Publié il y a 2 h - Mise à jour le 04.04.2026 - Romain Fiore - 4 min  - vu 70 fois

ALÈS Gévaudan sur les traces de la Bête, le jeu de société qui mêle histoire, légende et stratégie

Gévaudan — Sur les traces de la Bête

Aurélien Devaux, Grand-Combien avec son jeu de société "Gévaudan — Sur les traces de la Bête".

- Romain Fiore

La Bête du Gévaudan a terrorisé la France au XVIIIᵉ siècle. Aujourd’hui, elle inspire un jeu de société unique, mêlant enquête, stratégie et légende, qui est sorti le mois dernier. Gévaudan — Sur les traces de la Bête vous propose de revivre cette traque légendaire et d’en percer le mystère. Rencontre avec Aurélien Devaux, son créateur.

Aurélien Devaux, 57 ans, chef opérateur et directeur de la photographie sur la série Plus belle la vie, a récemment lancé "Gévaudan : Sur les traces de la Bête", un jeu de société inspiré de la mystérieuse Bête du Gévaudan. Ce passionné de jeux modernes, qui n’a découvert les jeux de société que tardivement (en 2006), a trouvé dans ce projet une façon de marier son amour pour le cinéma, l’histoire et l’innovation ludique.

Gévaudan — Sur les traces de la Bête
Les personnages historiques qui ont des pouvoirs spéciaux pour aider les joueurs. • Romain Fiore

Son inspiration ? Une visite au parc des loups du Gévaudan et au musée de la Bête à Saugues, qui a ravivé son intérêt pour cette énigme historique. « En m'intéressant un peu plus à cette histoire grâce à un bouquin acheté, je me suis rendu compte que ce n'était pas qu'une légende. Quand j'ai vu qu'aujourd'hui on ne savait toujours pas quelle était cette bête qui pouvait avoir fait autant de ravages, ça m'a donné envie de faire un jeu », explique-t-il. « J’ai voulu créer un jeu qui reflète cette ambiguïté, en mêlant faits historiques et ouï-dire de l’époque. C'est un jeu compétitif, où le roi propose une prime de 6 000 livres à celui qui arrivera à capturer la bête. Plutôt que de poursuivre la bête avec notre fusil, on décide de mener une enquête d'après les empreintes qu'elle a laissées ».

Entre enquête, stratégie et mémoire

"Gévaudan" est un jeu d’enquête et de stratégie conçu pour 1 à 4 joueurs. Le but ? Retrouver la tanière de la Bête en analysant ses empreintes sur un plateau de 16 cases, chacune définie par quatre paramètres (forêt, village, militaire, rivière). Les joueurs se déplacent, collectent des indices et doivent décider s’ils gardent ces indices avec eux (au risque de ralentir leur progression) ou les laissent sur le plateau.

« On récolte suffisamment d'indices au bout d'un moment pour déterminer de manière sûre que son repère se trouve soit dans la forêt, dans le village, avec la présence des militaires qu'on appelait les dragons à l'époque, ou proche de la rivière. Des paramètres tous uniques, tirés au sort au début du jeu et enfermés dans une boîte qui déterminera un seul terrain où la Bête se trouve. C'est un peu comme le Cluedo, mais en plus complexe », précise Aurélien Devaux.

Gévaudan — Sur les traces de la Bête
Le plateau de jeu. • Romain Fiore

Dans ce jeu qui demande de la concentration, un peu de mémoire et une bonne stratégie, « on peut se faire aider par des personnages historiques de l’affaire de la Bête, comme Antoine Chastel, Marie-Jeanne Valet ou encore Jean-Charles d’Enneval, qui ont existé pour de vrai et qui apportent des pouvoirs spéciaux. Mais attention : la Bête, elle aussi, se déplace et peut blesser les joueurs ! »

Le jeu se joue en plusieurs tours, avec une pression constante : les cartes événements rappellent que le roi pourrait retirer sa prime si la Bête n’est pas capturée à temps. « On a voulu garder un côté compétitif, mais aussi immersif, en jouant sur le mystère et la tension. On peut jouer en solo, ce qui permet de se familiariser avec les règles avant de proposer le jeu à des amis », ajoute le créateur.

Un jeu accessible, mais exigeant

Contrairement aux jeux familiaux ou de gestion, "Gévaudan" s’adresse à un public déjà initié aux jeux de plateau. « Les règles sont assez simples une fois comprises, mais il faut être attentif et stratégique », note Aurélien Devaux. « Même des enfants de 8-9 ans peuvent y jouer, à condition d’être concentrés ».

Le jeu est disponible en ligne et dans certaines boutiques spécialisées, notamment en Lozère et en Haute-Loire, où l’éditeur, Le Lion Vert, a collaboré avec des musées et médiathèques pour le promouvoir. « On espère que ça va marcher, car c’est un jeune éditeur. Si le succès est au rendez-vous, on pourrait même sortir des variantes ou une édition collector ».

De la légende à la réalité

« Ce qui m’intéresse, c’est de montrer comment les gens de l’époque ont réagi face à l’inconnu. La Bête du Gévaudan divise encore aujourd’hui : pour certains, c’est un loup anthropophage ; pour d’autres, un homme déguisé, ou même un groupe de loups dressés. Moi, je pense qu’il n’y a pas une seule bonne réponse, mais plusieurs facteurs qui se combinent, ce qui pousse l'affaire à devenir multifactorielle ».

Gévaudan — Sur les traces de la Bête
Les différentes cartes du jeu.  • Romain Fiore

Le jeu intègre donc des éléments historiques (les personnages, les cartes événements) tout en laissant une large place à l’interprétation. « J’ai fait des recherches approfondies, j’ai même envoyé mes textes à un historien pour vérifier que je ne disais pas n’importe quoi. Mais au final, il y a toujours une part de mystère, et c’est ça qui rend l’histoire si captivante ».

Un projet qui dépasse l’aspect ludique

Pour Aurélien Devaux, ce jeu est avant tout une aventure personnelle.
« J’ai passé huit ans à le créer et à le peaufiner. Je l'ai beaucoup testé dans les festivals de jeux de société. Quand j’ai vu des joueurs s’amuser avec, même en faisant la tête parce qu’ils réfléchissaient trop, j’ai su que j’avais réussi mon pari ».

Et si le jeu ne devait pas devenir un succès commercial, il aura au moins rempli son objectif : offrir aux joueurs une plongée dans l’une des légendes les plus célèbres de France, entre faits historiques et imagination. « L’important, c’est que les gens s’amusent. Le reste, c’est la cerise sur le gâteau », déclare celui qui se penche déjà sur son prochain jeu, tourné autour de l’aventure de l’explorateur anglais Ernest Shackleton, qui parvient à sauver son équipage lors d’une traversée de l’Antarctique entre 1914 et 1917.

En bref :

  • Pour qui ? Joueurs initiés aux jeux de plateau, dès 8 ans.
  • Durée ? 30 à 45 minutes (selon le nombre de joueurs).
  • Où le trouver ? En ligne, dans les boutiques spécialisées, et bientôt dans certains musées de la région.
  • Prix : 30 €.

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