Publié il y a 1 h - Mise à jour le 30.01.2026 - Thierry Allard - 3 min  - vu 23 fois

AVIGNON Des vœux engagés pour la présidente de la Compagnie nationale du Rhône

La présidente du directoire de la CNR, Laurence-Borie-Bancel, lors de la cérémonie de voeux, jeudi à Avignon

- Thierry Allard

Ce jeudi, la présidente du directoire de la Compagnie nationale du Rhône (CNR) Laurence Borie-Bancel, présentait ses voeux aux institutionnels de la partie Rhône aval, qui concerne notamment la façade rhodanienne gardoise, au Palais des Papes d’Avignon.

L’occasion, pour celle qui dirige la société anonyme d’intérêt général qui gère le Rhône et y produit de l’électricité, de dresser le bilan de 2025, mais aussi et surtout de faire passer des messages aux décideurs publics.

2025 pour commencer, « une année contrastée pour CNR, marquée par l’instabilité institutionnelle et politique qui nous a impactés », commence-t-elle. Pour autant, Laurence Borie-Bancel retient « du positif », avec la perspective de voir le régime des concessions sur le Rhône passer à celui des autorisations qui s’éloigne, et avec elle celle de voir la CNR mise en concurrence au niveau européen. « Il y a un accord de principe de la Commission européenne », souligne-t-elle, le dossier revenant dès la semaine prochaine devant les parlementaires français.

L’année qui vient de s’achever a aussi vu « du beaucoup moins positif », estime-t-elle, surtout sur les énergies renouvelables hors hydroélectricité. La CNR compte aussi un parc photovoltaïque et éolien et deux filiales dans ces secteurs, SolaRhôna et Vensolair, et « en particulier en 2025, ces énergies renouvelables ont été attaquées de manière extrêmement virulente », lance-t-elle, avant de souligner que la CNR était « fière » de sa production et « toujours convaincue que la décarbonation et la souveraineté énergétique de la France passeront par une massification des énergies renouvelables sur les territoires. »

« Il nous faut un cap, et il faut s’y tenir »

Des projets qui « avancent, grâce au soutien d’acteurs engagés », reprend-elle, avant de citer la mise en service des toitures photovoltaïques des collèges des Bouches-du-Rhône et un partenariat à venir avec la société d’économie mixte gardoise, la Segard. Des acteurs locaux, alors que ça coince toujours au niveau de l’État : « Depuis trois ans, nous attendons la Programmation pluriannuelle de l’énergie, l’absence de cette planification pèse sur la filière énergétique, laissée sans visibilité », affirme Laurence Borie-Bancel, qui parle « d’enjeu vital », que ce soit pour la balance commerciale du pays (« la dépendance énergétique coûte 64 milliards d’euros par an ») ou pour « atteindre la neutralité carbone en 2050 ».

« On ne peut pas sans cesse subir des ‘stop-and-go’, il nous faut un cap, et il faut s’y tenir », poursuit-elle, car « changer de cap signifie des faillites ». Le message est clair, et accompagné du bilan des « avancées significatives sur le plan industriel » de CNR qui reste, avec 13,2 tWh d’électricité produite sur le fleuve et 1,7 tWh produits par l’éolien et le photovoltaïque, soit « l’équivalent en tout de la consommation de 6,4 millions d’habitants », rappelle la présidente du directoire, le deuxième producteur français d’électricité, une électricité 100 % renouvelable qui plus est.

« D’ici 2027 185 millions d’euros auront été redistribués »

Et la CNR a pu investir, rassurée par la loi de prolongation de sa concession jusqu’en 2041 et le maintien des investissements initialement dédiés à la construction d’un 20ᵉ ouvrage sur le Rhône, construction abandonnée. Ces investissements, 300 millions d’euros, vont être « intégralement dédiés à des projets qui créeront de la valeur sur la concession et sur les territoires », avance-t-elle, avec plus de moyens pour le plan 5 Rhône, « pour accompagner les projets du territoire ». La maire d'Avignon, Cécile Helle, donnera un exemple de ces projets en introduction avec la voie de déplacement doux réalisée le long du Rhône vers la confluence.

« De 2022 à 2025, nous avons investi 145 millions d’euros pour 495 projets », rajoute Laurence Borie-Bancel, qui précise que « d’ici 2027 185 millions d’euros auront été redistribués, et ce plan sera suivi d’un deuxième, puis d’un troisième. » Localement, ça concerne le démarrage de deux chantiers de tronçons de ViaRhôna, Beaucaire - Saint-Gilles et Bellegarde - Saint-Gilles.

Sur les investissements CNR, en 2025 la Compagnie a construit la petite centrale hydroélectrique de Vallabrègues, modernisé des vannes de barrage, notamment à Caderousse (Vaucluse), poursuivi le chantier de la passe à poissons de Beaucaire, qui sera mise en service cette année. En 2026, « nous allons ouvrir deux gros chantiers, le doublement des portes des écluses de Bollène et de Châteauneuf-du-Rhône », avance la présidente du directoire.

Et la CNR veut aussi « aller plus loin » sur la préservation de la biodiversité, après avoir « mené la restauration écologique du Rhône sur 120 kilomètres sur 550, et réalisé plus de 60 ouvrages de passes à poissons », rappelle-t-elle. Car « le Rhône fait déjà face au changement climatique, et il y a un enjeu crucial de concilier les différents usages », poursuit Laurence Borie-Bancel, qui souhaite faire de la CNR « le référent ressource en eau sur le Rhône », notamment en mettant en place « un centre de supervision de la ressource en eau. »

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