Publié il y a 1 h - Mise à jour le 29.06.2026 - CC - 2 min  - vu 107 fois

NÎMES Les avocats opposés à la réforme de la justice criminelle

avocats grève nîmes

Les avocats rassemblés au tribunal de Nîmes 

- Photo Boris de la Cruz

Dans le cadre d'une journée "justice morte", des avocats se sont rassemblés au tribunal de Nîmes pour afficher leur opposition à la réforme de la justice criminelle portée par Gérald Darmanin, Garde des Sceaux. 

Ce lundi 29 juin, tous les barreaux de France organisent une journée "justice morte" pour s'opposer au projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes dite loi Sure. Une réforme portée par Gérald Darmanin, Garde des Sceaux, dont l'examen à l'Assemblée nationale doit débuter demain. 

À Nîmes aussi, des avocats et magistrats se sont rassemblés pour afficher leur opposition, ce lundi midi, dans la salle des pas perdus de la Cour d’Appel. "On n'a pas fait de blocage de la justice aujourd'hui. On ne va pas non plus tirer sur l'ambulance alors que nous connaissons la situation après la mort du petit Louis et de la petite Lyhanna. Il n'y a pas besoin aujourd'hui de faire un mouvement dur pour que nos concitoyens prennent la mesure des dysfonctionnements judiciaires liés aussi à l'absence de moyens", a d'abord tenu à préciser Séverine Moulis, bâtonnière du barreau de Nîmes. 

"Une justice de petits comptables et pas de juristes"

Cette dernière dénonce "une clochardisation" de la justice à travers cette réforme : "nous refusons d'abord une justice de flux qui sacrifie l'humain à la statistique, une justice de petits comptables et pas de juristes." Des avocats nîmois rejoints par quelques-uns du barreau d'Alès. Ensemble, ils remettent en cause plusieurs éléments de cette loi Sure dont l'allongement prévu de la détention provisoire et l'extension des cours criminelles départementales. "Réduire l'oralité et la collégialité, c'est transformer le procès pénal en chaîne de traitement et non en lieu de vérité et de débats contradictoires", ajoute Séverine Moulis. 

grève avocats
La bâtonnière Séverine Moulis, texte en main • Photo BDLC

Des hommes et femmes en noirs qui dénoncent également des atteintes à la liberté et à la présomption d'innocence, alertent sur un affaiblissement des droits de la défense et s'inquiètent de la création d'un psychologue judiciaire sous l'autorité de la police. "Ce texte n'est pas une loi de confiance dans la justice, il organise une justice de rendement, il légalise des détentions arbitraires, il affaiblit les droits de la défense, il met en place des outils de surveillance massifs et il complique la vie des victimes", résume et conclut la bâtonnière qui appelle les députés à rejeter ce projet de loi. 

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