« C’est un exercice régimentaire en territoire libre qui vise à entraîner les compagnies du régiment sur un territoire qui présente quelques opportunités, le Rhône, la garrigue, un territoire très varié qui nous permet de déployer toutes nos capacités », présente le colonel Benoît Dorigny, chef de corps du 1er REG. Dirigé par le lieutenant-colonel Romain, l’exercice fait jouer « plus de 300 militaires du régiment et une soixantaine de véhicules », précise-t-il. S’ajoutent aux légionnaires locaux le 28e groupe géographique, le 503e Régiment du train, ainsi que des compagnies de génie grecques et espagnoles « là en tant qu’observatrices », précise-t-il alors que la France participe « de plus en plus à des exercices inter-alliés », rajoute le colonel Dorigny.
Sur ce vaste terrain de jeu, les militaires ont suivi des scénarios « les plus proches possibles des conflits actuels en Ukraine ou au Moyen-Orient pour imaginer quel pourrait être l’engagement de demain », précise le colonel Dorigny. Avec « comme ennemis des miliciens civils avec des armes classiques, et un ennemi avec des optiques de nuit, des drones, des blindés », avance le lieutenant-colonel Romain. Les compagnies du régiment se sont relayées depuis près de dix jours pour travailler dans les conditions du réel leurs différents savoir-faire : combat, appui, génie ou encore logistique. Par exemple, la 3e compagnie, dirigée par le capitaine Charles, a accompli « des missions de saisie d’objectifs, de défense et de valorisation du territoire, de pose d’obstacles, de contrôle de zone et de franchissement. »
Tester des innovations
L’occasion aussi de tester « des innovations techniques, et en termes d’organisation et de commandement », poursuit le colonel Dorigny. Pour l’organisation, « avec une volonté de décentraliser, en donnant aux compagnies des moyens légers pour faire remonter un maximum d’informations, nous avons pu expérimenter l’utilisation de quads, de Fardier (un 4x4 léger, ndlr) et de motos électriques en test », rajoute-t-il. Des motos silencieuses « mises en oeuvre pour le régiment et pour la partie adverse, pour voir comment les repérer car si on n’est pas au bon endroit, on les voit au dernier moment », glisse le lieutenant-colonel Romain.
Parmi les innovations testées lors de Terra Nostra, des drones. « Ils sont omniprésents sur les champs de bataille, confirme le colonel Dorigny. Nous avons pu tester un drone filaire, qui permet d’observer en permanence, mais aussi des drones que nous adaptons au régiment, notamment pour poser des obstacles. » Car le régiment dispose d’une « cellule innovation, dont l’objectif est de chercher comment adapter les moyens nouveaux aux besoins du régiment, l’armée de terre nous donne un peu d’autonomie pour tester certains objets », précise-t-il. Sans s’interdire de tester aussi l’intelligence artificielle avec la start-up française Comand AI : « ils sont venus sur l’exercice », affirme le colonel Dorigny, qui voit dans l’IA une moyen « d’accélérer la capacité d’analyse du territoire. »
Alors que l’exercice touche à sa fin, le bilan est positif. « Le premier bilan, c’est que des exercices, il faut en faire, explique le chef de corps. Il est important que ces exercices durent, car le combat dure aussi et il faut être efficace autant le premier que le dernier jour. Et sur dix jours, il n’y a pas toujours ce soleil, et il est extrêmement important, quand la météo se dégrade, d’être en capacité de manoeuvrer, et pour ça il faut y être confronté et être bousculé. » Globalement, « le bilan est rassurant et très satisfaisant », tranche-t-il, que ce soit côté génie, appui ou encore logistique. « Du poste de commandement aux unités de terrain, tout le monde est au niveau », confirme le lieutenant-colonel Romain. Avec toutefois quelques « points à améliorer, ils sont identifiés, affirme-t-il, ce qui va nous permettre d’orienter les entraînements pour attendre notre objectif : l’excellence. »