Après 25 ans de mandat du maire LR, Jean-Paul Fournier, qui pourra lui succéder ? Aujourd’hui cinq candidats s'affrontent pour s'asseoir dans le fauteuil de maire. Cinq hommes, soit aucune femme tête de liste. Voici le choix qui sera soumis, le 15 mars aux 94 161 électeurs nîmois.
Franck Proust, adoubé par Jean-Paul Fournier
À 62 ans, le président de Nîmes Métropole conduit la liste « Tout Nîmes ». Soutenu par Les Républicains ainsi que les partis UDI, Parti radical et Horizons, l’homme de droite aimerait conserver Nîmes dans le giron du parti Les Républicains. Arrivé en 1987 à Nîmes, l’entrepreneur de 25 ans ouvre dans le Gard un cabinet-conseil en marketing. Le maire de l’époque, Jean Bousquet, lui met le pied à l’étrier politique. En 2001, la droite est de retour à la mairie. Le poste de premier adjoint lui échappe au profit de l’allié centriste Yvan Lachaud. Tout au long de leur carrière politique, les deux hommes nourriront une rivalité fratricide.
En parallèle de sa vie politique, Franck Proust ouvre avec son frère, James, un cabinet d’assurance. De 2011 à 2019, Franck Proust exerce les fonctions de député européen. Un mandat qui aura marqué son parcours politique. En 2020, soit un an après sa défaite aux Européennes, le Nîmois devient président de Nîmes Métropole. Après avoir longuement hésité, Jean-Paul Fournier finit par soutenir Franck Proust, âgé aujourd’hui de 62 ans, aux municipales au détriment de Julien Plantier. Malgré les tentatives, les deux hommes n’ont pas réussi à sceller une union avant le premier tour.
Julien Plantier, le premier adjoint émancipé
Sous l’aile de Jean-Paul Fournier, le jeune Nîmois, dont les parents ont monté une entreprise dans le secteur de l'informatique, a longtemps été présenté comme l’avenir de la droite nîmoise. Son engagement est né en 2002. Le Nîmois n’a alors que 16 ans quand il assiste au second tour Le Pen-Chirac à la présidentielle. Travailleur, il gravit les échelons un par un, d’abord au sein de la fédération : responsable des jeunes en 2012, puis responsable du comité nîmois pour les municipales de 2014. À l’issue de la victoire, Julien Plantier devient adjoint aux sports. Six ans plus tard, en 2020, il est propulsé au rang de premier adjoint chargé de l’urbanisme mais également président de la SPL (Société publique locale) Agate.
Après le divorce de la droite et du centre en 2017, Julien Plantier est envoyé, avec l’adjointe Sophie Roulle, sur le canton de Nîmes 1 pour battre Thierry Procida, ex-colistier du candidat centriste Yvan Lachaud. Docteur en droit public, Julien Plantier donne des cours à l’université de Nîmes. Il y a plus d’un an, le Nîmois, aujourd’hui âgé de 40 ans, déclare sa candidature aux municipales. Il essaie, sans succès, de conclure une alliance avec Franck Proust, comprenant notamment un partage du pouvoir entre la ville et l’Agglo. Il rallie finalement à lui la présidente de Renaissance dans le Gard et candidate, Valérie Rouverand, avec qui il conduit la liste « L’avenir nîmois ».
Vincent Bouget, candidat de la gauche unie (hors LFI)
« Vrai Nîmois », comme il aime à se définir, Vincent Bouget est né d’un père cadre de France Télécom et d’une infirmière, engagé au Parti communiste. S’il souhaitait devenir journaliste sportif, Vincent Bouget se tourne finalement vers l’enseignement en devenant professeur d’histoire-géographie. Sa première affectation s’opère au collège de Sarcelles, en banlieue parisienne. De retour à Nîmes en 2009, il prend officiellement sa carte au PCF. Deux ans plus tard, il se présente aux élections départementales. Un scrutin où il affronte d’ailleurs un certain Franck Proust…
En 2014, il devient patron du parti. Une fonction qu’il exercera pendant 10 ans. En 2020, il est officiellement tête de liste aux municipales. Dans l’opposition, il se présente en premier opposant à la droite au sein du conseil municipal et communautaire. Aux élections départementales de 2021, il bat le sénateur Laurent Burgoa et récupère la délégation aux Sports de la collectivité. S’éloignant du Parti communiste, le Nîmois s’engage très tôt dans la campagne des municipales, ralliant à lui une dizaine de partis de gauche (PS, Parti radical de gauche, Écologistes…). Il conduit la liste Nîmes en commun.
L’Insoumis Pascal Dupretz
Natif de Lille, cet informaticien, père de trois enfants, a fait ses premières armes professionnelles et politiques dans le nord de la France. Désireux de mettre « l’informatique au service des usagers », Pascal Dupretz crée des outils d’enseignement assisté, notamment pour une école de commerce. Plus tard, il travaille dans un studio de création et monte une SCOP (Société coopérative et participative) à Roubaix, spécialisée dans la création de programmes informatiques favorisant la vulgarisation scientifique. Fils d’une mère directrice d’école et d’un père conseiller pédagogique, Pascal Dupretz se met à militer au sein d’associations antiracistes, manifestant tous les mercredis pour leur régularisation et participant aux « SCALP » (Sections carrément anti-Le Pen).
Il développe sa conscience internationale après le génocide au Rwanda, « à travers lequel l’on découvre le système de domination sur l’Afrique qui a continué à perdurer après la décolonisation. » Arrivé depuis 10 ans à Nîmes, le bientôt sexagénaire est salarié d’une PME qui opère dans la communication culturelle. La tête de liste s’est engagée il y a seulement deux ans à La France insoumise. Un engagement opéré le lendemain de la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron, dans la foulée des élections européennes. Il conduit aujourd’hui la liste Nîmes écologique et solidaire. Si les Insoumis ont proposé une alliance à Vincent Bouget, candidat de la gauche unie, la présence des socialistes très hostiles à LFI sur la liste du communiste, empêche pour l'heure tout rapprochement.
Le candidat frontiste Julien Sanchez
Face à la division de la droite, le RN espère tirer les marrons du feu. C'est ce que la tête de liste, Julien Sanchez, a commencé à faire en embarquant sur sa liste les évincés de l'équipe Franck Proust, comme l'élue Monique Boissière ou Christine Tournier-Barnier. À 43 ans, le député européen, issu d’une famille de pieds-noirs, est un professionnel de la politique. Il a commencé à militer au Front national à 16 ans. Assistant au groupe FN de la région Languedoc-Roussillon, Jean-Marie Le Pen lui confie la communication du parti. À la mort de ce dernier, il déclarera : « Merci d’avoir permis à tant de jeunes et tant d’enfants d’ouvriers, dont je suis, de faire de la politique. »
Missionné il y a 14 ans par Jean-Marie Le Pen pour enraciner le parti à Nîmes, il est candidat, sans succès, aux élections départementales de 2011 face à Franck Proust, puis aux législatives de 2012 face à Françoise Dumas. En 2014, à la surprise générale, Julien Sanchez devient maire de Beaucaire. Il est réélu, dès le premier tour, en 2020. En 2024, il donne un nouvel élan à sa carrière en devenant député européen. À la tête de la liste Fier d’être Nîmois, le frontiste espère surfer sur la croissance électorale du parti au niveau national. Une nouvelle mission confiée au parti.
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Jean-Marc Philibert soutient Vincent Bouget. Tête de liste "Vivons Nîmes", Jean-Marc Philibert a finalement jeté l'éponge. Ce dimanche, au cours de la vidéo introductive lançant la réunion publique du candidat Vincent Bouget, Jean-Marc Philibert s’est prononcé « à titre personnel » pour Vincent Bouget, « de qui nous avons le programme le plus proche. »