Il suffisait de se balader autour des arènes vers 19 heures, hier soir, de voir le monde sur le parvis et attablé en terrasse, pour comprendre que le concert du soir est spécial. L'une des principales têtes d'affiche de cette 29ᵉ édition du festival de Nîmes est sur scène : Sting ! Le chanteur et bassiste britannique, proche des 50 ans de carrière, a vendu plus de 100 millions d'albums. Le public ne s'est pas trompé.
Il faut dire que Sting et les arènes, c'est une histoire d'amour qui dure depuis des décennies. "C'est ma neuvième fois à Nîmes depuis la Seconde Guerre mondiale", s'amuse l'intéressé, de retour dans sa maison donc quatre ans après sa dernière apparition et un concert qui avait marqué les esprits. Après la fraîcheur du groupe rock irlandais Deo Matrona en première partie, Sting est arrivé vers 21h30 en interprétant "Message in a bottle", titre phare du groupe phare The Police auquel il a appartenu de 1977 à 1984.
De quoi se mettre rapidement dans l'ambiance. Vingt albums studio au compteur dont 15 en solo, il y a de quoi dérouler. Et surtout de régaler des arènes à guichets fermés avec ses plus grands tubes, dont "Englishman in New York" et "Fields of gold" en début de concert. Forcément à 74 ans, Gordon Sumner de son vrai nom a un peu moins d'énergie qu'à ses débuts, mais la passion reste intacte. Un Sting toujours pop rock, chill et à la cool, toujours heureux d'être sur scène et de kiffer avec son public.
"Every breath you take" et "Roxanne" pour finir en beauté
Sting (piqûre en français), qui doit son surnom à un pull noir à rayures le comparant à une guêpe, est une légende. Et personne ne peut le contredire. Et en gentleman britannique, il s'est adressé toute la soirée en français à ses fans : "Nous sommes très heureux d'être à Nîmes !" N'hésitant pas à faire des blagues et à justifier son envie de boire : "Il fait chaud !" La classe à l'état pur.
Et le public nîmois a adhéré, notamment en fosse assise, qui est restée debout toute la soirée, à se demander vraiment quel est l'intérêt de mettre des chaises dans un espace qui aurait pu accueillir plus de monde debout. Plus les tubes s'enchaînaient et plus il régalait basse à la main. Car Sting sait tout faire, bien chanter et jouer de plusieurs instruments. La basse restant son joujou fétiche. Après son célèbre "Shape of my heart", il a continué de tirer le fil de son concert.
À 22h50, la foule est en délire, transportée par le chef-d'œuvre « Every breath you take » qu'elle reprend en chœur. L'artiste et ses musiciens saluent le public et s'éclipsent avant le rappel, acclamés. Car oui, il manquait un autre incontournable de The Police, une certaine "Roxanne". L'assistance est conquise une dernière fois et finit en apothéose 1h30 de concert avant un tout dernier morceau à la guitare. "Merci bien à tout le monde, au revoir et à bientôt !", conclut Sting avant peut-être de revenir, un jour, une dixième fois pour entrer définitivement dans l'histoire des arènes de Nîmes.