Cinquante ans et pas une ride. Du 2 au 5 juillet, l'Université occitane d'été revient à Nîmes afin de réunir chercheurs, artistes, enseignants, militants et curieux autour de la langue et de la culture occitanes. Née en 1972 sous l'impulsion de Robert Lafont, intellectuel et militant linguistique, avant de s'ancrer durablement à Nîmes, la manifestation revendique aujourd'hui son rôle de lieu de réflexion autant que de création. Cette édition anniversaire invite une trentaine d'intervenants, une vingtaine d'artistes et quatre journées de rencontres réparties entre la Maison diocésaine, le Carré d'Art, les rues du centre-ville et la Placette.
Au-delà des conférences consacrées à l'histoire, aux langues minoritaires ou aux enjeux de transmission, les organisateurs veulent montrer une culture toujours en mouvement. « La culture occitane est une culture vivante », insiste Patric Lapierre, président de la Marpoc. Selon lui, de nombreux jeunes artistes s'emparent aujourd'hui du répertoire traditionnel afin de le réinventer dans une esthétique contemporaine, sans renier leurs racines.
Des artistes du territoire à l'honneur
Cette volonté se retrouve dans le programme. Le musicien arlésien Henri Maquet (du groupe Zibozor), qui revisite les musiques occitanes et compose aussi sur les réalités sociales de son territoire, figure parmi les temps forts du week-end. Le comédien gardois Bruno Paternot animera un stage consacré à la lecture à voix haute, avant de présenter des lectures publiques. Patric Lapierre voit dans ce travail un moyen de transmettre les textes autrement, en redonnant toute sa place à l'oralité. Le Trio Cabifol, emmené par le Nîmois Pascal Marconato, figure également parmi les temps forts musicaux de cette 50e édition.
Autre rendez-vous attendu, la venue de Claude Alranq. Le créateur du Théâtre de la Carriera reviendra sur cette aventure majeure du théâtre occitan populaire, dont les spectacles ont longtemps accompagné les grandes mutations sociales du territoire.
Le programme alternera ensuite rencontres universitaires et rendez-vous ouverts à tous. L'historienne Laurence de Cock présentera une conférence consacrée au récit national avant une séance de dédicaces. Philippe Martel reviendra sur les rapports entre histoire et identité régionale. Les langues minoritaires seront également au cœur des échanges, qu'il s'agisse de l'amazigh, de la Kanaky ou des expériences de revitalisation linguistique.
Vendredi en fin d’après-midi, la manifestation se déplace vers le centre historique. Une déambulation musicale traversera les rues piétonnes entre le Carré d’Art, la place de la Calade, la place de l’Horloge et la place aux Herbes, emmenée par la fanfare OCSO et les CamineurEs. C'est la fête, enfin, dès le vendredi, avant de culminer dimanche dans un balèti gratuèt (gratuit) à la Placette.. Allez, boulègue !
Infos pratiques
Du jeudi 2 au dimanche 5 juillet à Nîmes. Maison diocésaine les 2, 4 et 5 juillet, Carré d'Art le 3 juillet. Déambulation gratuite dans le centre-ville vendredi à 17 h 30. Balèti gratuit dimanche à 21 h à la Placette. Participation aux conférences 20 euros. Spectacles à la Maison diocésaine 10 euros. Stage de lecture 20 euros. Réservation conseillée pour l'hébergement et les repas.
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