Publié il y a 1 h - Mise à jour le 01.04.2026 - Rose Macauley - 3 min  - vu 193 fois

AU PALAIS Ce septuagénaire impose des caresses aux jumeaux de sa sœur

Le septuagénaire a été jugé, libre, devant le tribunal correctionnel de Nîmes.

- Tony Duret / Objectif Gard

Après avoir imposé 6 ans de sévices sexuels à son neveu et à sa nièce, le prévenu, âgé de 75 ans, échappe à un mandat de dépôt à la barre...

« Tonton nous a fait du mal à moi et à Hector* », dit une enfant face aux enquêteurs. Ce n’est que quelques années plus tard que l’auteur de ces maux comparaît devant le tribunal correctionnel de Nîmes pour avoir caressé les sexes de ses neveux, jumeaux, profitant alors de la confiance accordée par leurs parents. C’est au détour d’une visite médicale de routine que le pot au rose a été découvert. « Ce jour-là, ma vie s’est arrêtée », explique la mère des jumeaux. Louise, la fillette victime de son tonton, était alors couverte de scarifications. « Elle était dans un état très grave », explique Anne-Carine David, présidente à l’audience.

Le septuagénaire, tremblant à la barre, ne reconnaît pourtant rien. « Je n’ai jamais fait ça. Ce n’est pas moi », dit-il fermement. Pourtant, ces agissements ont laissé des traces. Les deux enfants sont victimes d’un choc post-traumatique. Louise*, elle, souffre de troubles de la mémoire. « J’ai mis du temps à m’en souvenir », dit-elle, avant de dénoncer des scènes insoutenables d’agressions sexuelles ayant pris place jusque dans son propre foyer familial. « Il se caressait contre moi », explique la fillette de moins de 15 ans au moment des faits. Des scènes qui lui sont revenues à l’occasion de flashes successifs. Atteinte d’une maladie neurodégénérative, l’adolescente aujourd’hui âgée de 17 ans, peine à se remettre de cet épisode traumatique.

Deux tentatives de suicide

Marquées à jamais, les deux victimes revivent leur traumatisme par des odeurs, voire des matières, symboles de leurs cauchemars vécus aux côtés de leur oncle. Louise a d’ailleurs tenté de s’ôter la vie par deux fois, dont l’une lors d’une hospitalisation en psychiatrie. Le prévenu reste pourtant encore et toujours sur ses positions, justifiant les difficultés des deux enfants par leurs déménagements et l’absence de leur père, souvent amené à se déplacer dans le cadre professionnel. À la barre, il parle également d’un complot orchestré par le père des enfants pour le faire accuser de ces horreurs. « On ne sent tous responsables, sauf lui », dit la mère d’Hector et Louise, décrivant son frère comme « un monstre ».

La personnalité du prévenu n’est pourtant pas inconnue dans le cercle proche. Lors d’une réunion familiale, le septuagénaire aurait lui-même dit être « un peu trop à l’aide avec les enfants ». Une allégation qu’il réfute aujourd’hui, face au tribunal. Le décrivant comme « un délinquant sexuel d’habitude », maître Florence De Prato parle d’une centaine de scènes de violences sexuelles. Malgré tout, un examen psychiatrique souligne que l’homme est pleinement responsable de ses actes. Des actes qui ne se seraient pas limités aux jumeaux. Deux de leurs cousines ont également porté plainte contre leur oncle pour des faits similaires, qui auraient pris place quelques années au paravent.

Pas de prison ferme

« J’espère que la réponse judiciaire donnée leur permettra d’avancer », lance Nathalie Welté, procureure de la République, face aux jumeaux et leurs parents. « Ce qu’il a fait, c’est honteux », ajoute-t-elle, avant de demander une peine de 5 ans d’emprisonnement à l’encontre du prévenu, dont deux ans de sursis probatoire. « Je pense qu’il faut qu’il aille en prison », dit-elle avant de demander un mandat de dépôt à délai différé à son encontre. S’appuyant sur le mutisme de son client, maître Camille Alliez, a plaidé le doute dans cette affaire. Un doute qui, selon la loi, doit profiter au prévenu. « Il n’a jamais commis d’actes à leur encontre », ajoute son conseil.

À l’issue d’un procès de près de quatre heures, le tribunal a déclaré le septuagénaire coupable des faits lui étant reprochés. Tenant compte de son âge et de l’absence de mentions sur son casier judiciaire, le prévenu n’a pas été condamné à de la prison ferme avec mandat de dépôt à la barre. Il a écopé d'une peine mixte de 5 ans d'emprisonnement dont 2 assortis d'un sursis probatoire pendant 3 ans. Dans ce cadre, il va notamment devoir indemniser les victimes et se soumettre à un processus de soins. L'homme va pouvoir regagner son domicile, mais sera prochainement incarcéré en maison d'arrêt.

*Les prénoms des victimes ont été modifiés, dans le but de préserver leur anonymat.

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