Ils sont trois et possèdent un seul objectif : faire prospérer le poste de gardien à travers le Gard et au-delà. Steven Bouchité et Kévin Grau sont deux spécialistes du poste. Accompagnés par Eddy Véra, ils mettent à profit leur expérience au service des plus jeunes, pour les pousser à atteindre leur plein potentiel. Le premier nommé est encore actif et joue au FC Vauverdois. Originaire de Saint-Gilles, il fait ses classes en jeune à Nîmes Olympique avant de partir sur Marseille et de cotôyer le niveau N2 dans la région Bourgogne-Franche Comté. Le deuxième est à la retraite et a évolué dans le monde professionnel notamment en Ligue 2 à Grenoble. Il s'occupe aujourd'hui des jeunes gardiens de Nîmes Olympique jusqu'à leurs 15 ans.
Voilà depuis un an qu'ils ont fondé le centre de perfectionnement SB Gardien, avec un succès encore plus fort qu'ils ne l'auraient imaginés. "Quand je suis revenu sur Vauvert, on en a discuté avec Kévin pendant de longs mois. Le but est de proposer des entraînements à des gardiens qui n'ont pas la chance d'être dans des centres de haut niveau", explique Steven Bouchité. Jusqu'à investir dans du matériel dernier cri : machine à ballons, lunettes connectées... Tous les mois, des thèmes différents sont proposés à ces jeunes gardiens en herbe pour les faire progresser au maximum.
À la base, l'idée était de partir sur la commune de Générac avec une trentaine de gardiens. Et au bout d'une quinzaine de jours et sans réelle communication, le quota était déjà atteint. Alors pour ouvrir d'autres places, SB Gardien a posé également ses valises sur Bouillargues, mais également sur Ribaute-les-Tavernes. Résultat : près de 110 gardiens sont suivis par la structure, du pôle baby jusqu'à 14-15 ans principalement mais également quelques seniors. "Et tout ne serait pas possible sans le soutien des présidents des clubs et des mairies, on les remercie", avoue le binôme.
Pour les portiers à partir de 16 ans, SB Gardien a réfléchi à une nouvelle organisation avec une société américaine, qui les a contacté il y a quelques temps. Les meilleurs pourront évoluer outre Atlantique et bénéficier d'une bourse. Le 24 août, une journée de détection sera organisée en France, afin de donner de nouvelles opportunités.
Travail ciblé
Les jeunes de 7 à 10 ans vont plutôt travailler sur la motricité. "Si le petit n'arrive pas à réussir un geste, on va le répéter jusqu'à ce qu'il y arrive. Et plus on va monter en catégorie, plus les entraînements vont s'intensifier", avoue Steven. Jeu au pied, explosivité, sorties... rien n'est laissé sur la touche. Parce que ce qui est important à leur âge, c'est la répétition et la correction du geste pour qu'il frôle le plus possible la perfection.
Et le poste de gardien ne pardonne pas : "Si l'attaquant rate plusieurs occasions mais marque deux buts il sera homme du match, alors que si un gardien fait quinze arrêts et deux boulettes, il peut avoir la plus mauvaise note du match", conçoit Steven Bouchité. "Il faut rester concentré le plus longtemps possible, parce qu'on peut n'être sollicité qu'une fois ou deux sur un match complet". "Et c'est le poste le plus complet, il faut savoir autant se servir de ses mains que de ses pieds", ajoute Kévin Grau. "En séance, on les bouge beaucoup, on a pris des coachs qui ont du caractère pour les maintenir dans le bain de la première à la dernière minute", reprend Steven Bouchité.
Maintenant, l'objectif sera de récolter les fruits de ce travail de passionné, d'ici quelques années. Steven et Kévin espèrent donner le maximum de satisfation aux gardiens qu'ils entraînent, avec l'espoir que l'un d'eux intègre le milieu professionnel : "Et qu'on puisse le voir à la télévision un soir de week-end", sourient-ils.
Pour mettre le plus d'étoiles possibles dans les yeux des petits, un stage en immersion a été effectué cette année dans plusieurs clubs comme Nîmes Olympique ou plus récemment l'AS Saint-Étienne. Avec la chance de pouvoir visiter les installations, le musée et d'assister à une séance d'entraînement à huis clos, avant le match de barrages face à Troyes.