Publié il y a 2 jours - Mise à jour le 13.05.2026 - Abdel Samari - 2 min  - vu 1890 fois

ÉDITORIAL Hantavirus : le spectre d’une nouvelle crise sanitaire ?

Des masques bientôt de retour ?

- Photo d'illustration DR

Cinq ans après le Covid, l’apparition de plusieurs cas d’hantavirus réveille de vieux réflexes et impose une prudence maximale aux autorités sanitaires.

L’ancien député gardois MoDem Philippe Berta, généticien, docteur en biochimie et pharmacologie, chercheur au CNRS, expliquait déjà sur notre plateau TV en 2020 que nous devrions apprendre à vivre avec des épidémies comme celle du coronavirus. Celui qui avait participé aux travaux liés à la pandémie alertait alors sur les risques épidémiques mondiaux et sur l’émergence probable de nouveaux virus de même nature. Hier après-midi, en écoutant la conférence de presse de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, difficile de ne pas voir ressurgir les propos du scientifique gardois. Car si l’hantavirus n’est pas le coronavirus, il ravive forcément des souvenirs encore très présents dans les esprits. Ce que l’on sait aujourd’hui reste limité. Et c’est précisément cette part d’inconnu qui nourrit les inquiétudes. Les autorités sanitaires peinent encore à mesurer avec précision les dégâts que ce virus peut provoquer. L’une des principales interrogations concerne sa circulation au sein de la population et le moment exact où une personne devient contagieuse. Une certitude néanmoins : il s’agit bien d’une maladie infectieuse dont la transmission interhumaine est désormais avérée. Autre sujet de préoccupation : l’incapacité, à ce stade, à déterminer pourquoi certains patients voient brutalement leur état de santé se dégrader. Ces zones d’ombre entretiennent naturellement un climat anxiogène dans une société encore marquée par le traumatisme du Covid. Alors, faut-il redouter le retour du masque ? Du confinement ? D’une campagne massive de vaccination ? Pour l’heure, rien ne permet de l’affirmer. Et c’est sans doute la principale différence avec 2020. Car contrairement au Covid à ses débuts, l’hantavirus n’est pas totalement inconnu des scientifiques. Même si aucun vaccin n’existe aujourd’hui pour s’en protéger et que l’hypothèse d’une mutation du virus n’est plus totalement écartée. Autour de la ministre, les médecins présents hier ont affiché une extrême prudence. Une attitude qui tranche avec certains experts médiatiques du début de la pandémie de Covid, lorsque beaucoup évoquaient encore une simple « grippette ». Cette fois, le ton est plus mesuré, plus grave aussi. Même si le nombre de cas demeure, à ce stade, relativement limité. Vingt-deux Français, dont plusieurs enfants, sont actuellement concernés. Parmi eux, une femme testée positive à l’hantavirus se trouve actuellement en réanimation. Il n’y a donc pas matière, aujourd’hui, à céder à la panique. Mais la multiplication des réunions ministérielles, des prises de parole officielles et des conférences de presse montrent clairement une chose : au sommet de l’État, cette nouvelle menace sanitaire est prise avec le plus grand sérieux.

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