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CHUSCLAN Joris Delacroix joue sur ses terres : « Ici j’ai tous mes repères »

Le musicien et DJ Joris Delacroix (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Joris Delacroix et Mathieu Rivier, de Maison Rivier à Chusclan (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Le musicien et DJ Joris Delacroix sera en DJ set chez Maison Rivier à Chusclan le samedi 13 août. 

Originaire de Saint-Victor-la-Coste, celui qui s’est fait un nom sur la scène électro jouera pour une fois à domicile. L’occasion d’une petite discussion entre deux dates d’un été jalonné de festivals en France et en Europe. Interview. 

Objectif Gard : Vous allez jouer à domicile ce 13 août, dans un été intense de tournée, comment abordez-vous cette date forcément particulière ?

Joris Delacroix : C’est vrai que je l’aborde de manière un peu plus cool que les autres, forcément ici j’ai tous mes repères. Après il y a vraiment l’excitation de participer à quelque chose de local, ayant mes racines ici c’est pour moi important, et encore plus de le faire autour du vin, sachant que je suis d’une famille de vignerons. Ça me fait vraiment plaisir de faire ce concept, c’est le genre d’initiatives que j’ai envie de soutenir. 

Vous voyagez beaucoup avec votre musique. Que préférez-vous : studio ou scène ?

L’un ne va pas sans l’autre en fait. Tu vas au studio pour aller sur la scène, et sur la scène je prend de l’énergie pour la remettre au studio, c’est très lié. Je sais qu’il y a des artistes qui préfèrent faire que tourner, d’autres rester tranquilles au studio, moi j’ai besoin des deux. C’est comme ça que j’existe. 

Cet été c’est un peu le grand retour des festivals. Le public a dû vous manquer, comment le sentez-vous cet été ? Il est vraiment revenu ?

Les gens ont la dalle de ouf. Ça a été limite une surprise. Pendant qu’on ne tournait pas, c’était quelque chose qu’on espérait, on se disait les gens ne vont pas sortir pendant deux ans, on avait peur que les gens perdent l’habitude de faire des soirées, que d’autres activités remplacent ça. Au final non, tous les festivals sont blindés, à chaque fois que je fais un événement quasiment à chaque fois c’est complet, donc il y a vraiment une volonté de se retrouver, de retrouver la musique en extérieur, ça fait plaisir et ça rassure. 

C’est plus compliqué pour les salles… 

Oui, mais l’été ce n’est pas ce qui marche le plus, et quand les salles ont réouvert on était encore à moitié dans le covid. Il y a un écrémage qui s’est fait au niveau des salles, c’est sûr, mais je vois toutes les salles où j’adore aller, elles sont toujours là. Je suis quand même assez optimiste pour la suite. 

Votre musique a une particularité, une marque de fabrique : la mélodie… 

C’est ce que j’ai toujours fait. Ma sensibilité est là-dessus. Après, ce n’est pas pour autant que j’essaie pas de la faire évoluer, cette mélodie à la base assez douce, assez planante, je me rends compte qu’aujourd’hui, souvent j’ai envie de la faire d’une manière un peu plus énervée. C’est ce qui me parle en ce moment. Toute ma carrière a été de chercher à trouver des moyens de garder cette identité qui m’est propre et qui m’est chère, et de la faire voyager à travers les époques, et à travers ma sensibilité du moment. 

Vos racines sont ici, mais vos racines musicales sont plutôt à Montpellier… 

Après je ne distingue pas trop Montpellier d’ici parce qu’ici, quand on sortait ce n’était pas très axé électro, donc dès que j’ai commencé à sortir j’allais à Montpellier. Je me suis toujours plus ou moins identifié à Montpellier, la grosse ville d’ici. 

Montpellier au sens Bar Live, Villa Rouge…

Exactement. Toute la team de potes du coin on allait à Montpellier, ça faisait partie de nous. 75 % de ma culture musicale s’est faite là-bas. Je me souviens d’un matin au Bar Live, j’écoutais la musique, ça devait être la troisième fois que j’y allais, et je me suis dit : « Je veux faire ça, ça va être ça ma vie. » 

Et vous vous y êtes installé… 

Oui, j’avais envie de vivre en ville, j’ai vécu cinq ans à Paris et j’avais envie de revenir, de rester proche de l’endroit où j’ai grandi. Mais ce n’est pas dit qu’un jour je ne me barre pas à l’étranger, c’est un truc auquel je pense aussi, mais c’est là où j’ai mes repères. 

Vos projets pour finir : il y a des singles, et un album en préparation ?

Pas encore, l’album je commence à y réfléchir. Le fait de rester sur du single me permet d’avoir une chose assez importante pour moi, qui est de faire un morceau et de le partager quasiment de suite. Si je fais un album, il va falloir que je reste silencieux pendant un an, le temps de le composer bien, de le produire, de tout faire autour. Là avec la reprise des concerts j’ai envie de garder la spontanéité, j’ai envie aussi de faire un peu de recherche musicale, ce que je peux moins faire quand je suis dans le process d’un album, car il faut que je sois un peu plus décidé sur ce que je dois faire, ce que je dois proposer, avoir un concept de base. Là pour l’instant je m’autorise à faire des singles à chaque fois assez différents, de tâter un peu tout. Après, je sens que j’ai une nouvelle vibe qui commence à émerger de tout ça, et l’envie de faire un album commence à revenir, je pense qu’il verra le jour peut-être l’année prochaine, peut-être dans deux ans, mais pas avant. 

Donc le format album vous y croyez encore, malgré l’évolution de la consommation de la musique, avec les plateformes ?

Il y a toujours de la place pour un album, c’est juste qu’à mon sens il ne faut plus se lancer aveuglément dans un album comme avant parce que c’était la base. Je pense qu’aujourd’hui, bosser du single c’est très important pour installer quelque chose, et une fois qu’on sent que cette chose est installée, poser un concept d’album reste toujours quelque chose qui marche. Mais je prend moins ça comme le process de base, même à travers les singles on peut raconter quelque chose, c’est juste que c’est étalé dans le temps. Après, clairement, dans mon schéma de carrière tel que je l’ai dans la tête, il va falloir que je refasse un album à un moment donné, c’est sûr. 

Propos recueillis par Thierry Allard

Plus d’infos sur l’événement ici. 

Thierry Allard

34 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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