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ALÈS Bientôt retraité, Philippe Roche transmet son « Grand bleu » à un jeune passionné

Philippe Roche, bientôt retraité, cède Le Grand bleu à Olivier Merle. (Photo Corentin Migoule)
Philippe Roche, bientôt retraité, cède Le Grand bleu à Olivier Merle. (Photo Corentin Migoule)

Installé au n°2 rue de la Meunière depuis près de 20 ans, le commerce alésien spécialisé dans la vente de fruits de mer va changer de mains. Un jeune Vézénobrien de 33 ans fera perdurer Le Grand bleu, une institution que lui cède Philippe Roche, bientôt retraité.

Le mardi 4 octobre au matin, Olivier Merle ouvrira pour la toute première fois les portes du Grand bleu aux clients en qualité de propriétaire. Originaire de Nice où il a fait ses classes en poissonnerie chez un géant de la grande distribution, ce souriant trentenaire vit aujourd’hui à Vézénobres après y avoir suivi sa compagne « par amour ».

Et, après plus de dix ans chez Métro puis chez Promocash, lassé de son statut de salarié, celui qui a créé sa micro-entreprise Vézénobres coquillages à l’heure du covid et du travail à temps partiel a saisi une opportunité. Il en raconte la genèse : « Avec mon statut d’auto-entrepreneur, je me déplaçais dans tous les marchés autour de Vézénobres. Ça a super bien pris et quand j’ai repris mon boulot à temps plein, je me déplaçais moins. À ce moment-là, le téléphone n’arrêtait pas de sonner. Les gens me réclamaient. Je me suis alors mis en quête d’un local pour lancer mon activité. »

Un local qu’il n’a pas mis longtemps à trouver : « Philippe Roche, patron du Grand bleu depuis 2004, était client de l’entreprise où je travaillais. Un jour il m’a dit qu’il partait à la retraite bientôt et m’a demandé de le prévenir si je connaissais quelqu’un intéressé par la reprise de son activité. Instinctivement je lui ai répondu « moi » ! »

Après quoi, les deux hommes, liés par une amitié naissante et une relation de « confiance », ont fait affaire sans difficulté. L’épouse d’Olivier Merle et sa belle-famille ne sont pas étrangères à ce grand saut vers le monde de l’entrepreunariat. « Dans la famille de ma femme, tout le monde est à son compte. C’est une source de motivation supplémentaire pour moi, un modèle de réussite en quelque sorte », justifie le père de famille, qui appréhende malgré tout l’incertitude financière de cette nouvelle aventure professionnelle.

Une identité à préserver, des nouveautés à apporter

Pour se rassurer, Olivier Merle se rendra chaque jour au Grand bleu jusqu’à la date butoir afin d’y côtoyer l’expérience de Philippe Roche, se familiariser avec sa future clientèle tout en récoltant de précieux conseils. « Le plus important c’est la période de Noël. Il ne faut pas se louper car on fait 35 % du chiffre d’affaires de l’année », lui glisse le dernier nommé le matin de notre venue.

« Philippe restera avec moi au début pendant un petit moment. Après je sais que je pourrai l’appeler en cas de besoin », se rassure le Vézénobrien. Tout en conservant l’identité du commerce spécialisé dans la vente de coquillages et crustacés, de plats cuisinés maison et de fruits de mer, le trentenaire apportera sa touche personnelle.

« Je vais développer le poisson », annonce Olivier Merle. Et d’ajouter : « Ça sera en petite quantité. Il ne faut pas s’imaginer une grande poissonnerie comme au supermarché. » En effet, alors qu’il projette d’ouvrir le magasin du mardi au samedi à des horaires qui restent à déterminer, Olivier Merle consacrera ses lundis au ravitaillement. « En descendant à la mer pour les coquillages, je m’arrêterai à la criée du Grau-du-Roi ou de Sète pour acheter du poisson frais de Méditerranée », prévient-il. Une nouveauté qui n’empêchera pas Le Grand bleu de rester Le Grand bleu. D’ailleurs, le nouveau propriétaire n’a jamais eu l’intention de changer le nom de la boutique alésienne au risque de brusquer les habitués et de se priver d’une clientèle fidèle.

« Je dois surfer sur la notoriété acquise par Philippe depuis 20 ans tout en amenant ma clientèle de Vézénobres coquillages« , résume celui qui a aussi l’intention de « profiter » des futurs travaux des Halles de l’Abbaye, identifiées par leur proximité comme sa « principale concurrence ». Et Olivier Merle d’échafauder : « En face du Grand bleu il y a une boucherie et juste à côté un commerce de fruits et légumes. On peut imaginer nos halles à nous en extérieur en créant une entente. » 

Corentin Migoule

Le Grand bleu, 2 rue de la Meunière, à Alès. Passation de témoin le 4 octobre. 

 

 

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