Publié il y a 1 h - Mise à jour le 17.05.2026 - Sacha Virga - 3 min  - vu 41 fois

FAIT DU SOIR "Causons Écrans" : l'association lunelloise qui donne la parole aux jeunes

Tiphaine Benoit Causons Écrans

Tiphaine Benoit est coordinatrice de l'association "Causons Écrans"

- Sacha Virga

À Lunel, une association pas comme les autres mêle cinéma, éloquence et prévention numérique depuis sept ans. Rencontre avec Tiphaine Benoît, sa figure de proue.

Dans son atelier lunellois, Tiphaine Benoît jongle entre ses casquettes d'agent artistique, de réalisatrice et de coordinatrice associative. Derrière elle, l'association "Causons Écrans", fondée il y a sept ans, déploie ses actions sur toute la région Occitanie autour de trois grands axes : la prévention aux usages des écrans, la formation aux métiers du cinéma, et la préparation à un concours d'éloquence. Un programme ambitieux, porté entièrement par des bénévoles et des intervenants professionnels, sans aucun salarié, pour environ 80 adhérents.

Le volet cinéma est l'un des plus spectaculaires. L'association forme, dès l'âge de 11 ans et jusqu'à 30 ans, à tous les métiers de l'image : réalisation, jeu d'acteur, pilotage de drones, doublage d'animés, et même cascades et combat au sabre laser. Certains jeunes formés au sein de Causons Écrans poursuivent aujourd'hui des études de cinéma. Et l'un d'entre eux effectue actuellement un stage sur TF1.

Le projet phare, « Lunel en scène », accompagne depuis cinq ans un groupe de jeunes dans la réalisation de leur propre série. La saison s'achèvera en beauté le 5 juillet prochain à l'Espace Castel de Lunel, avec la diffusion en avant-première de "L'Espoir de l'Aube", une série inspirée d'Hunger Games, entièrement tournée par des adolescents avec du matériel professionnel. Au programme de cette cérémonie du cinéma façon Festival de Cannes avec tapis rouge et photocall : courts métrages, spectacle de sabre laser et entrée gratuite pour tous.

Causons Écrans concours d'éloquence
Les jeunes qui tenteront leur chance à l'occasion du concours d'éloquence • Droits réservés

Avant ça, le 17 juin, se tiendra la troisième édition du concours d'éloquence. Tout au long de l'année, chaque mercredi, des ateliers gratuits et soutenus dans le cadre de la Cité éducative, avec l'appui de l'Agglo de Lunel et de l'État, initient les jeunes à la prise de parole en public, à l'écriture de discours et au recul critique sur les sources d'information. "Il faut du courage pour monter sur scène avec son propre texte, devant un jury de professionnels, pour des jeunes qui n'ont souvent jamais fait ça", souligne Tiphaine Benoît.

Intégré à l’action "Éducation aux médias, esprit critique : le parcours d’excellence", l’événement réunira 15 jeunes orateurs autour d’un thème ambitieux : "Médias : un outil pour la liberté ?" De Syrine, 10 ans, à Anaelle, représentante de l’École de la seconde chance qui fêtera ses 27 ans à la veille du concours, les participants illustrent la diversité des parcours engagés. Tout au long de l’année, ils ont bénéficié d’un accompagnement riche mêlant ateliers hebdomadaires, stages pendant les vacances et sorties pédagogiques, notamment au festival Visa pour l’image à Perpignan ou encore au cinéma pour analyser le film « Gourou » avec Pierre Niney.

La place des écrans dans la société

Sur la question des écrans, au cœur de l'identité de l'association, la coordinatrice se garde de tout discours simpliste. "On écoute en premier lieu. Qu'est-ce que tu fais sur un écran ? Ce n'est pas la même chose pour tout le monde", explique-t-elle. Plutôt que de parler d'une "addiction", terme qui "ne fait pas consensus dans le milieu scientifique", "Causons Écrans" préfère accompagner. Un psychologue reçoit les familles gratuitement, en groupe de parole ou en individuel, grâce au soutien du contrat de ville, de la CAF de l'Hérault et de la région Occitanie.

Sur l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, entrée en vigueur en janvier dernier, Tiphaine Benoît reste mesurée : "L'interdiction est toujours à déplorer. Quand on en arrive là, c'est que d'autres choses n'ont pas fonctionné. On privilégie la prévention." Même logique pour le téléphone à l'école : au sein de l'association, l'appareil est banni dès lors qu'il n'est pas un outil de travail. "On est très occupés par ce qu'on fait. S'il n'y a pas d'utilité, on ne l'utilise pas".

Tiphaine Benoît formule un vœu pour l'avenir : que les jeunes engagés dans ces projets soient davantage entendus par les décideurs. "Ils écrivent, ils tournent, ils montent sur scène. Ils ont besoin de retours de la part d'adultes qui ne sont pas toujours sur le terrain. Faire cette passerelle, c'est ce qu'on attendrait." Pour que petit à petit, l'oiseau fasse son nid.

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