À seulement 27 ans, Tom André Pereira concrétise un rêve qu'il porte depuis toujours. Originaire de Ramatuelle, dans le Var, il a quitté son village natal pour poursuivre des études, en passant par Nice, Bordeaux puis Paris. "Ce que je voulais faire à la base, c'était créer ma marque. Ça, c'était mon rêve depuis toujours", confie-t-il. Pourtant, son parcours commence par des études de commerce, avant un premier stage de vente pour la maison Berluti, point de départ d'une trajectoire qui le mènera jusqu'au studio haute couture de la maison Dior. "C'était un boulot assez complet, avec des missions diverses, la mise en place de défilés, des essayages, le développement de produits comme des ceintures ou des boutons pour les collections."
Après cette expérience à Paris, il décide de quitter la capitale pour s'installer à Nîmes, où vit son compagnon. "Je m'étais dit que c'était l'objectif de pouvoir créer ma marque dans le sud de la France, avoir des attaches et être pas très loin du Var. Nîmes a été un grand coup de cœur, j'adore cette ville. Je trouve que l'architecture est hyper inspirante."
Une collection construite autour d'une émotion
Cette inspiration architecturale se retrouve directement dans les lignes de la collection, résolument sculpturale. Mais au-delà de la forme, c'est une émotion précise qui a guidé tout le travail créatif, le concept portugais de saudade. "Dans la culture lusophone, c'est une émotion assez complexe. Elle veut dire tout le côté d'un sentiment et d'un souvenir qui peut revenir, mais qui peut aussi ne pas revenir. C'est une espèce de mélancolie. Toute la collection est déclinée sur ce sentiment-là, travaillée autour d'une émotion, dans la structure, dans l'architecture des pièces."
Le projet a nécessité une à deux années de réflexion, dont six mois de travail intensif. La collection se compose de huit modèles destinés à la vente, accompagnés d'une pièce plus couture, parmi lesquels des pantalons. Toutes les pièces sont produites au Portugal, dans des ateliers spécialisés dans le premium, qui travaillent également avec des maisons prestigieuses, à partir de matières exclusivement européennes. "Je voulais qu'il y ait une très bonne qualité au niveau des pièces. Je voulais me concentrer sur des intemporelles, qui soient un peu revisitées, améliorées, mais qui restent sur de belles matières. Des pièces qui durent, c'était mon challenge."
Un showroom plutôt qu'un défilé
Pour cette soirée de lancement, Tom André Pereira a fait un choix assumé en évitant le format classique du défilé. Des mannequins porteront simplement les tenues à travers les espaces de l'Hôtel Boudon, pour permettre aux invités de circuler librement et d'apprécier les pièces à leur rythme. "Je voulais éviter le côté défilé, pour que les gens puissent aller voir comme ils le veulent la collection, que ce soit du passage rapide ou pas."
Le choix du lieu n'a rien d'anodin. "C'est un milieu emblématique de la ville, qui reflète bien le côté architecture des pièces. Le lieu est sublime, les couloirs sont magnifiques, ce hall d'entrée est juste sublime. C'est une chance de pouvoir exposer ces pièces et de pouvoir faire cette première soirée inaugurale."
Un soutien de l'ombre
Si la création reste entièrement son œuvre, Tom André Pereira tient à souligner le rôle de son compagnon dans l'aventure. "C'est vrai que ça a été un vrai soutien émotionnel dans le projet. Il m'a soutenu, il m'a épaulé, il m'a aidé aussi à structurer ce projet-là", confie-t-il, soulignant l'appui apporté sur la dimension fiscale et la viabilité commerciale de la marque.
Une première collection qui n'a pas vocation à rester isolée. Le jeune créateur nourrit déjà l'ambition d'en présenter d'autres dans les années à venir, fidèle à cette quête d'un "beau qui dure", loin de la logique du jetable qui domine une partie de l'industrie de la mode aujourd'hui.