Publié il y a 1 h - Mise à jour le 15.05.2026 - Sacha Virga - 3 min  - vu 26 fois

CAISSARGUES Le Salon du boutis internationalise sa septième édition

Salon du Boutis Caissargues

Discours d'Annie Pantel, cheville ouvrière du projet

- Sacha Virga

Du 14 au 16 mai, le centre Saint-Exupéry accueille le rendez-vous biennal des passionnés de cet art textile provençal, désormais reconnu au patrimoine culturel immatériel. Et cette année, le salon s'ouvre au monde entier.

Il y a des traditions qui s'ancrent profondément dans la terre gardoise, et le Salon international du boutis de Caissargues en est l'une des plus belles illustrations. Pour sa septième édition, l'événement organisé par l'association France Boutis franchit une nouvelle étape : une quarantaine d'exposants se retrouve durant trois jours au centre Saint-Exupéry, parmi lesquels des boutisseuses venues du Canada (Vancouver et Montréal) mais aussi du Japon (Tokyo et Osaka). Un rayonnement mondial qui aurait sans doute épaté les artisans marseillais des siècles passés.

Cette manifestation devenue incontournable pour les passionnés se tient tous les deux ans à Caissargues. Un ancrage dans le Gard qui n'est pas anodin : la région a toujours entretenu un lien fort avec cet art textile, et la Maison du Boutis, installée à Calvisson, propose encore aujourd'hui des stages d'initiation et de perfectionnement sous la direction de Francine Nicolle, Maître d'Art en broderie au Boutis.

Salon du Boutis Caissargues
Le boutis, tout un art • Sacha Virga

"C'est une broderie qui passionne énormément de monde, et qu'il faut faire perdurer dans le temps le plus longtemps possible. Notre devise, c'est promouvoir, transmettre et partager", assume Annie Pantel. "J'ai cet attachement au boutis parce que c'est un cadre de vie, des gens qui se connaissent et une culture. C'est très important pour notre territoire et pour Caissargues", continue le maire Olivier Fabregoul. "Il faut que nous, les élus, prenions notre part dans l'histoire patrimoniale. J'espère un grand succès à ce salon, qui montre une technique vraiment extraordinaire", explique la conseillère régionale Katy Guyot.

Le clou du spectacle ? Une courtepointe exceptionnelle datée de 1720, mesurant 2,60 m sur 2,60 m, que Roger Pantel, cheville ouvrière de France Boutis, annonce avec une fierté non dissimulée. Une pièce rare, témoin silencieux de trois siècles de savoir-faire.

Des ateliers et des démonstrations réalisés par des professionnels du boutis rythment également le programme durant les trois jours. L'occasion idéale pour les curieux de poser des questions, d'observer les gestes et peut-être de s'y mettre aussi !

Qu'est-ce que le boutis ?

Le boutis est un art textile arrivé à Marseille au XVIᵉ siècle, dont la technique de broderie emboutie vient de Sicile : il consiste à assembler deux pièces de tissu et à faire apparaître des motifs en relief en plaçant du coton entre les deux couches. Cette technique était très pratiquée en Provence, principalement dans la région de Marseille, mais aussi à Avignon, Arles et Nîmes, dans des ateliers de fabrication. Avec l'arrivée de la machine à coudre au XIXᵉ siècle, elle sombra peu à peu dans l'oubli. Il fallut attendre la seconde moitié du XXᵉ siècle pour que le boutis renaisse grâce à des transmissions directes constatées d'une génération à l'autre dans des communautés du Var et du Gard dès le début des années 1960.

Le salon de Caissargues a d'ailleurs joué un rôle-clé dans la reconnaissance nationale de cet art : l'aventure a commencé fin 2015 lorsque le ministère de la Culture a missionné l'un de ses représentants pour découvrir le boutis lors du 4ᵉ salon national de Caissargues. Une visite qui allait changer le destin de la discipline. C'est finalement le 26 juin 2019 que le boutis, ou broderie de Marseille, a été officiellement inscrit au patrimoine culturel immatériel de la France.

Sophie Xeux
Sophie Xeux, exposante • Sacha Virga

Sophie Xeux, invitée pour parler du piqué-marseillais

Nîmoise et artisan d'art, Sophie Xeux expose au salon en courtepointe piqué marseillais. "C'était une technique courante au XVIIIᵉ siècle, consistant à prendre deux épaisseurs de coton ou de soie. On glisse dedans un molleton et on pique ensemble, en suivant un dessin", explique-t-elle. Il y a quelques temps, elle avait participé aux Journées européennes des métiers d'art à Calvisson, où elle avait pu faire des démonstrations et exposer ses couvertures, toutes faites à la main et uniques. Des dizaines voire des centaines d'heures sont requises pour obtenir un rendu final impeccable.

Il vous reste 80% de l'article à lire.

Pour continuer à découvrir l'actualité d'Objectif Gard, abonnez-vous !

Votre abonnement papier et numérique
à partir de 69€ pour 1 an :

  • Votre magazine en version papier et numérique chaque quinzaine dans votre boite aux lettres et en ligne
  • Un accès illimité aux articles exclusifs sur objectifgard.com
Sacha Virga

Actualités

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio