience » judiciaire se cachent des faits qu’il a du mal à justifier.

« On a des constations médicales, monsieur. Des hématomes importants à plusieurs endroits du corps. Comment vous pouvez justifier les blessures ? », interroge le président de la cour d’appel correctionnelle, Olivier Guiraud. « Elle m’a insulté, puis griffé, j’ai juste essayé de la repousser », prétend le prévenu qui réfute catégoriquement les violences habituelles reprochées. « Il y a juste ce 12 juillet 2020. Vous savez, nous avons vécu de beaux moments. Je lui ai écris de nombreux poèmes et je l’aimais », poursuit-il.

« Je vais te fracasser »

Pourtant les photos et constations médicales semblent l’accabler. « C’est d’ailleurs un médecin et non pas la victime qui a dénoncé les violences à la Justice », souligne maître Rémi Porte pour l’octogénaire, absente des débats judiciaires et aujourd’hui pensionnaire dans un Ephad. Cette dame, âgée de 80 ans au moment des faits, a poussé la porte d’un hôpital en juillet 2020 avec un médecin qui a constaté les blessures et prescrit une ITT de quatre jours. Mais le plus accablant dans ce dossier restent les mots. Un jour alors que madame était en conversation téléphonique avec un de ses enfants, elle a oublié de raccrocher. Une erreur de manipulation qui va permettre de découvrir le pot aux roses… Immédiatement après, la voix de monsieur est enregistrée. Il hurle à sa compagne :  » Je vais t’en mettre une, je vais te fracasser« .

Après cette épisode de violence de juillet 2020, le petit fils de la victime approche le septuagénaire qui lui répond : « Je lui ai mis un carton ! » Pour l’avocat général il n’y a pas de doute concernant l’acte du 12 juillet 2020. « Il s’agit de faits évidents de violences dont il essaie par tous les moyens de minimiser l’importance ». Le parquet général ne retient pas les violences habituelles dans ses réquisitions et réclame 10 mois de prison avec sursis pour le prévenu. La cour d’appel rendra sa décision en août prochain.

Boris De la Cruz

Boris De la Cruz

Journaliste, je suis passionné par les faits divers, la justice et la politique. Je collabore à Objectif Gard et à des médias nationaux.

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