« Si tu n’es pas sage, je peux faire en sorte que tu ne deviennes pas policière municipale », aurait lancé le prévenu à l’une des victimes. L’histoire débute au début de l’année 2022. En pleine préparation du concours de police municipale, une agente de surveillance de la voie publique (ASVP) aurait été confrontée aux comportements déplacés de Jean-Michel, policier municipal à Villeneuve-lès-Avignon à l’époque des faits. « Tu es comme un gâteau dans une vitrine, on ne peut que lécher la vitrine, mais on ne peut pas le goûter », aurait-il dit lors d’un trajet en voiture avec elle. Des trajets pendant lesquels le gradé de la police municipale profiterait de se retrouver seul avec des agentes féminines pour leur toucher les cuisses. L’une des victimes, absente à l’audience, a même évoqué que l’homme d’une cinquantaine d’années lui aurait imposé une sortie de route, puis un massage à la cuisse jusqu'à l'aine. « Ce ne sont pas des choses qu’on invente », dit son avocat, soulignant que sa cliente positionnait une bouteille d’eau sur sa cuisse pour éviter tout contact.
« Il ne s’est jamais rien passé », rétorque avec véhémence le policier à l’audience du tribunal correctionnel de Nîmes. En-dehors de ces faits, l’homme est également décrit comme porté sur la sexualité, notamment en lien avec ses propos régulièrement considérés comme étant graveleux par ses collègues. Il aurait d'ailleurs décrit l’une des victimes comme étant « bonne ». Lors d’un autre épisode étrange, la même victime se serait accroupie aux côtés de son chef. L’homme lui aurait alors dit : « Tu es à la bonne hauteur, je t’en ferai des trucs à toi. » Selon les propos de cette victime et d’un témoin, recueillis par les enquêteurs, l’homme se serait permis de lui remettre en place un passant à l’arrière de son pantalon, effleurant alors ses fesses. Un comportement tendancieux qui a causé la réaction d’une autre collègue, choquée par ces faits. L’événement est pourtant décrit par son auteur comme « un réflexe malheureux ».
« Quand on lui disait d’arrêter, il arrêtait »
« C’est un métier d’hommes, les femmes doivent s’adapter », dit l’une des anciennes policières municipales de la brigade de Villeneuve-lès-Avignon, citée par la défense. Pourtant, elle confirme, face au tribunal, qu’elle aussi a été victime de mains aux fesses. Elle décrit également avoir dû écrire un rapport en étant assise sur les genoux du prévenu, ce dernier ne voulant pas lui céder la place. Malgré tout, la jeune femme ne s’estime pas victime d'actes à sous-entendu sexuels : « Quand on lui disait d’arrêter, il arrêtait. » Contestant être à l’origine de ces faits, le prévenu, aujourd’hui retraité de la police municipale, évoque un complot basé sur de la jalousie vis-à-vis de son poste de chef.
« Dire que tout a été fait sur le ton de la plaisanterie, je ne peux pas l’accepter », dit Stéphane Bertrand, procureur de la République, dénonçant « des propos doublés à la moindre occasion par des gestes ». À l’issue de son réquisitoire, le procureur a requis la peine d’un an d’emprisonnement avec sursis à son encontre, prenant en compte son casier vierge. Plaidant la relaxe de son client, maître Tristan Musso, avocat du barreau d’Avignon, souligne les excellents états de service du prévenu au cours de sa trentaine d’années en tant que policier municipal. La décision a été mise en délibéré. Elle sera rendue le 12 mai prochain…