Publié il y a 1 h - Mise à jour le 14.05.2026 - Yannick Pons - 3 min  - vu 55 fois

CULTURE À Nîmes, l’eau remonte le fil de l’histoire de la ville au musée du Vieux Nîmes

expo eau nimes vieux musee

Lisa Laborie-Barrière

- @Yannick Pons

Dans le cadre de la saison municipale « L’eau, source d’inspirations », le musée du Vieux Nîmes présente « Résurgences, l’eau à Nîmes » jusqu’au 22 novembre 2026. L’exposition, portée par Lisa Laborie-Barrière, raconte une ville née d’une source, façonnée par ses canaux, ses pénuries, ses crues et ses usages quotidiens.

Du 9 avril au 22 novembre 2026, la Ville de Nîmes consacre une saison culturelle à l’eau. Musées, sciences, art, histoire urbaine et enjeux environnementaux s’y croisent au fil d’une série d’expositions. Au musée du Vieux Nîmes, Lisa Laborie-Barrière, conservatrice des musées du Vieux Nîmes et des Cultures taurines, présente l’exposition « Résurgences, l’eau à Nîmes ». Ici, l’eau n’est pas seulement une ressource. Elle fonde la ville, la traverse, l’organise, disparaît parfois sous terre, puis revient en surface lors des épisodes pluvieux.

Résurgences

Le titre en dit déjà beaucoup. « Résurgences » renvoie à la source des jardins de la Fontaine, lieu de fondation mythique de Nîmes par les Volques, mais aussi à cette eau nîmoise souvent invisible, liée à la nappe phréatique, aux cadereaux, au Vistre et aux réseaux souterrains.

Dans les salles du musée, des dispositifs de médiation ont été réalisés par les étudiants de la licence Design d’Unîmes, dont des cartes en relief, une maquette des Jardins de la Fontaine et une animation autour de la maquette du canal de l’Agau. La première pièce pose les bases géographiques et géologiques. Comprendre l’eau à Nîmes, c’est d’abord regarder le relief, les garrigues, les cadereaux d’Alès et d’Uzès, le Vistre, la Vistrenque. L’exposition rappelle que la ville naît près de la source de la Fontaine, où un premier habitat se structure dès le Vᵉ siècle avant J.-C. La population volque y installe un sanctuaire. Plus tard, les Romains aménagent ce site et développent un urbanisme hydraulique, du sanctuaire de la Fontaine à l’aqueduc venu d’Uzès, dont le Pont du Gard reste le monument le plus célèbre.

Le canal de l'Agau

La deuxième pièce avance de quelques siècles dans le temps. Après l’arrêt de l’aqueduc, à partir du VIᵉ siècle, la source de la Fontaine et la nappe phréatique assurent l’approvisionnement de la ville. L’eau devient un enjeu de pouvoir, d’usage et de partage. La pièce maîtresse de l'exposition est la maquette de la rue de l’Agau. Le canal, recouvert il y a 150 ans, coulait à l’air libre sur toute la longueur de la rue et structurait une partie de la vie économique nîmoise. Grâce à l’animation conçue par les étudiants, le visiteur comprend le rôle du canal dans l’activité textile, les ateliers de teinturiers, les moulins, les odeurs, les nuisances, mais aussi l’organisation sociale d’une rue où artisans et notables cohabitaient.

Ensuite l'exposition s’attache à la Fontaine et à ses jardins. Source principale d’alimentation en eau, elle occupe une place centrale dans l’imaginaire nîmois. Le parcours montre l’évolution du site, de l’ancien sanctuaire à l’espace de promenade. Au XVIIIᵉ siècle, les besoins croissants, les pénuries et les travaux hydrauliques entraînent une transformation profonde du lieu. Les vestiges antiques mis au jour modifient le projet, qui devient peu à peu un jardin d’agrément. Les œuvres graphiques, gravures, peintures et photographies permettent aussi de situer les points de vue dans les jardins actuels.

La fontaine Pradier

La dernière pièce conduit vers la fontaine Pradier. Le guéridon marqueté représentant l’Esplanade et la fontaine ouvre le regard sur ce monument devenu marqueur urbain. Au milieu du XIXᵉ siècle, face à la gare, la ville veut une entrée monumentale. Un concours est lancé. L’architecte Charles Questel l’emporte parmi 27 propositions. James Pradier réalisera ensuite les sculptures, d’après le dessin initial de Questel. L’exposition présente aussi le dessin lauréat du concours, les essais de posture des statuettes préparatoires de Nemausa et Era, et des éléments techniques liés au fonctionnement hydraulique de la fontaine, qui était irriguée à l'époque par la résurgence de la Fontaine. Enfin, une exposition photo montre les inondations, les chantiers et les réseaux parfois invisibles qui continuent de structurer la ville aujourd'hui. Après 1988, Nîmes a repensé sa gestion des eaux pluviales.

Infos pratiques
« Résurgences, l’eau à Nîmes », musée du Vieux Nîmes, place Mère-Teresa. Jusqu’au 22 novembre 2026. Ouvert du mardi au vendredi de 10h à 18h, samedi et dimanche de 10h à 18h30. Fermé le lundi et les jours fériés des 1er et 11 novembre.

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