Un univers taurin flamboyant s'étale désormais sur toute la longueur de la salle : des rouges intenses, des silhouettes de taureaux noirs et dorés, un torero face aux arènes de Nîmes. C'est lors d'une rencontre fortuite à la brasserie Jean Jaurès, où elle travaille, que Philippe découvre son travail. Quelques tableaux montrés, un grand mur proposé, et l'affaire était lancée. “Je lui ai dit que je n'avais jamais peint de fresque. Il m'a dit que je pouvais me lancer sur son mur, que j'avais le champ libre. J'ai accepté sans vraiment savoir si j'étais capable de le faire”, raconte la jeune femme. Dix jours plus tard, le mur était couvert.
Autodidacte, Ilona Paris a découvert la peinture à 19 ans, presque par hasard, en réalisant un tableau pour le salon de son père. “J'ai pris un pinceau à 19 ans parce que mon père m'avait demandé de faire une peinture. J'ai accepté, je ne savais pas si j'étais capable de le faire. Je l'ai fait. Et c'était joli. Je me suis dit : je vais continuer.” Depuis, elle vend ses toiles et ses affiches sur son site Les Curiosités d'Ilona.
“J'ai l'impression de m'être construite autour des peintures”
La créativité d'Ilona Paris ne se limite pas à la peinture. En septembre 2025, elle a publié un recueil de cinquante poèmes intitulé L'Automate, aux bleus océans, une plongée immersive dans l'univers d'une personne victime d'emprise. “Je connaissais bien la question de la violence conjugale. Je suis sortie de cette relation en me disant que les gens ne m'avaient pas comprise. Je trouvais ça dommage de ne rien faire.” Un témoignage mis en mots avec la même franchise que celle qu'elle exprime sur ses toiles. “J'aime à croire qu'il y a la même sensibilité dans le livre que dans mes peintures.”
Pour elle, la peinture n'est plus une passion. C'est un métier en construction. “J'ai tellement donné en faisant tout ça. J'ai l'impression de m'être construite autour des peintures et de la création en général. Pour moi, c'est plus qu'une passion.” Elle travaille encore en restauration pour subvenir à ses besoins, mais l'objectif est clair : vivre de son art. Les projets ne manquent pas, à commencer par son ambition de participer aux Jeudis de Nîmes 2026.
Pour fêter l'inauguration de la fresque, un vernissage est organisé le vendredi 13 mars à partir de 17h au bar le XXe Siècle. Une occasion de découvrir l'œuvre et de rencontrer son auteure, autour de ce que Philippe appelle avec simplicité “un pot d'amitié”.