Tout a commencé le 30 janvier dernier. L'aire d'accueil des gens du voyage du chemin de Canteperdrix, fermée pour travaux de rénovation depuis le début de l'année, voit plusieurs caravanes s'installer à son entrée, sans autorisation. La loi prévoit un délai maximum de dix jours pour ce type d'occupation. Selon des habitants du quartier, certaines caravanes sont restées jusqu'à quatre mois sur place.
Ces occupants, ne pouvant accéder à l'aire faute de documents en règle, se seraient branchés directement sur le transformateur électrique et sur le réseau d'eau de la ville. "Ils volent l'électricité directement branchée sur le transformateur. Ils volent l'eau de la ville. Des litres d'eau se déversent dans la nature", témoigne une habitante du quartier. Ces branchements sauvages auraient eu des répercussions directes sur les riverains, réduisant ponctuellement leur puissance électrique disponible. Enedis, selon les habitants, aurait refusé à plusieurs reprises de se déplacer pour intervenir sur le transformateur, invoquant des conditions d'intervention difficiles. Nîmes Métropole confirme de son côté qu'Enedis a effectué pas moins de vingt interventions sur ce transformateur depuis 2022. Enedis est en ce moment en train de travailler sur la possibilité de déplacer le transformateur pour solutionner le problème.
Des dégradations et un risque incendie signalés
Les riverains font également état de dégradations répétées sur les infrastructures du quartier. Le réseau téléphonique d'Orange aurait été régulièrement vandalisé, contraignant l'opérateur à installer la fibre optique pour mettre fin aux vols de câbles. Des caravanes auraient par ailleurs été brûlées à plusieurs reprises à proximité du camp, conformément à une pratique culturelle liée notamment au deuil. Ces incendies ont nécessité l'intervention des pompiers et ont provoqué des départs de feux dans la végétation environnante. Les habitants s'inquiètent du risque que représentent ces feux à proximité des habitations et de la garrigue.
Sur le plan sanitaire, des résidents signalent des nuisances liées à l'absence d'accès aux sanitaires de l'aire pour les occupants installés à l'extérieur.
Les riverains interpellent les autorités
Plusieurs habitants indiquent avoir alerté à de nombreuses reprises les forces de l'ordre, la mairie de Nîmes et la préfecture, sans obtenir de réponse satisfaisante à ce jour. "Monsieur le maire est au courant, monsieur le préfet est au courant. Et monsieur le préfet ne prend pas de décision pour fermer ce camp", déclare une riveraine, qui dit attendre cette décision depuis le 11 avril. Elle et d'autres habitants s'interrogent sur les délais de traitement d'une situation qu'ils jugent intenable. "Il attend quoi, qu'il y ait un drame ?", s'interroge-t-elle.
Nîmes Métropole confirme avoir enclenché les procédures
Du côté de Nîmes Métropole, Tom Roussel, directeur adjoint de la communication, confirme que les démarches ont été initiées. L'aire fait l'objet d'une fermeture administrative depuis la mi-avril jusqu'au 14 juillet. Les habitants du quartier auraient entendu dire que “Des blocs de béton ont été commandés pour condamner l'accès au transformateur et des travaux d'enrochement sont prévus à l'entrée du site afin d'empêcher de futures installations illégales”. Pour procéder à l'évacuation des occupants encore présents, la collectivité indique attendre l'appui des forces de l'ordre, lequel relève d'une décision préfectorale. "Nous sommes en attente", précise-t-il, ajoutant qu'une première réunion a eu lieu en préfecture avec la vice-présidente de Nîmes Métropole, et qu'une réunion de concertation sera organisée prochainement. "Nous connaissons la gêne occasionnée pour les riverains. Nous mettons tout en œuvre pour que cette situation cesse le plus rapidement possible", conclut-il.