Publié il y a 2 ans - Mise à jour le 14.11.2021 - norman-jardin - 4 min  - vu 682 fois

FAIT DU JOUR Le Souvenir français, les soldats de la mémoire

Le Souvenir Français entretient la mémoire des morts pour le France (photo Norman Jardin)

Fondée en 1887, et reconnue d’utilité publique, l’association Le Souvenir français (SF) a pour vocation d’honorer la mémoire de tous ceux qui sont morts pour notre pays, qu’ils soient français ou étrangers. Dans le Gard, ils sont 450 à entretenir, conserver et transmettre le souvenir français.

Depuis sa création il y a 134 ans, plus de dix millions de Français ont adhéré à un moment de leur histoire personnelle au Souvenir français. En 2018, l’association rassemblait 200 000 adhérents en France, dont 100 000 directs et 100 000 associés regroupés dans 1 600 comités locaux. Ces femmes et ces hommes bénévoles font vivre la mémoire combattante française en organisant des manifestations. Dans le Gard, ils sont 450 adhérents (auxquels il faut ajouter les associations affiliées) à se dévouer pour entretenir la mémoire des morts pour la patrie.

À Nîmes, le carré militaire du cimetière du Pont-de-Justice est entretenu pas le Souvenir français (photo Norman Jardin)

Pour notre département, ils sont répartis en 16 comités à Alès, Bagnols-sur-Cèze, Caissargues, Génolhac, Langlade, Le Grau-du-Roi, Le Vigan, Manduel, Montfaucon, Montfrin, Nîmes, Pont-Saint-Esprit, Sabran, Saint-Gilles, Sommières et Uzès. Les tombes, les monuments aux morts et les carrés militaires présentent un intérêt pédagogique. Parmi les initiatives mises en place par le Souvenir français, il y a des visites de lieux de sépultures ou des cimetières militaires proposées à des écoliers ou collégiens.

Une convention avec l'Éducation nationale

« Les jeunes nous permettent d’avoir une association pérenne. Nous les faisons participer aux cérémonies où ils portent des drapeaux, lisent des textes et déposent des gerbes. Nous avons une convention avec l’Éducation nationale qui nous permet d’aller dans les établissements scolaires. Nous finançons aussi des voyages sur des lieux de mémoire », souligne Henri Martin, le délégué départemental du SF. Quand une association disparaît, son drapeau continue de vivre puisque le Souvenir français le transmet à un jeune qui le porte dans les cérémonies.

Les membres de l’association proposent des interventions dans des classes pour échanger avec les élèves dans le cadre des programmes d’histoire et d’enseignement moral et civique. Enfin, les délégations à l’échelle départementale participent chaque année au financement de nombreux voyages scolaires. « Nous valorisons également le travail pédagogique d’enseignants qui exploitent les ressources de nos délégations à l’échelle locale avec leurs élèves. Ces initiatives sont des sources d’inspiration pour permettre la transmission de la mémoire et peuvent servir de support à l’enseignement de l’histoire », explique l’association.

 « On arrive avec nos outils et nos pots de peinture »

L’objectif est clair : aucune tombe de « Morts pour la France » ne doit disparaître des cimetières communaux, aucun monument, aucune stèle combattante ne doit être à l’abandon. Dans les cimetières communaux, un grand nombre de tombes familiales dans lesquelles sont inhumés des combattants « Morts pour la France » sont entrées en déshérence tant à cause de la suppression des concessions perpétuelles qu’en raison des déplacements géographiques des familles.

Les jeunes sont impliqués dans les cérémonies (photo Souvenir français 30)

Pour éviter l'abandon de tombes ou que les restes de combattants rejoignent la fosse commune, le Souvenir français se bat. « Si nous ne sommes pas vigilants, elles disparaissent. Les élus commencent à s’imprégner de ce devoir de mémoire. On arrive avec nos outils et nos pots de peinture. Nous commandons des réfections de plaques qui ne sont plus visibles. Quand une tombe est très abîmée, nous montons un dossier avec la municipalité. Cette dernière prend une décision ou pas de réhabiliter la tombe et c’est là que nous rentrons en action pour les aides et les subventions », rappelle Henri Martin.

Une quête annuelle

Sur le territoire national, plusieurs centaines de milliers de stèles et de plaques ont été érigées ou apposées par les associations d’anciens combattants. La disparition progressive de ces associations entraîne l’abandon de ces sites. Afin de relever ce défi, les comités du Souvenir français entretiennent, rénovent et fleurissent des centaines de tombes en déshérence, en particulier dans les carrés communaux mixtes entre le 1er et le 11 novembre. Ils rénovent aussi des centaines de monuments et des centaines de plaques en partenariat avec les collectivités territoriales.

L’association est financée par les cotisations (10 € pour un titulaire et 50€ pour un bienfaiteur) dont 50% € sont reversés aux comités, 25% vont à la délégation départementale et 25% € partent au siège social à Paris. Une quête annuelle est également organisée devant les cimetières et le partage des sommes récoltées est réparti selon le même barème. Les adhérents du Souvenir français prennent en charge les tombes des combattants des nouvelles générations dans les carrés militaires mixtes, en particulier celles des résistants et des combattants de la Bataille de France.

« Des cérémonies et des médailles »

Le Souvenir français est présent à certaines cérémonie comme le 8 mai (capitulation allemande), le 18 juin (appel du général de Gaulle), le 14 juillet (fête nationale), le 1er novembre (Toussaint), le 11 novembre (armistice de 1918) et le 5 décembre (journée nationale d’hommage aux morts pour la France pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie). Si les fonctions exercées par les membres du Souvenir français le sont à titre bénévoles, l’association décerne des récompenses à ceux qui servent l’œuvre avec dévouement.

Le Souvenir français est présent sur les cérémonies officielles (photo le Souvenir français)

Ces décorations peuvent-être soit le diplôme d’honneur (deux ans de présence dans l’œuvre), la médaille de bronze (quatre ans après l’octroi du diplôme d’honneur), la médaille d’argent (quatre ans après l’octroi de la médaille de bronze), la médaille de vermeil (quatre ans après l’octroi de la médaille d’argent) et la médaille de vermeil avec bélière laurée (plus haute récompense attribuée au bout de 30 ans dans l’œuvre). Mais les membres du Souvenir français ne cherchent pas les récompenses, seulement à honorer le devise de l'association « À nous le souvenir, à eux l'immortalité. »

Norman Jardin

Norman Jardin

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