Publié il y a 11 mois - Mise à jour le 14.07.2023 - Corentin Corger - 4 min  - vu 2796 fois

FAIT DU JOUR Benoît, ce polytechnicien nîmois qui défile pour le 14-Juillet

Benoît a grandi à Nîmes dans le quartier de la Cigale

- Photo Ecole polytechnique / J.Barande

En ce jour de fête nationale, peu avant 11 heures, un Nîmois aura la chance de défiler sur les Champs-Élysées. Il s'agit de Benoît, âgé de 21 ans, qui fait partie de la prestigieuse école Polytechnique. Portrait. 

« Je suis plus Nîmois que Normand ». Né à Vernon (Eure), Benoît est arrivé à Nîmes dès ses six mois. Un père médecin, une mère pharmacienne, le jeune homme grandit dans le quartier de la Cigale et s’épanouit dans le sport (tennis, volley) puis la musique notamment le piano et les percussions. Il étudie au collège Jean-Rostand puis au lycée Alphonse-Daudet avec une appétence pour les sciences. Son bac scientifique en poche, cet adolescent doué poursuit avec une classe préparatoire MPSI (Mathématiques Physique Sciences de l’Ingénieur) à Lyon. Le Nîmois a alors un déclic et souhaite intégrer Polytechnique, la prestigieuse école militaire qui forme les grands ingénieurs français.

« Le monde militaire m’intéressait beaucoup, mais je ne voulais pas m’engager toute ma vie. Polytechnique, c’est le compromis idéal », commente l’intéressé qui échoue une première fois à seulement huit places. Déterminé, il retente sa chance malgré d’autres belles opportunités et son travail paye. Parmi 800 inscrits, le Gardois termine 25e sur les 80 chanceux reçus et part pour quatre ans de formation. En septembre 2022, il débarque donc à la capitale avec une soif de découverte et de l’ambition. Une première année qu’il qualifie « d'exceptionnelle », axée sur la partie militaire avec notamment un mois à vivre dans un camp du côté de la Creuse.

Chef d'une ambulance et secours d'urgence

« On n’oublie d’où on vient, on est tous rassemblés en portant le même uniforme, on apprend à marcher au pas. J’ai adoré, c’était vraiment une belle expérience », apprécie Benoît heureux d’avoir découvert ce milieu. Un cursus qui l’amène à choisir une armée ou un organisme civil pour réaliser un stage de six mois. Son choix se porte sur la brigade de sapeurs-pompiers de Paris. Après deux mois de formation, le Polytechnicien est nommé à la tête d’une ambulance pour le secours d’urgence à victime auprès de la population et enchaîne ainsi des gardes de 48 heures.

Benoît s'est épanoui lors de son stage chez les pompiers  • Photo école Polytechnique

Des relevages de personnes tombées mais aussi des accidents de la route, des malaises cardiaques ou encore des accouchements rythment son quotidien. « J’ai tellement adoré l’expérience que j’ai décidé de continuer », confie-t-il. Ainsi, l’étudiant de 21 ans s’est engagé comme réserviste bénévole à raison d’une garde par mois à l’approche des Jeux Olympiques de Paris (26 juillet – 11 août 2024). Des interventions qui lui font voir la vie différemment : « J’ai vu des conditions de vie inédites avec des logements où il y a peu d’espace pour vivre. On voit que l’on n’a pas tous la même chance. »

« C’est comme de la natation synchronisée mais à pied »

Benoît s’est donné les moyens de vivre certains moments privilégiés à l’image de celui qui l’attend tout à l'heure, un peu avant 11 heures. Le Nîmois va défiler sur les Champs-Élysées en ce 14 juillet, jour de fête nationale ! Parmi les 500 élèves de sa promotion, il a été sélectionné pour faire partie des 286 polytechniciens qui ont la chance de marcher devant de nombreux spectateurs et des millions de Français devant leur télévision. Depuis le 3 juillet, Benoît et ses camarades répètent tous les jours au camp de Satory à Versailles où l’avenue parisienne est bien imitée avec des pavés.

Benoît, au dernier rang, entouré des autres élèves qui ont fait une formation humaine militaire chez les Sapeurs-Pompiers de Paris  • Photo école Polytechnique

Il y a quelques jours, ils ont eu droit à une unique répétition sur les Champs à 4 heures du matin. « Tout parait plus grand qu’en vidéo, c’est vraiment impressionnant. J’avais le sourire tout le long et la descente va très vite », se réjouit-il. Même si le mot d’ordre est concentration car il faut respecter une chorégraphie parfaitement huilée. « C’est comme de la natation synchronisée mais à pied », compare le Nîmois qui va devoir marcher environ un kilomètre durant près de 15 minutes en parfaite harmonie avec ses compagnons. Deux pelotons constitués de 10 rangées de 14 personnes.

Son grand frère défile aussi 

La synchronisation doit être parfaite : pour les pas, les bras levés en même temps et à la même hauteur, être bien aligné en rangée et en colonne tout en regardant devant soi. Mais comment faire pour tenir la cadence ? « Le seul moyen c’est la musique, tout se fait par rapport à la musique militaire. Après on sait marcher au pas et on peut aussi compter si besoin pour permettre à quelqu’un de reprendre le fil », explique notre Gardois qui fera partie des premiers à défiler avec les troupes à pied et qui présentera son épée au passage du président de la République Emmanuel Macron. Ce dernier profite de chaque moment : « Je vis les répétitions au jour le jour, même si j’ai hâte d’être le jour J. Je profite de chaque instant, le dernier sera le plus beau. »

Une fierté pour ses parents qui seront présents à Paris et ses grands-parents qui le suivront attentivement. L’émotion sera d’autant plus forte pour cette famille car le grand frère de Benoît, qui a grandi en région parisienne, participe aussi au défilé aux manettes de son rafale dans la flotte aérienne de la marine nationale. Un honneur pour notre Nîmois de défiler, lui qui aime revenir dans le Sud quand il le peut pour retrouver sa famille ainsi que le soleil et le chant des cigales qu’il entendait peu du côté de la caserne de Clamart où il résidait. Porté par les valeurs militaires, Benoît est promis à une grande carrière, l’ingénierie biomédicale est un secteur qui lui plaît mais son choix n’est pas encore totalement arrêté.

Corentin Corger

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