Annie Brundo a pris soin du phare de l’Espiguette pendant 30 ans. Elle l'a quitté en 2005 pour son départ à la retraite. Le poste de gardienne a depuis été supprimé. 100 % automatique, la vigie de la « pointe des naufrages » est devenue un musée. Un autre phare, plus petit, au dôme plus rond, est tatoué sur l’avant-bras de David Sauvegrain. Ce Graulen depuis huit générations s’est fait dessiner l’ancien phare, celui qui, planté, au bout du chenal, voit entrer et sortir les chalutiers dans le petit port du Grau-du-roi. Lui aussi a une drôle d’histoire...
Profession : gardienne de phare
Le géant de l’Espiguette est dorénavant tout
automatique. Annie Brundo est la dernière à avoir veillé sur ses
nuits.
Coupe au carré gonflée par les embruns, peau halée par le
soleil, une quadragénaire brune pose à côté de l’optique d’une
énorme lanterne. Une classe en sortie scolaire, des touristes
allemands, une famille qui laisse échapper des effluves d’ambre
solaire en semant des grains de sable, vont défiler, en ce jeudi
estival, devant la photo d’Annie Brundo. Ce cliché de la dernière
gardienne du phare de l’Espiguette est installé dans le musée
aménagé au pied de la tour. La légende qui lui est consacrée se
conclut sur cette citation : « Moi, je ne quitterai pas mon
phare, il faut qu’ils me renvoient pour partir. »