Publié il y a 1 h - Mise à jour le 15.05.2026 - François Desmeures - 3 min  - vu 70 fois

FAIT DU JOUR À Lanuéjols, bisons d'Amérique et vaches Angus disposent de 550 hectares

Sauvage, l'animal n'hésite pas à charger si l'humain s'en approche

- François Desmeures

Depuis plus de trente ans, les bisons d'Amérique font partie du décor du causse Noir, grâce à la famille Balembois. Élevés pour leur viande, les bovins sauvages représentent aussi un potentiel touristique très important depuis l'ouverture et attirent de nombreux visiteurs durant la saison. La ferme est aussi devenue un lieu de compétition, avec un concours de tri de bétail, ce week-end, et un autre en juillet. Le tout dans une ambiance qui évoque forcément un peu les grandes plaines américaines.

Sauvage, l'animal n'hésite pas à charger si l'humain s'en approche • François Desmeures

La première livraison date de 1991, en provenance du Canada. Une deuxième importation a suivi, en provenance du même pays. Car si on associe les bisons d'Amérique aux grandes plaines des États-Unis, les bovins existaient avant les frontières nationales. Et les bisons d'Amérique évoluent aisément "entre - 40 et + 40°", explique Nathan Balembois, associé sur la ferme avec son père, Laurent, et son grand frère, Théo. L'Amérique du Nord, dans son ensemble, était donc le terrain de jeu de ces bovins massifs.

Nathan Balembois est associé dans la ferme avec son père et son grand frère • François Desmeures

À Lanuéjols, les 80 bisons d'Amérique partagent leurs 550 hectares - dont 200 hectares clôturés pour eux seuls - avec un peu moins d'une centaine de vaches de race Angus et quelques chevaux. De quoi s'ébattre joyeusement, tout de même. "Mais ça convient juste à ce qu'il faut comme pâturage", explique Nathan Balembois. En sachant qu'une part de la surface est dédiée au foin, pour nourrir les bêtes toute l'année. Car, si la ferme est surtout connue pour son aspect touristique et ses animations estivales, elle est avant tout un site de production agricole. 

Les 80 bisons du ranch sont répartis en deux troupeaux • François Desmeures

Quatre-vingts bisons, et bientôt 110 vaches de race Angus suffiraient à fournir du travail toute l'année aux trois associés familiaux. "Le tourisme, il y avait l'idée dès le départ, mais ce n'était pas obligatoire, rembobine Nathan Balembois. Et puis, dans le tourisme, il y a pas mal d'activités." En commençant par montrer les animaux en question car, si les élevages se sont développés depuis que Randals Bison existe, il n'est pas donné au commun des mortels de croiser régulièrement l'espèce. 

Les bisoins disposent de 200 hectares clôturés sur les 550 de la ferme • François Desmeures

Voir les bisons, c'est bien. Les approcher, en charrette, voire les goûter au restaurant du domaine, c'est encore mieux. La famille Balembois ne s'est pas arrêtée à cela. Elle a également développé des activités équestres, dont des spectacles qui jalonnent l'été, mais aussi des balades à cheval. "On réserve aussi nos gîtes pour les cavaliers, qui viennent réaliser l'initiation au tri de bétail." Ces samedi et dimanche, c'est même une compétition que le ranch accueille, de tri de bétail western. Deux cowboys et cowgirls doivent trier, par ordre croissant, dix vaches numérotées, d’un enclos à un autre, le plus rapidement possible. 

La ferme accueille aussi des chevaux qui servent pour le tri de bétail ou les balades à cheval • François Desmeures

Avec les bisons d'Amérique, l'exercice est exclu. "Ça reste un animal sauvage, explique Nathan Balembois. Pour les soins, on se sert d'un couloir de contention, ainsi que d'une cage de contention. On ne peut pas en faire sans ça." L'outil provient directement des États-Unis. Et, malgré ces précautions d'usage, un bison s'est récemment blessé, en faisant sauter ses pattes arrière au-dessus du dispositif, soit à plus de deux mètres. Pas mal pour un mastodonte qui atteint souvent une tonne, pour les mâles, et entre 500 et 600 kilos pour les femelles. "Même à cheval, les guider est dangereux, insiste Nathan Balembois. On les attire avec de la nourriture, et on les pousse souvent avec un véhicule."

Nathan Balembois explique le parcours du bison dans le couloir de contention • François Desmeures

Le couloir de contention s'achève par une cage, indispensable pour prodiguer des soins aux bisons • François Desmeures

Si robustes soient-ils, les bisons d'Amérique "attrapent assez facilement les maladies", malgré leur côté "très rustique". Un argument supplémentaire pour la ferme en vue de la diminution du nombre de bisons. "On est en transit, explique Nathan Balembois. On veut monter le nombre de vaches et descendre à une soixantaine de bisons." Sans, pour autant, couper les ponts avec ce qui a fait l'histoire du ranch et continue à le faire vivre, grâce à une viande très valorisable et à des visiteurs curieux de rouler sur les mêmes pâturages que ces colosses. Randals Bison a même récemment acheté deux mâles hors ferme "pour éviter la consanguinité".

Le chariot de 65 places pour aller voir les bisons de près • François Desmeures

Et, désormais, il n'est plus nécessaire de faire traverser l'Atlantique aux bisons d'Amérique. "Il existe maintenant une vingtaine d'élevages en France, estime Nathan Balembois, et d'autres en Italie, Suisse ou Belgique. L'an dernier, l'un d'eux a arrêté et nous a vendu douze bisons. On a gardé un mâle. Le deuxième vient de l'Allier, d'un élevage de 400 bisons." 

Ambiance des grandes plaines américaines sur le causse Noir • François Desmeures

La viande écoulée part en vente directe. "Mais, comme on réduit le cheptel, on l'écoulera surtout lors des soirées." Car, en plus de recevoir des visiteurs durant toute la saison, Randals Bison organise six spectacles dans l'été, ainsi que des repas à la ferme. Avec deux points d'orgue : un nouveau week-end de tri de bétail, en plus de celui de ces samedi et dimanche, entre les 16 et 19 juillet. Puis, le 15 août, le repas - avec viande à volonté - sera accompagné d'un spectacle et d'un concert. Le rendez-vous idéal pour découvrir la ferme, son décor et son ambiance de Far West, ainsi que sa production insolite. Et, surtout, tendre et savoureuse…

Nathan Balembois dans le manège qui accueille les compétitions de tri • François Desmeures

La salle de restaurant, dans une ferme agricole typiquement caussenarde • François Desmeures

Randals bison est installé dans une ferme caussenarde âgée de 300 ans • François Desmeures

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