Publié il y a 12 ans - Mise à jour le 06.01.2014  - 3 min  - vu 471 fois

FAIT DU JOUR Travailler le dimanche oui, mais encore faut-il que cela rapporte...

Pour D. Buisson, directeur et J. Dolata, représentant du personnel, la question du travail le dimanche n'est pas d'actualité chez M.Bricolage à Alès. PH DR/RM

A l'instar de ce qui se pratique déjà dans d'autres  domaines, comme l'ameublement ou  le jardinage par exemple, le gouvernement vient d'autoriser l'ouverture de plusieurs grandes enseignes du bricolage le dimanche. Sur le terrain, les appréciations sont très variables.

"Bien sur nous avons suivi le débat national mais pour nous ici  la question de l'ouverture du dimanche ne constitue pas véritablement un enjeu" explique Didier Buisson qui dirige l'enseigne Monsieur Bricolage à Alès. Le gouvernement a en effet publié mardi 31 décembre 2013 un décret autorisant les établissements de bricolage à déroger au repos dominical des salariés à titre temporaire jusqu’au 1er juillet 2015. Cette dérogation vise à apporter, à titre transitoire, un cadre juridique stable pour les ouvertures dominicales constatées dans ce secteur et qui ont donné lieu à plusieurs procès, et ce dans l’attente d’une refonte globale de nature législative des dérogations au repos dominical. La fédération des magasins de bricolage s’est donc engagée sur une liste limitative d’établissements concernés par l’ouverture du dimanche correspondant aux pratiques existantes. La liste comprend notamment les enseignes Bricomarché, Bricorama, Castorama, Leroy-Merlin et Monsieur Bricolage. Les partenaires sociaux de la branche du bricolage doivent engager à partir de ce 9 janvier des négociations en vue de la conclusion d’un accord fixant les contreparties pour les salariés et les engagements en termes d’emploi auxquels les enseignes concernées auront souscrit. Au niveau national les syndicats CGT, CFDT et FO ont déjà indiqué qu'il ne signeraient pas cet accord qui correspond à un recul des droits notamment par rapport à la convention 106 de l'organisation internationale du travail (OIT) sur le repos hebdomadaire.

D'abord un calcul

Monsieur Bricolage est l'une des nouvelles enseignes autorisées parla loi à ouvrir le dimanche. Ph DR/RM

"Ici la question ne se pose pas vraiment" poursuit Didier Buisson, citant à la fois des données culturelles et des données économiques. "Pour l'instant les commerces sont fermés à  Alès le dimanche et il y a peu de public et peu de demande ces jours là. Ce qui veut dire que même en tournant avec des équipes réduites il n'est même pas certain que cela soit économiquement rentable, sans compter que cela peut poser d'autres problèmes, comme celui de la sécurité par exemple". A Alès M. Bricolage n'ouvre donc pas le dimanche. "La question peut se poser pour les jours fériés, les samedis ou les grands ponts, où il peut y avoir un afflux de résidents secondaires", poursuit le directeur du magasin. "En 2014 il y aura par exemple trois jours fériés en mai" explique-t-il "et dans ce cas nous resterons ouverts. La question peut également être pertinente pour maintenir ponctuellement le nombre de jour travaillés dans le mois et donc le chiffre d'affaires".

Du côté des salariés

On est très loin de la problématique en région parisienne où les habitudes de consommateurs sont différentes. Très loin aussi des revendications de ces salariés qui se sont mobilisés au niveau national pour pouvoir travailler le dimanche. La loi prévoit en effet que seuls les salariés volontaires travailleront le dimanche, avec un doublement au minimum de la rémunération, l'attribution d’un repos compensateur, et des engagements spécifiques en terme d’emploi et d’accès à la formation. Joriss Dolata responsable du personnel chez Monsieur Bricolage à Alès est serein. "Compte tenu de la situation ici, la question de l'ouverture le dimanche n'a suscité aucune inquiétude ou demande particulière. Il faut dire aussi que le gouvernement a décidé cela un 31 décembre!"  Pour lui également étendre les horaires d'ouverture n'est pas d'actualité. "A Bricomarché même l' expérience tentée d'étendre les horaires d'ouverture le samedi entre 12h00 et 14h00 n'a même pas été concluante" dit-il.

D'autres priorités

A Alés, les priorités sont donc ailleurs : "Nous avons axés notre politique sur le service" explique Didier Buisson "or si le client nous demande aujourd'hui de l'accompagner de plus en plus loin dans la réalisation de ses travaux, il n'y a pas de revendication sur les ouvertures du magasin. L'autre préoccupation c'est de disposer d'un maximum de choix. "Pour cela c'est plutôt du coté de la négociation des délais de paiements avec les banques qu'il faut agir si nous voulons garder toute l'offre, car forcément une partie de notre stock tourne moins vite . Heureusement nous avons déjà aujourd'hui une présence sur Internet qui nous permet d'offrir une belle vitrine sans trop augmenter ces stocks". A Alès comme partout, le secteur du Bricolage souffre de la crise, parfois moins que d'autres secteurs toutefois. "Notre progression s'est ralentie en terme de chiffre d'affaires" explique Didier Buisson "mais ce sont surtout les marges qui souffrent". Dans un tel contexte on comprend qu'ouvrir le dimanche pourrait ne constituer qu'une fuite en avant !

Raphaël Motte

raphael.motte@objectifgard.com

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