C'est l'une des plus vieilles traditions de la feria d'Alès. Lancée en 1996, la course gardonnenque est devenue l'un des événements les plus attendus de la Feria de l'Ascension. Devenue l’animation incontournable du vendredi de feria, cette course a été créée au départ par une association de cavaliers d’Alès, les Cavaliers Cévenols. Tous ont des surnoms : Bimbo, Peillard, Ricket, Popol, Picon ou encore Le Kike. Cette bande de copains, passionnés de chevaux et de courses équestres, s’est lancée en 1996 dans l’organisation d’une course aussi spectaculaire que sensationnelle, dans le but de se faire plaisir à cheval.
Depuis, ils sont nombreux à avoir inscrit leur nom au palmarès de cette course qui met à l'honneur les chevaux et leurs cavaliers. Parmi eux, les Peillard, père et fils, Christian et Gaëtan, ont remporté respectivement huit et cinq éditions, mais aussi Ricket, de son vrai nom Éric, vainqueur à plusieurs reprises, ou encore Clémentine Droussant et Cédric Vidal. Ce dernier était d'ailleurs le favori de cette édition 2026, où le champion en titre, Gaëtan Peillard, était absent faute d'avoir pu proposer un cheval adapté à la course.
Une trentaine édition dans l'eau
Car cette année, pour les trente ans de la course, ils étaient treize à se présenter au départ sur les bords du lit du Gardon. Comme l'année dernière, la mairie, organisatrice de l'épreuve, a souhaité conserver un parcours spectaculaire, mêlant une course sur terre avec des lignes droites, des virages techniques et une large place accordée aux passages dans l'eau.
Les cavaliers, répartis par poules de quatre ou trois chevaux, ont dû effectuer entre quatre et cinq tours selon les repêchages. Le départ se faisait en ligne droite sur les bancs de terre le long des quais du Pont-Vieux, avant de tourner pour entrer dans le lit du Gardon. Là, près de 50 mètres de passage dans l’eau les attendaient, balisés jusqu’à un piquet à contourner avant de ressortir 20 mètres plus loin et de finir sur la terre, avec des virages serrés puis une arrivée en ligne droite sur le point de départ, le tout devant les miss de la ville, venues, comme le veut la tradition, apprécier le spectacle.
Cédric Vidal reprend son trophée
Si la course avait débuté de manière sensationnelle avec la chute d'un cavalier à la sortie de l'eau, la suite s'est déroulée plus calmement. Avec beaucoup de nouveaux participants pour cette édition et une belle participation féminine, les cavaliers n'ont pas hésité à pousser leurs chevaux jusqu'au bout à chaque manche, fatiguant les organismes de chacun mais offrant du suspense jusqu'à la fin.
À ce jeu-là, ce sont Cédric Vidal, Clémentine Droussant, Sébastien Garde et Mathilde Derancourt qui se sont hissés en finale pour un combat jusqu’au bout. Si Clémentine, multiple vainqueure, était deuxième à la sortie du passage dans l'eau, elle s'est fait doubler dans l'enchaînement des virages par Sébastien Gardes, qui participait pour la troisième fois à la course et qui termine à la deuxième place.
Attendu, il n'aura pas déçu. Cédric Vidal et son cheval Dallas (12 ans), battus lors des deux dernières éditions par Gaëtan Peillard, ont profité de son absence pour prendre la tête de cette finale et ne jamais la lâcher. Tout en maîtrise, le manadier du Cailar a su mener la course pour remporter une sixième victoire lors de cette trentième édition.
Dallas, ton univers impitoyable
« C'est la deuxième fois que je gagne avec Dallas. Cette année, il y avait moins d'eau, mais plus de longueur, ce qui fatigue beaucoup plus les chevaux. Une victoire comme ça, c'est la gestion des courses, la baisse de régime des chevaux adverses et un entraînement toute l'année, car on les sort tous les week-ends. En équitation, on a tous le même niveau, c'est le cheval qui fait la différence, et on peut dire que j'ai l'équivalent d'une belle Porsche avec moi (rires). La première fois qu'on avait participé, c'était il y a vingt ans, mais cette année il y avait du niveau ! Avec une demi-finale 100 % féminine, les filles ont prouvé qu'elles étaient là, et en finale Clémentine et Mathilde nous ont poussés dans nos retranchements. Le niveau est de plus en plus élevé, à chaque course il faut se donner à fond », déclare Cédric Vidal après sa victoire.
Le manadier remporte donc le premier prix et une prime de 450 €, ainsi que le trophée du meilleur cavalier remis par la ferronnerie Pongi. Sur le podium, Sébastien Garde repart avec 200 €, Clémentine Droussant avec 120 € et Mathilde Derancourt, pour sa première participation, gagne 80 €. Tous les autres participants terminent avec 60 € chacun.
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