Publié il y a 58 min - Mise à jour le 17.05.2026 - M.R. - 4 min  - vu 49 fois

ALÈS Les élèves du Pansera rencontrent des archéologues

Claire Faisandier, archéologue de l'Inrap, avec la classe de CM1/CM2 du Pansera

- Mathilde Roumieux

Dans le cadre d’un atelier pédagogique, les élèves de CM1-CM2 de Frédéric Roumieux se sont initiés au métier d’archéologue ce jeudi 7 mai. Cette intervention fait suite à une découverte inédite réalisée en juin 2025 sur les pentes de l’Ermitage, qui surplombent l’école du Pansera.

Au mois de juin 2025, une mosaïque datant de l’époque romaine a été découverte par une équipe de fouilles de l’INRAP, l’Institut national de recherches archéologiques préventives. Deux des archéologues, Olivier Mignot et Claire Faisandier, n’en reviennent toujours pas : « Je me considère comme chanceux parce que des mosaïques, j’en ai vu pas mal au cours de mes différentes expériences professionnelles. Mais celle-ci est, pour moi, un cas exceptionnel, et j’espère unique. Nous arriverons à le prouver, en tout cas. Quand on l’a découverte, je ne vais pas dire que j’en ai eu les larmes aux yeux, mais j’ai ressenti une très grande excitation », confie Olivier Mignot.

Frédéric Roumieux, enseignant au Pansera, avait pour ambition de faire visiter le chantier de fouilles à ses élèves. Pour des raisons de sécurité, cela n’a toutefois pas été possible. Mais il n’a pas renoncé pour autant : « Nous avons néanmoins décidé de faire profiter les élèves du quartier de cette opportunité, mais sous une autre forme : des interventions d’archéologues ayant travaillé sur le chantier », explique-t-il.


Des mois de préparation autour de la Rome antique

Afin de préparer les élèves à cet atelier, ceux-ci travaillent depuis plusieurs mois sur une histoire générée et illustrée à l’aide de l’intelligence artificielle. Lucius, un jeune Romain installé sur la colline de l’Ermitage au Ier siècle, serait le créateur de la mosaïque découverte des siècles plus tard. Un récit fictif, mais qui permet aux élèves d’en apprendre davantage sur cette période historique à travers l’étude de la carte de l’Empire romain, du matériel utilisé, etc. La classe s’est également rendue au musée du Colombier dans le cadre d’un atelier de création de mosaïque.

Avant la venue d'Olivier Mignot et de Claire Faisandier, Frédéric Roumieux leur rafraîchit la mémoire afin qu’ils aient bien en tête le contexte : la découverte, le lieu, le métier. Une heure et demie plus tard, sous le regard intrigué des élèves, les deux archéologues sont accueillis avec enthousiasme dans la classe. Ils se présentent brièvement, répondent à quelques questions, puis vient le moment pour la classe de se séparer en deux groupes.

Les uns restent en classe avec Olivier Mignot pour la partie théorique ; les autres descendent en salle des maîtres avec Claire Faisandier pour la partie pratique.

Frédéric Roumieux contextualise la découverte avec ses élèves • Mathilde Roumieux

« L’archéologie, c’est le terrain »

Avec un diaporama comme support, le responsable de recherches archéologiques entre directement dans le vif du sujet : « L’archéologie, c’est le terrain. » Avec pédagogie, Olivier Mignot explique comment travaille un archéologue, tout en sensibilisant les enfants : non, Indiana Jones ne reflète pas la réalité du métier.

Il détaille la différence entre une fouille programmée et une fouille préventive, le coût approximatif d’une fouille, les lois qui encadrent la pratique, ou encore l’identification et le nom des outils utilisés sur un chantier. Autant d’informations essentielles que l’archéologue a l’habitude de transmettre : du primaire au lycée, il intervient au minimum une fois par an dans le milieu scolaire. Une manière, pour lui, de faire connaître sa profession aux générations futures : « Moi, j’aime bien aller à la source et sensibiliser aussi les futurs archéologues comme les futurs aménageurs. Ils seront peut-être confrontés, dans leur vie d’adultes, à l’archéologie d’une manière ou d’une autre. Donc je trouve que c’est bien de planter la petite graine dès le départ, de leur expliquer à quoi nous servons. Nous ne sommes pas juste des empêcheurs de travaux. Nous avons aussi un réel intérêt dans la compréhension de la société actuelle. »

Un intérêt pour la société qui se manifeste également chez les élèves. Lucie, âgée de dix ans, apprécie cette intervention : « C’est comme se plonger dans le passé. Découvrir de nouvelles choses, ça m’apaise. »

Les élèves en train de manipuler "l'archéo maquette" • Mathilde Roumieux

Une journée riche en découvertes

Une fois la sonnerie retentie, les élèves échangent d’atelier. Il est désormais l’heure, pour le premier groupe, de découvrir « l’archéo-maquette » de Claire Faisandier. Cette reconstitution d’un chantier de fouilles capte immédiatement toute l’attention des enfants : « C’est chouette parce qu’on peut ensuite en parler à notre famille », souligne Amine, dont la cousine rêve de devenir archéologue. Un savoir qui se transmet également en dehors de l’école. Pour Frédéric Roumieux, c’est dans cette transmission que réside tout l’intérêt de l’atelier : « Ils découvrent de nouvelles choses, rencontrent de nouvelles personnes, et c’est important », affirme l’enseignant.

Le vendredi 22 mai, Olivier Mignot interviendra de nouveau dans la classe de CM1-CM2 de l’école du Pansera. Ce sera l’occasion de présenter plus en détail la découverte de la mosaïque ainsi que le site archéologique : « Ces ateliers constituent la première pierre pour pérenniser le projet avec l’association GARA (Groupe alésien de recherche archéologique), le chantier et l’école », explique l’archéologue.

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