Publié il y a 1 h - Mise à jour le 24.05.2026 - La rédaction - 14 min  - vu 460 fois

ÇA RESTE ENTRE NOUS Les indiscrétions de la semaine

Municipales, Sénatoriales, Nîmes Olympique : une semaine politique où tout s’accélère dans le Gard.

Le retour des vieux démons. Cette semaine restera comme l’une des plus agitées de l’histoire récente du Nîmes Olympique. Et comme personne n’a perdu la mémoire, tout cela a réveillé de mauvais souvenirs. Chez les supporters aussi. Après le retrait forcé de Mickaël Gas — un entraîneur pourtant loin d’avoir démérité — les langues se sont déliées. Du jour au lendemain, tout serait devenu la faute du président et surtout de son directeur sportif, Anthony Dupré. Ceux qui avaient participé au retour des Crocos dans une forme de normalité seraient désormais présentés comme les fossoyeurs du début de cette deuxième saison en National 2. Puis, comme dans un psychodrame à rebondissements, à la veille de la Feria de Pentecôte, Yannick Liron, président historique de l’Association Nîmes Olympique, a claqué la porte avec fracas. Lui aussi s’est retrouvé soupçonné d’avoir négocié, non pas des pizzas fraîches, mais des conventions entre l’Association et la société Nîmes Olympique présidée par Thierry Cenatiempo, sans réelle transparence vis-à-vis des membres et des proches du club. Là encore, certains semblent frappés d’amnésie collective. Car il y a un an à peine, tout le monde voulait éviter d’ajouter l’humiliation à l’humiliation. Et puisque nous avons de la mémoire, nous nous souvenons aussi de cette union sacrée entre entreprises locales, supporters, collectif Sauvons Nîmes Olympique et pouvoirs publics. En particulier la Ville de Nîmes et celui qui la représentait alors : Franck Proust. Mais tout cela paraît déjà loin. Bientôt, certains finiront presque par expliquer que la collectivité n’a jamais versé 1,1 million d’euros de subvention exceptionnelle. Pourtant, cet argent public était bien réel. Il venait des poches des Nîmois. Au détriment, sans doute, d’autres projets tout aussi utiles. Oui, le club traverse aujourd’hui une crise. Personne ne peut le nier. Maintenant, il faut tenter d’en sortir par le haut. Vendredi midi, sur notre plateau TV, le président a tenté de clarifier ses intentions et la suite de son projet à la tête du NO. Une première étape. Il a aussi rappelé qu’Anthony Dupré — devenu la cible favorite de certains haters sur les réseaux sociaux — était plutôt favorable au maintien de Mickaël Gas. Il aurait même alerté son président sur les risques d’une mise à l’écart du coach nîmois après une saison aussi réussie. Mais Thierry Cenatiempo en a décidé autrement. Seul. C’est probablement sa principale erreur. Car s’il a été propulsé à la tête du club il y a un an, c’est parce que des Nîmois lui ont accordé leur confiance. Il avait promis une gouvernance collégiale, sans confiscation du pouvoir. Un an plus tard, cette promesse semble déjà oubliée. Dans sa prise de contrôle, il a négligé de consulter certains actionnaires et de partager le fruit du travail mené par plusieurs ambassadeurs du projet. Maintenant, une question demeure : on fait quoi ? Car il faut avancer et préparer la saison prochaine. D’abord avec le passage devant la DNCG, le gendarme financier du football français. Mais dans toute cette séquence, deux acteurs ont particulièrement manqué à l’appel : le maire de Nîmes et son adjoint aux Sports. Accaparés par leur première Feria de Pentecôte aux responsabilités, ils ont observé les événements à distance. Désormais, il faudra les entendre. Car maintenant qu’ils sont aux affaires, leur position est essentielle. La Ville est partie prenante du projet : elle a acquis les Antonins et le domaine de la Bastide. Et demain, elle devra engager des sommes considérables dans la rénovation des Costières. Dans l’opposition, ils dressaient des constats. Au pouvoir, il faut désormais agir.

Le poison des rumeurs. Cette semaine folle au Nîmes Olympique a libéré toutes les rumeurs. On en a entendu des vertes et des pas mûres. Surtout pendant la Feria, où beaucoup de Nîmois ont débattu du départ forcé de Mickaël Gas. En l’absence des deux hommes au cœur de cette décision — le président Thierry Cenatiempo et son directeur sportif — incapables de se défendre publiquement, une avalanche de scénarios a émergé. Des conventions financières supposées illicites entre l’Association et la SAS du club. La rémunération du directeur sportif via différents montages particuliers. Une licence fédérale qui aurait permis des revenus complémentaires. Des appels et échanges jugés ambigus tout au long de la saison. Ou encore des enquêtes annoncées dans la presse nationale. Difficile, dans ce brouhaha, de distinguer le vrai du faux. S’agit-il d’un faisceau d’indices révélant des comportements devenus insupportables ? Ou au contraire de tentatives de déstabilisation au moment même où la direction veut changer de cap pour donner une nouvelle perspective au club ? Les prochains jours — peut-être les prochaines semaines — permettront d’y voir plus clair. En attendant, une chose est certaine : tout cela fait beaucoup de mal au Nîmes Olympique.

Sénatoriales : le retour surprise de Denis Bouad. Coup de poker ? Retour du vieux lion socialiste ? Ou simple volonté de reprendre la main ? Un véritable coup de théâtre se prépare au Parti socialiste gardois à l’approche des Sénatoriales. Selon nos informations, Denis Bouad a profité de la Feria pour valider avec Carole Delga son retour dans la course au Palais du Luxembourg. Une décision qui rebat totalement les cartes à gauche. « Face à la guerre d’ego qui se préparait autour de sa succession, le sénateur sortant a préféré jouer l’apaisement et le rassemblement », confie l’un de ses proches. Car le scénario initial semblait pourtant écrit. Katy Guyot devait prendre la tête de liste, conformément à une circulaire nationale du PS imposant la parité lorsqu’un sénateur sortant renonce. Mais ces dernières semaines, le doute s’est installé sur la capacité de l'ex-adjointe au maire de Vauvert à rassembler suffisamment de grands électeurs. Dans le même temps, Fabrice Verdier avait fait savoir qu’il partirait en dissidence s’il n’obtenait pas la tête de liste. Alors Denis Bouad a décidé de revenir dans le jeu. En réalité, derrière cette bataille socialiste, c’est surtout l’équation nîmoise qui se dessine. À gauche, beaucoup sont désormais persuadés qu’avec la victoire de Vincent Bouget à Nîmes, deux sièges au Sénat sont devenus accessibles.

 

Sénatoriales : le pari Giraudier. Éric Giraudier, le président de la CCI du Gard, n’est pas encore officiellement la tête de liste de l’union des droites pour les Sénatoriales de septembre prochain. Mais cela y ressemble de plus en plus. Durant la Feria, plusieurs responsables politiques lui ont discrètement glissé à l’oreille qu’il devait y aller. À gauche, l’encouragement peut surprendre, mais il est bien réel. Le président de la chambre consulaire gardoise a rapidement compris que certains voyaient surtout dans sa candidature un moyen de faire mordre la poussière à la droite traditionnelle, et en particulier au sénateur Laurent Burgoa. Car chez Les Républicains nîmois, depuis l’entre-deux-tours des municipales et l’union de façade entre Franck Proust et Julien Plantier, les relations restent glaciales. Plus grand monde ne se parle. Mais tous semblent partager une cible commune : Laurent Burgoa, tenu pour responsable de l’humiliation du second tour. Le plus savoureux dans cette histoire, c’est que tout le monde pousse Éric Giraudier à se lancer… sauf le Rassemblement national. Pour l’instant, le parti de Jordan Bardella n’a donné ni consigne ni véritable signal en faveur de cette hypothèse. La flamme attendra encore un peu.

 

À Nîmes Métropole, les indemnités font déjà parler. Les temps changent. Après les élections dans les satellites de Nîmes Métropole, les commentaires vont bon train. En particulier sur les rémunérations des nouveaux exécutifs. Un ancien élu LR s’étonne des montants désormais pratiqués. Il rappelle que, lors du précédent mandat, le président ne percevait « que » 1 500 euros d’indemnités. Et qu’entre 2007 et 2014, Franck Proust, lui, ne touchait rien. « Le poste était bénévole, aussi bien à l’Agence d’urbanisme qu’à la Senim. Les temps changent. Et cela ne semble embêter personne… » Un autre, plus mordant, décoche même un tacle plus politique : « Tout le monde connaît la gauche : elle consomme l’argent des autres… » Au fond, derrière ces critiques, il y a surtout beaucoup d’amertume post-électorale. Et peut-être aussi un peu de mesquinerie dans l’air.

 

Realpolitik. Vincent Bouget découvre à son tour le quotidien parfois brutal d’un maire. Après les premières humeurs des commerçants pendant la Feria, voilà désormais la direction de La Poste qui lui annonce son intention de fermer le bureau de Pissevin. Un symbole de plus pour ce quartier populaire nîmois pourtant engagé dans un vaste programme de rénovation urbaine. Alors que l’État, les collectivités et les partenaires publics investissent massivement pour redonner un avenir au secteur, La Poste choisit, elle, de quitter le cœur du quartier. Quels sont les leviers du nouveau maire dans ce dossier ? Sur le papier, ils semblent nombreux. Surtout quand on se replace quelques mois en arrière, lorsque l’opposition dénonçait avec vigueur la fermeture annoncée du bureau Gambetta sous l’ère Fournier. Mais une fois aux responsabilités, la réalité apparaît bien plus fragile. La Poste avance les conditions de travail difficiles de ses agents pour justifier sa décision. Et chacun sait aussi qu’avec la chute continue du courrier papier, le modèle économique des bureaux traditionnels s’effrite depuis des années. Reste une réalité brutale : bientôt, 12 000 habitants risquent de se retrouver sans véritable solution de proximité. Et pour Vincent Bouget, il sera difficile de proposer rapidement une alternative crédible et pérenne.

 

Départementales : le spectre de 2015 ressurgit. Séminaire de crise au Conseil départemental du Gard. En interne, la majorité commence à mesurer le risque bien réel de perdre les Départementales en 2028. Dernièrement, un séminaire a été organisé pour dresser un état des lieux politique. Et l’inquiétude domine chez beaucoup d’élus. La vague Rassemblement national a déjà laissé des traces lors des dernières élections nationales, puis cette année pendant les Municipales. « Il y a des cantons définitivement perdus. On va essayer de se battre, mais ce sera très difficile. Pour les autres, où l’espoir est encore permis, il faudra trouver les meilleurs candidats… », souffle l’un des participants. Le moral est clairement en berne chez plusieurs élus historiques, persuadés que la bataille s’annonce particulièrement rude. « La droite va nous faire payer l’humiliation de Nîmes. Et elle ne se gênera pas pour s’allier avec l’extrême droite si nécessaire… » Face à ce scénario, certains réfléchissent déjà à des solutions de survie politique. Un vice-président avance même une piste pour conserver au moins une majorité relative : « Il faudra tendre la main au centre et à la droite modérée pour compléter la majorité. »

 

Départementales : Valadier en embuscade. Eddy Valadier n’aura finalement pas tenté sa chance pour la présidence de Nîmes Métropole. Étrangement, diront certains. « Il n’avait de toute façon pas les moyens de l’emporter », glisse un élu communautaire. Mais pour les Départementales, le scénario pourrait être bien différent. Le maire de Saint-Gilles dispose d’arguments solides. Conseiller départemental LR, il a largement remporté une nouvelle fois les Municipales en mars dernier. « Il faut dire aussi qu’il n’avait aucune liste RN face à lui… », nuance un observateur local. Alors, Eddy Valadier prépare-t-il déjà l’après ? Pour certains élus gardois, l’hypothèse devient sérieuse. « Il a toutes les cartes pour devenir le prochain président du Conseil départemental du Gard. À condition de s’associer avec le RN, qui pourrait emporter trois ou quatre cantons… » Reste une question centrale : le maire de Saint-Gilles est-il prêt à franchir cette frontière politique et à assumer une union des droites dans le Gard ? Là encore, certains assurent que le tabou n’existe déjà plus vraiment. « Eddy Valadier n’a jamais rejeté les élus d’extrême droite. Il considère qu’ils sont aussi respectables que les autres à partir du moment où ils défendent l’intérêt général… » À droite, beaucoup savent désormais qu’aucune majorité départementale ne pourra se construire sans poser clairement cette question.

 

Le RN voit grand pour Yoann Gillet. Le député RN Yoann Gillet est devenu, au fil du temps, l’un des proches les plus en vue de Marine Le Pen. La candidate à la présidentielle lui a confié plusieurs missions sensibles, notamment dans les Outre-mer, mais aussi l’organisation d’un récent séminaire du parti à Orléans. À Paris, une partie de la presse spécialisée l’imagine désormais prendre une nouvelle dimension. Certains le verraient même piloter l’organisation de la campagne présidentielle du Rassemblement national. « Rien n’est fait à ce stade. Sinon, il m’en aurait parlé », tempère toutefois l’un de ses proches. Une chose est certaine : en cas de victoire de Marine Le Pen l’an prochain et d’entrée du RN à l’Élysée, Yoann Gillet pourrait espérer un destin ministériel. Pourquoi pas Place Beauvau. Le député gardois a déjà ses priorités en tête : tolérance zéro face à la délinquance, retour des peines plancher version Sarkozy et expulsion systématique des délinquants étrangers. Encore faudra-t-il que les pays d’origine acceptent de reprendre leurs ressortissants. Et sur ce point, la réalité diplomatique est souvent plus complexe que les promesses politiques. Reste surtout une autre inconnue : pour espérer un avenir national, Yoann Gillet devra d’abord s’assurer que sa championne puisse effectivement se présenter. Car si la justice venait à empêcher Marine Le Pen de concourir, beaucoup d’équilibres internes pourraient être bouleversés. Y compris avec Jordan Bardella en solution de rechange.

 

En pleine Feria, la mairie perd son directeur historique. C’est un véritable coup de tonnerre en coulisses à la Ville de Nîmes. Le directeur historique des festivités, de la jeunesse et anciennement des sports vient de présenter sa démission. Une décision directement liée à la mise au placard décidée par la nouvelle majorité municipale. Pour le remplacer, trois recrutements seraient déjà dans les tuyaux. « Au-delà de l’impact sur la masse salariale, c’est d’un trait que l’on efface une immense expérience et une qualité de travail irréprochable. On mène une chasse aux sorcières contre un historique issu de la diversité et recruté à l’époque par Jean-Paul Fournier », raconte, amer, un agent administratif. Reste désormais une question très concrète : comment les services vont-ils s’organiser en pleine période estivale, alors que la ville doit gérer plusieurs événements majeurs ? « Désormais, à la mairie, certains pensent mieux savoir que tout le monde. Ils enchaînent les erreurs avec une obsession : détricoter l’héritage Fournier. » Mais en interne, cette décision ne fait pas l’unanimité, y compris au sein de la majorité municipale. L’adjointe aux Festivités, la socialiste Corinne Giacometti, aurait elle-même fait part de son mécontentement. « En pleine Feria, elle se retrouve en première ligne sans directeur. C’est un mauvais coup porté à sa délégation… » Derrière ce départ, c’est aussi la méthode de la nouvelle équipe municipale qui commence à interroger jusque dans ses propres rangs.

 

ANRU 3 : Nîmes veut déjà peser. Le Premier ministre a annoncé le lancement d’un ANRU 3. Ce troisième programme de rénovation urbaine, porté par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine, doit s’étendre sur la période 2030-2040 avec un accent particulier mis sur les villes moyennes. La feuille de route est déjà connue : lutter contre la précarité énergétique, combattre les déserts médicaux et renforcer la réponse face au narcotrafic. Nîmes est évidemment en première ligne. Dans ce contexte, le maire Vincent Bouget et son adjoint à l’Urbanisme, Pierre Jaumain, participeront à la Journée nationale de l’ANRU, le 24 juin prochain à Saint-Denis. « C’est une rencontre importante avec les nouveaux exécutifs locaux. Il faut que Nîmes soit bien représentée, que la ville pèse dans le futur plan et que celui actuellement en cours d’exécution continue de se dérouler normalement », explique une source bien informée. Car derrière les annonces nationales, l’enjeu est colossal pour la capitale gardoise. Entre Pissevin, Valdegour et les autres quartiers concernés par les transformations urbaines, Nîmes sait qu’une partie de son avenir dépendra aussi de sa capacité à obtenir de nouveaux financements de l’État.

 

Plantier, Pastor, Rouverand : la vie après la défaite. Chaque semaine, on tente de prendre des nouvelles des battus des Municipales. Après Julien Plantier — l’ancien premier adjoint de Jean-Paul Fournier — qui hésiterait encore à accepter la proposition de Christophe Madrolle à Avignon, tout en se voyant davantage à Arles aux côtés de Patrick de Carolis, voilà qu’un autre nom nîmois circule dans la cité arlésienne. Selon plusieurs sources, Frédéric Pastor, ancien adjoint aux Festivités, aurait lui aussi tenté un rapprochement avec le maire d’Arles. Mais ses SMS seraient restés sans réponse. Dans l’entourage de Patrick de Carolis, on ne prend même plus de gants : « Il ne veut pas de perdants dans son équipe. » L’ambiance est plus studieuse du côté de Valérie Rouverand. La présidente de Renaissance dans le Gard a repris ses activités de formatrice entre Paris et Lyon. Toujours présente dans l’entourage rapproché de Gabriel Attal — désormais officiellement candidat à la présidentielle — elle pourrait jouer un rôle plus important qu’on ne l’imagine dans les prochains mois. Enfin, au Grau-du-Roi, l’ancien maire Robert Crauste devrait conserver une fonction institutionnelle de poids : la présidence du Syndicat mixte de la Camargue gardoise. Comme souvent après une défaite municipale, certains cherchent un nouveau point de chute. D’autres préparent déjà la suite.

 

Père Bouget ? La première Feria de la nouvelle municipalité nîmoise révèle déjà quelques changements de méthode… et de symboles. Quelques jours avant les festivités, le service communication de la Ville a transmis la liste officielle des réceptions et événements où les élus seraient présents. Deux rendez-vous ont pourtant disparu du programme : la messe folklorique avec les groupes d’arts et traditions organisée ce dimanche à la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor, ainsi que la messe sévillane prévue lundi matin à l’église Sainte-Perpétue. Sous l’ère Jean-Paul Fournier, ces rendez-vous faisaient pourtant partie des traditions incontournables de la Feria. L’ancien maire, accompagné de nombreux élus de sa majorité, ne manquait jamais ces célébrations mêlant culture provençale, traditions sévillanes et folklore local. Mais cette année, changement de doctrine. Au nom de la laïcité, la Ville ne souhaite plus être officiellement associée à ces cérémonies religieuses, même si beaucoup estiment qu’elles relèvent davantage des traditions populaires que de l’expression cultuelle. Conséquence directe : l’apéritif offert habituellement par la municipalité à la sortie de la messe folklorique a été supprimé. Des consignes strictes auraient également été données au service communication avec interdiction de diffuser photos ou vidéos de ces deux événements religieux. La majorité assume pleinement ce repositionnement. « Il y aura bien un représentant de la Ville à la messe folklorique. En revanche, l’élu sera présent comme représentant de l’institution publique qu’est la mairie. Il ne manifestera aucune adhésion religieuse, dans le respect de la neutralité de l’administration municipale », explique Nicolas Cadène, élu de la majorité. Derrière cette polémique naissante, c’est déjà une autre vision de la laïcité et des traditions locales qui se dessine à l’Hôtel de Ville.

 

À Nîmes, les médailles de la Ville attendront. Autre changement symbolique de cette première Feria sous l’ère Bouget : la traditionnelle remise des médailles de la Ville n’aura pas lieu pendant la Pentecôte. Un rendez-vous pourtant bien installé sous les mandats de Jean-Paul Fournier. La cérémonie est finalement reportée à la Feria des Vendanges. Officiellement, il s’agit d’abord d’une question d’organisation. « C’est un problème de disponibilité pendant les festivités. Mais surtout, la nouvelle majorité veut prendre le temps de choisir les futurs récipiendaires », explique un élu municipal. En coulisses, certains y voient surtout la volonté de rompre progressivement avec les usages de l’ancienne équipe municipale et d’imprimer une nouvelle marque politique sur les cérémonies protocolaires de la Ville. Même dans les détails, les alternances finissent toujours par se voir.

 

150 000 euros pour un concert : la mairie de Bagnols fulmine. La nouvelle maire de Bagnols-sur-Cèze, Pascale Bordes, est en colère. En découvrant les engagements pris par l’ancienne majorité pour la programmation estivale, un dossier a particulièrement retenu son attention : le concert de Ben Mazué prévu cet été. « Ce ne sont ni les qualités artistiques de l’artiste ni sa personnalité qui sont en cause. Le problème, c’est le montant de la facture à payer », explique un proche de la nouvelle édile. Selon plusieurs sources, l’ancienne municipalité aurait signé un bon de commande avoisinant les 150 000 euros pour cette seule soirée, sans compter les frais d’hospitalité. « Au regard de la situation économique de la commune, c’est extrêmement cher payé. » Les services administratifs et financiers auraient bien tenté de trouver une issue pour annuler l’événement. Mais ils se seraient rapidement heurtés à la réalité juridique du contrat. « L’annulation aurait coûté quasiment aussi cher. Donc, cette fois, il n’y avait pas vraiment le choix. Mais ce sera le dernier concert à ce tarif-là. » Reste désormais une question : à quoi ressemblera la programmation du Mont-Cotton l’an prochain ? Là encore, le message envoyé par la nouvelle majorité est limpide. « Il y aura toujours des soirées musicales, mais avec des tarifs adaptés à nos moyens. Les grandes dépenses pour faire plaisir aux copains, à Bagnols, c’est terminé ! » Derrière la polémique sur ce concert, c’est surtout une rupture politique et budgétaire que la nouvelle équipe municipale veut afficher.

 

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