« Plus de 150 lieux, 200 expositions et près de 1 000 artistes » : c’est la promesse du Festival Off d’Arles, en marge des Rencontres de la photographie. Du 6 juillet au 4 octobre, galeries, boutiques, restaurants et bars exposent des collections en accès libre. Voici cinq propositions, à découvrir au hasard des rues.
1 – Sorry Mom
« Sorry Mom » (Pardon maman), peut-on lire sur une casquette noire. Sa visière, baissée, couvre le regard d’une jeune femme prise sur la playa de Carmen, au Mexique, en marge du festival BPM. Le photographe Étienne Racine a voyagé pendant cinq ans avant de poser ses valises à Arles. Il y a exposé ses clichés dans les rues, grâce au collage. « Cette technique a plein d’avantages, détaille l’artiste. Une photo dans la rue, il faut qu’elle t’interpelle tout de suite. Il n’y a pas de place pour les images conceptuelles trop académiques. »
Des bikers sikhs (indiens), une terrasse parisienne prise dans la brume d’une canicule, un salon de jardin en plein désert… À l’occasion de la sortie d’un livre consacré à son travail, Étienne Racine donne à voir des images pop du Canada, des États-Unis, du Brésil… Une exposition en noir et blanc d’un artiste haut en couleurs.
Du 1er juillet au 4 octobre 2026. Galerie Sorry Mom, ouverte du mardi au dimanche, de 10 h à 13 h et de 15 h à 19 h.
2 – After Hopper
« Si on pouvait le dire avec des mots, il n’y aurait aucune raison de le peindre. » Il fait nuit et, depuis le trottoir, on ne voit que l’intérieur du bar, éclairé par des plafonniers jaunes. À l’intérieur, une femme en robe rouge attend son verre au comptoir. La scène se détache d’un fond brut, fait de bâtiments en béton. Un tableau d’Edward Hopper ? Presque. Une photo peinte d’Anne Eliayan et Christian Pic. Installés à Arles depuis une dizaine d’années, les deux artistes proposent l’exposition « After Hopper », un hommage au célèbre peintre américain.
L’hors-champ, la couleur, les chemins de fer, les fenêtres… « Nous explorons tout ce que Hopper défendait », détaille Anne Eliayan. Là aussi, l’exposition va avec un projet de livre éponyme. « C’est une interview fictive d’Hopper, qui a toujours refusé d’en donner de son vivant, explique Christian Pic. On y fait apparaître la figure de Joséphine Nivison, femme d’Hopper, peintre méconnue bien que meilleure que son mari. C’est elle qui dessinait tous ses croquis et qui sélectionnait les premières couleurs des tableaux. »
Du 1er juillet au 15 octobre 2026. Arles Gallery, 8 rue de la Liberté. De 10 h à 19 h.
3 – Un brunch à Rio
Envie d’un brunch pendant les Rencontres ? Lové dans la rue Victor Hugo, le coffee shop Kiwi accueille « Rio Praia », un condensé d’images prises dans des lieux iconiques du Brésil. Copacabana, Ipanema, Leblon… L’occasion de savourer pancakes, bagels et burgers avec vue sur les quartiers iconiques de Rio de Janeiro.
Pendant le mois de juillet, le restaurant expose « Sois belle et sois belle », une collection du photographe Philippe Mondon. L’artiste s’y interroge sur l’image de la femme et sur « la femme prisonnière, de son image ».
Du 3 au 28 août 2026. Restaurant Kiwi, 6 avenue Victor Hugo. De 9h à 18h.
4 – Triple exposition à la papeterie L’Arlétiste
Les lumières d’une fête foraine à Coney Island, près de Brooklyn ; le quotidien d’un éleveur de vaches en Bretagne et la Camargue vue du ciel : trois expos, trois ambiances. C’est ce que propose L’Arlétiste, repaire des dessinateurs, peintres et artistes en tout genre. L’occasion d’acheter un peu de matériel pour s’essayer au croquis ou à l’aquarelle, tout en profitant de l’univers chargé de la poésie du souvenir de Claudine Coupé, photographe d’origine bretonne, installée à Nîmes.
Du 6 juillet au 5 octobre 2026. L’Arlétiste, 32 rue des Suisses. De 10h à 13h et de 14h à 19h.
5 – Une incursion du 7e art avec Jean-Luc Godard
Un rendez-vous pour les cinéphiles. Mitra Farahani, peintre et cinéaste iranienne, et les sœurs Maÿlis et Albane Seassau, toutes deux historiennes d’art, ont créé L’Oscillospace. Un espace éphémère, en face du bureau des Rencontres, où elles font vivre l’héritage de Jean-Luc Godard.
Au programme : des projections quotidiennes de Scénarios. D’une durée de 18 minutes, c’est le dernier film du cinéaste, réalisé à la veille de sa mort, volontaire. Également, la présentation d’un coffret appelé Scénario, au singulier. À l’intérieur, les fac-similés des cinq cahiers de préparation du film, réalisés par l’auteur. Tâches de café, ratures, coups de correcteur blanc : « Tout a été fait pour reproduire les objets d’origine que Godard a tenus dans ses mains. » Un véritable fantôme du film.
À L’Oscillospace, 29 rue du docteur Fanton. Du 6 au 12 juillet, de 10h à 20h, puis du 13 juillet au 31 août, de 10h à 13h et de 15h à 19h, du mardi au dimanche, puis sur rendez-vous.